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La Vie immobilière N° 4Paru le jeudi 1 février 2007 à 00h00

Boîtes de verre vertes


Manuelle Gautrand livre l'opération Solaris. Une centaine de logements dotés de loggias, des pièces à vivre en plus et un argument écologique pour le promoteur Espacil.

Une pièce en plus, en verre... Une idée toute simple, celle d'agrandir les appartements d'une excroissance transparente, en porte à faux sur l'extérieur, utilisée à la fois comme espace à vivre et comme espace tampon dans le système de régulation thermique de la maison. Ces cubes de 2,5 m de côté sont accrochés sur la façade sud de trois bâtiments baptisés Solaris, conçus par l'architecte Manuelle Gautrand, dans un beau paysage à proximité d'un lac. Les immeubles sont alignés et séparés par une large bande d'herbe qui évite les reports d'ombre. Les 104 logements sont orientés nord-sud de manière à capter le plus possible de chaleur et de lumière par la façade la plus ouverte et à en irriguer les intérieurs traversants. Les cubes de verre se promènent le long du mur le plus ensoleillé et s'agrafent sur chaque appartement de manière irrégulière, en évitant de faire de l'ombre au voisin du dessous. Visibles des étages inférieurs, les sous-faces sont peintes en vert pomme, un clin d'oeil à ce projet écologique et une touche de gaieté sur la façade blanche.

Fermés sur quatre faces, les cubes servent de jardin d'hiver. En été, ils se déshabillent en repliant et en escamotant leurs parois supérieures : la pièce, protégée par un garde-corps en verre, devient une terrasse couverte de 6,25 m2. Le concept fonctionne aussi en creux. Pour équilibrer les plans sans perdre de place dans les parties communes ni rogner sur les surfaces des petits appartements, l'architecte a imaginé des cubes « rentrants ». Les mêmes boîtes, toujours vitrées sur quatre faces, forment cette fois des loggias intérieures. Construites sur le même modèle, elles sont accessibles et s'ouvrent. « Ce n'est pas seulement une pièce de plus, confie Manuelle Gautrand. En hiver, cet espace sert d'isolant, l'air pénètre d'abord dans ce sas qui évite que tout l'intérieur se refroidisse. En été c'est l'inverse, l'intérieur n'est pas directement au contact de la chaleur externe. » Au nord, au contraire, la façade retrouve sa sobriété avec des ouvertures petites et peu nombreuses : un repli face aux éléments extérieurs, lumière et bruit, qui correspond aux pièces de repos et de nuit. « Ces logements ne sont pas expérimentaux, insiste l'architecte, ils sont exemplaires parce que reproductibles à un coût très bas. De plus, nous avons montré que l'architecture pouvait se couler dans un projet respectueux de l'environnement sans pâtir de ces nouvelles contraintes. »

Commercialisés sur plan en 2003 et 2004, les logements se sont vendus au prix moyen de 2 210 euros le mètre carré

Catherine Sabbah

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