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Avis d'expertsvendredi 23 mars 2012 à 09h04

Résidences secondaires : Affaires à faire ?


Patrick Chappey

Biographie Patrick Chappey est entrepreneur dans l’immobilier depuis plus de 20 ans. Dans le cadre de la gestion de ses agences immobilières et Cabinets d’administration de biens, il s’est rendu compte qu’environ la moitié des propriétaires en France gérait eux-mêmes leur propriété immobilière pour des raisons ...Lire la suite

Conséquence de la taxation sur les plus-values et d’un contexte économique difficile, le marché des résidences secondaires accuse le coup. L’explosion des mises en vente a entraîné une chute de prix qui pourrait bien faire le bonheur des acquéreurs.

La taxation des plus-values immobilières votée au Sénat à l’automne 2011 et entrée en vigueur en février dernier a clairement déstabilisé le marché des résidences secondaires. De nombreux propriétaires se sont en effet précipités pour tenter de vendre leur bien avant l’application de la loi. Du coup, l’offre a explosé et conséquence logique, les prix ont baissé. D’autant que pour augmenter leur chance de signer un acte de vente, certains propriétaires n’ont pas hésité à céder sur les négociations pour échapper à un durcissement fiscal sévère.

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En effet, depuis février, la loi contraint les possesseurs d’une résidence secondaire à détenir leur bien pendant 30 ans (contre 15 ans auparavant) pour bénéficier d’une exonération totale à la revente. L’abattement est inexistant avant 5 ans de détention, de 10 % après 10 ans, de 20 % après 15 ans et de 60 % au bout de 25 ans. Sans compter que le taux d’imposition a aussi été revu à la hausse pour s’établir à 32,5 %. De quoi faire pâlir les trois millions de propriétaires concernés ! De surcroît, comme le reste du marché de l’immobilier, le secteur subit lui aussi les effets de la crise. Cette dernière a notamment freiné l’assaut de potentiels acheteurs étrangers, voire, a incité certains d’entre eux, déjà propriétaires, à mettre en vente.

Des prix en repli

Si le marché n’est pas à l’avantage des vendeurs, il profite néanmoins à ceux qui souhaitent investir prochainement, puisque ces facteurs associés ont déjà entraîné un recul des prix de 10 % en un an. Néanmoins, si la baisse concerne presque toute la France, elle ne touche pas tous les types de biens, ni toutes les régions dans la même proportion.

Les biens de moyenne gamme situés dans des zones moins convoitées sont en manque d’acheteurs et subissent donc une baisse plus franche. Ce qui ne change pas, c’est que les meilleures affaires concernent davantage des maisons à rénover à la campagne que les villas en bord de mer. Ainsi, selon Capital, les campagnes peu éloignées de Paris perdent 10 % comme dans le Morvan tandis que les zones françaises plus reculées comme le Quercy par exemple chutent de 20 %. Dans une moindre mesure, mais en baisse tout de même, les prix à la montagne ont perdu entre 3 et 7 %, notamment en Rhône-Alpes ou dans les Pyrénées.

Quant au bord de mer, la tendance est au repli seulement dans certaines zones de Normandie (-7%), Bretagne (-6%), ou du Languedoc-Roussillon (-15 %) dès lors que l’on s’éloigne des plages. En revanche, le littoral méditerranéen résiste toujours notamment grâce à une demande étrangère qui reste élevée.

Si la baisse des prix peut attirer de nouveaux acquéreurs, il n’en est pas moins que le marché est maussade. Si l’offre a grossi, les transactions sont à la baisse. Crise oblige, l’enthousiasme fort des investisseurs étrangers de ces dernières années s’est étiolé et les coûts d’une résidence secondaire à la fiscalité alourdie pourraient bien freiner les futurs acheteurs.

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