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La Vie immobilière N° 4Paru le jeudi 1 février 2007 à 00h00

25 % de social par programme immobilier ,,


Droit opposable, sécurisation du parcours locatif, régionalisation de l'aide à la pierre... François Bayrou, candidat à la présidentielle, dévoile en exclusivité à La Vie Immobilière ses propositions sur le logement.

Quelle est votre analyse de la crise du logement en France ? Etes-vous partisan du droit opposable au logement, sous quelles conditions ?

f. b. Le droit opposable au logement est une mesure nécessaire pour lutter contre la très grande pauvreté. Face à la situation choquante des SDF, il faut une réelle détermination nationale. Mais le pire serait de faire un effet d'annonce, une mesure juridique inapplicable. La question du logement est l'une des plus inquiétantes manifestations de l'appauvrissement de la société française. Il faut donc un plan global de lutte contre l'exclusion.

Dans le volet logement, il y a d'abord l'urgence de créer des structures d'hébergement et d'accompagnement durable, des petites unités d'accueil ouvertes 24 h/24. Puis il faut multiplier l'offre de logements, en quantité et en diversité, s'inspirer des expériences européennes de logement alternatif (habitats semi-collectifs, structures autogérées). Nous devons aussi développer le logement social : je propose que, pour chaque programme immobilier, 25 % de la surface soient consacrés à du logement social. Le droit au logement opposable est un défi : il demandera l'engagement et la créativité de tous les acteurs du logement en France, publics et privés.

Quelle serait la mesure à prendre pour rendre l'habitat accessible ?

La France ne construit pas suffisamment de logements, et ceux que l'on construit ne répondent pas assez aux besoins de nos concitoyens. La demande est en revanche toujours plus forte. Se loger est donc une des premières sources d'angoisse des ménages français. La première mesure est de fluidifier le système : la législation et la réglementation sont toujours plus complexes, ce qui rend très difficile le travail des différents acteurs, en particulier pour les collectivités locales, qui n'ont pas toujours l'ingénierie suffisante face à ce maquis. La simplification et la stabilité des règles auront un effet d'entraînement évident sur la construction de nouveaux logements. Fluidifier le système, c'est aussi cesser la sectorisation entre le privé, le public et les associations : une nouvelle politique du logement doit mobiliser les trois, selon une logique de mission, et non une logique de statut, par exemple pour la construction de logements sociaux. Nous aurions là encore un nouveau dynamisme en faveur de la construction.

Comment améliorer les relations propriétaires-locataires ?

C'est l'un des grands défis actuels. Pour l'instant, propriétaires et locataires ont beaucoup à perdre. Le mot-clé est « sécurisation », pour que se retrouvent sur le marché des appartements qui n'y sont pas. Or il y a aujourd'hui des centaines de milliers de logements vacants dans le privé. Sécurisation des bailleurs par la généralisation de garanties de loyers et des locataires par celle des cautions mutuelles. Sécurisation juridique et fiscale par une information sur les droits et devoirs des locataires, l'unification des dispositifs fiscaux, et surtout la diminution des délais de règlement des litiges.

Estimez-vous nécessaire de réformer les dispositifs « Borloo » et « Robien » et dans quelle mesure ?

Il faut cibler l'aide à la pierre sur des besoins de logements prioritaires et durables. Si les systèmes de défiscalisation ont rencontré un grand succès, cela n'a cependant pas permis de produire des logements là où il y avait le plus de besoins. Actuellement, un certain nombre d'investisseurs se rendent compte qu'il n'y a pas assez de locataires à l'endroit où ils ont construit des logements pour la location... C'est d'abord aux collectivités locales qu'il doit revenir de financer et de réguler l'effort de construction. Il faut donc un système régional de la fiscalisation du logement. Je suis favorable en particulier à la régionalisation de la contribution des entreprises

Propos recueillis par Jorge Carasso

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