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La Vie immobilière N° 5Paru le jeudi 1 mars 2007 à 00h00

Authentique et pas cher


Le pays marie villages typiques et stations balnéaires animées. Investir à la campagne reste peu onéreux, mais les prix de la côte se rapprochent des standards européens.

De vastes étendues parsemées de villages aux maisons blanches, une végétation dorée par le soleil, un littoral de sable blanc... Acheter une résidence au Portugal dans ce décor de carte postale pourrait faire figure de caprice pour nabab. Il n'en est rien. Le prix moyen d'un logement avoisine 100 000 euros, soit le prix d'une maison Borloo. Le tout à deux heures de Paris par avion, 150 euros aller-retour par Air France. « Les étrangers qui investissent au Portugal ont rarement une grosse fortune. Ils viennent pour le soleil et la qualité de vie, mais, à quelques exceptions près, ils ne sont pas disposés à dépenser des sommes astronomiques pour une maison qu'ils n'occuperont que quelques semaines par an », explique José Romao, de l'agence Imatico.

La promotion de l'immobilier portugais s'est internationalisée et on ne compte plus les sites d'agences vantant les mérites de l'investissement lusitanien en trois, voire quatre langues. « L'arrivée de l'euro il y a cinq ans, couplée à l'essor d'Internet, a permis aux acheteurs potentiels de pouvoir comparer les prix de manière judicieuse et donné un sérieux coup d'accélérateur à la vente sur place », fait remarquer Vitor Araujo, responsable du master franchisé Laforêt au Portugal. Dans les régions rurales, le prix d'une quintinha, maison ancienne avec jardin, oscille entre 100 000 et 150 000 euros. En revanche, les prix grimpent facilement à 250 000 euros dès que l'on s'approche de la mer, jusqu'à 500 000 pour les stations balnéaires cotées. La rénovation du réseau autoroutier ces quinze dernières années a également beaucoup contribué à rendre cette destination plus attrayante, car plus accessible. « Les routes ont connu une transformation phénoménale ces quinze dernières années et sont aujourd'hui d'un niveau international, ce qui était loin d'être le cas auparavant », indique Me Joaquim Barata Lopes, président de l'ordre des notaires du Portugal.

Le charme de l'arrière-pays

Témoin de cet attrait, l'Alentejo, région rurale à mi-chemin entre Lisbonne et la très chic Algarve au sud. Cette destination offre des tarifs très en deçà des standards européens et s'ouvre à l'investissement étranger. « L'intérêt des Anglais, Irlandais ou encore Français est assez récent mais, aujourd'hui, il ne se passe pas une semaine sans que l'on soit contacté par des ressortissants de l'Union européenne », témoigne Joao Pedro Machado, de l'agence ERA Sao Teotonio. Près de Vila Nova de Milfontes, à quelques kilomètres de la mer, une belle maison ancienne rénovée, 110 m2, a été cédée à un couple de Britanniques à près de 160 000 euros. Dans l'arrière-pays, à Ferreira do Alentejo, près de la ville de Beja, une villa de 184 m2 avec 1 800 m2 de terrain s'est négociée 125 000 euros. Des tarifs planchers, même si certaines stations plus cotées et animées comme Zambujeira do Mar, au sud, tirent les prix vers le haut avec des transactions à partir de 400 000 euros. Autre exception, la ville d'Evora, au centre du pays, inscrite au patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco pour son architecture Renaissance. Le prix d'une maison de ville y approche aisément 500 000 euros. Des cas particuliers dans cet arrière-pays, resté relativement peu cher.

Peu onéreuse également, la Costa Verde, traversée par le fleuve Douro, au nord de Porto. Des maisons avec jardin s'y vendent à partir de 75 000 euros, dès que l'on s'éloigne du littoral. « Cette région est encore méconnue, mais plus pour longtemps, car elle attire de plus en plus d'Anglais en quête d'un environnement rural et authentique. Il y a peu de chance pour que les prix restent à ces niveaux encore longtemps », estime Me Joaquim Barata Lopes.

Plus urbanisée mais avec des tarifs encore raisonnables, la Côte d'Argent, au nord de Lisbonne. Cette partie du littoral nord connaît depuis peu une valorisation importante de son offre touristique. Des résidences ont poussé à vive allure ces dernières années, deux golfs viennent d'y être aménagés ; un troisième doit voir le jour. « Ici, les clients étrangers recherchent avant tout le confort d'une cité balnéaire, même si la campagne reste toute proche », explique Jose Romao. Au vu des prix pratiqués dans l'Hexagone, les tarifs de ces petites maisons construites à l'identique restent peu élevés. Ils débutent à 200 000 euros. Une maison de 300 m2 avec vue sur mer a récemment été cédée pour 350 000 euros.

Les nuits agitées du littoral

Des prix inconcevables sur la cote de l'Algarve. La pointe sud du pays, bordée par la Méditerranée, reste le comble du chic. L'extrémité du pays est prisée des riches étrangers pour ses nuits animées et ses golfs de renommée mondiale. Malgré un littoral aujourd'hui très construit, cette destination a conservé ses villages typiques, mais les produits s'y négocient difficilement à moins 500 000 euros. Dès que l'on s'éloigne suffisamment du littoral, les coûts redescendent franchement. Autour d'Albufera, ville côtière parmi les moins chères de la région, une maison rurale en pierre de 105 m2, avec 2 300 m2 de terrain, à 18 kilomètres de la mer, s'est négociée 250 000 euros. A ce même tarif, plus près de la mer, on trouve également des maisons récentes en lotissement, mais elles restent moins demandées. « Ici, les acheteurs préfèrent généralement les maisons anciennes, mais à condition qu'il n'y ait pas de travaux à prévoir », note Jurgen Brunh, de l'agence Bruhn Real Estate.

A l'exemple de l'Algarve, l'immobilier portugais a connu un véritable boom ces quinze dernières années. Les prix commencent juste à refluer sur l'ensemble du territoire, du fait d'un trop grand nombre de constructions récentes en périphérie des villes. Une équation qui ne concerne que très peu les résidences secondaires, qui font l'objet d'un marché spécialisé. Pour preuve, dans l'Algarve, alors que le marché recule partout, les prix ont progressé de 6 % en 2006. « Le segment des résidences de tourisme est poussé par une demande étrangère forte qui fait pression sur les prix », indique Vitor Araujo. De fait, le Portugal reste encore aujourd'hui un des pays d'Europe où l'immobilier est le moins cher

Jorge Carasso

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