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La Vie immobilière N° 18Paru le dimanche 1 juin 2008 à 00h00

Ascenseurs la facture grimpe


Deux ans de plus pour réaliser les premiers travaux de mise en sécurité. Le temps d'éplucher les devis pour économiser quelques dizaines de milliers d'euros.

Les premiers travaux de rénovation des ascenseurs devaient être terminés le 3 juillet de cette année. Mais le décret publié le 30 mars a reculé l'échéance au 31 décembre 2010. Un délai bienvenu qui permettra d'ajuster la loi à la réalité du terrain.

Tout commence par le décès de deux personnes en 2001 et en 2002 dans des accidents d'ascenseur. Les copropriétaires, pas toujours au fait de la maintenance de leurs appareils, se trouvent alors brutalement confrontés à leurs obligations en matière de sécurité. C'est dans ce contexte que, un an plus tard, la loi du 3 juillet 2003 renforce les premières obligations d'entretien des quelque 445 000 ascenseurs du territoire. En 2004, un décret définit enfin une première liste des travaux à réaliser : visites de l'appareil toutes les six semaines et assistance aux personnes bloquées vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept. En 2005, une nouvelle loi planifie les installations et les modifications à faire. Trois dates butoirs sont fixées : 2008, 2013, et 2018. Du verrouillage des portes palières à la clôture de la gaine d'ascenseur en passant par les régulateurs de vitesse, dix-sept points sont passés en revue.

Ces mesures ont rapidement rempli les carnets de commandes des quatre grands ascensoristes constructeurs qui détiennent 91 % du marché. « Nous nous sommes efforcés d'accompagner l'énorme demande, qui a doublé entre 2005 et 2006, constate Jean-Pierre Cadeau, délégué de la Fédération des ascenseurs. Il a fallu former des techniciens à notre savoir-faire, environ 1 000 par an. » A la question : « Certains ascensoristes ont-ils profité de la situation ? », il répond : « Certainement », du bout des lèvres. La dure loi de l'offre et de la demande a fait grimper la note jusqu'à plus de 30 000 euros pour certaines rénovations. Elle a aussi laissé beaucoup de copropriétés sans devis, sans techniciens et sans travaux ! Les ascensoristes rechignent en effet à établir un devis pour un immeuble dont ils n'assurent pas déjà la maintenance.

En repoussant l'échéance de 2008 à 2010, le ministère du Logement a détendu le marché. Mais attention, les copropriétaires devront se montrer réactifs et vigilants. « Nous avons réussi à avoir deux devis, l'un de 35 000 euros, l'autre de 40 000, pour refaire un ascenseur des années 1960 dans un immeuble de sept étages », témoigne Jannine Godfrain, retraitée à Toulouse. La liste détaillée des travaux à réaliser lui a été remise. Par exemple, l'état de la poulie est satisfaisant, tandis que la gaine est à revoir. « Le document distingue ce qui est indispensable de ce qui relève du confort. On réfléchit aussi pour savoir s'il est plus intéressant de lancer maintenant les travaux prévus en 2010 et 2013 », précise-t-elle. Les ascensoristes promettent en effet une baisse des coûts de 30 % si les deux premières tranches sont réalisées en une seule intervention. Au passage, ils rappellent que la TVA sur les travaux reste à 5,5 % jusqu'en 2010 seulement. Autant de paramètres à prendre en compte. « Avec une assemblée générale par an, on n'a pas beaucoup le temps. Et les syndics sont débordés, si on ne les aide pas un peu, ça n'avance pas », souligne la copropriétaire. Rémunérés entre 2 et 5 % du montant des travaux, les syndics ont-ils à coeur de faire baisser la note ? Pas sûr.

Des bureaux d'études sont bien appelés à la rescousse pour éclaircir les projets et définir les budgets. Mais là encore, ils sont souvent présentés par les syndics... L'Union nationale des associations de responsables de copropriété (Unarc) recommande aux copropriétaires de choisir eux-mêmes leur bureau d'études pour s'assurer de leur indépendance. Bureau Veritas, organisme de contrôle homologué par l'Etat, conseille d'agir le plus possible en amont. « Notre métier consiste à dire ce qui est aux normes et ce qui ne l'est pas. Il est important de vérifier régulièrement l'état des ascenseurs pour faire les travaux au fur et à mesure », explique Franck Lesage, responsable national des ascenseurs du comité des transports mécaniques de Veritas. De la sécurité au confort, voire au superflus, à chacun de voir l'investissement qu'il est prêt à mettre pour la rénovation et l'entretien de son patrimoine

Alexandra Da Rocha

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