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La Vie immobilière N° 16Paru le mardi 1 avril 2008 à 00h00

Carnac (56) Le prix d'une vue sur mer


Avec La Trinité-sur-Mer et Quiberon, Carnac forme le triangle d'or de la Bretagne sud. Les prix des biens de prestige continuent leur ascension.

Nous sommes ici dans un micromarché du luxe qui atteint des prix comparables à ceux du Midi », soutient Jean-Michel Daudin, responsable de l'agence Le Bec de Carnac. Alors que, comme partout ailleurs, le marché de Bretagne sud a tendance à se stabiliser, « tout ce qui a vue sur mer ou les pieds dans l'eau part très rapidement ». Dans ce triangle d'or défini par La Trinité-sur-Mer, Carnac et Saint-Pierre-Quiberon, « les ventes sont surtout des biens familiaux ».

« Il n'y a pas de spéculation comme sur la Côte d'Azur », rappelle Pierre-Marie Dufour, éditeur du Journal des propriétaires de la baie de Quiberon, qui souligne l'attachement des habitants de cette région à leur territoire. De fait, lorsqu'elles sont à vendre, les propriétés sont généralement acquises à titre de résidences secondaires par des amoureux de la contrée. « Depuis le début de ma carrière, ce marché représente 99 % des ventes que j'effectue », souligne Lydie Nusbaum, du cabinet Holas, le plus gros syndic de la région.

1,5 million d'euros avec un grand jardin

Comme partout ailleurs, la durée des transactions s'allonge. Il faut dire qu'après plusieurs années de croissance à deux chiffres (entre 10 et 12 %) le tassement actuel n'est pas encore bien compris par les vendeurs, alors que les acquéreurs sont beaucoup plus attentifs à la qualité des biens qu'ils envisagent d'acheter.

Pourtant, la vue sur mer se paie encore très cher : 1 million d'euros pour un terrain, de 1,4 à 1,6 million pour une maison... quand on en trouve une. Mais les acheteurs ont les moyens ! « J'ai vendu récemment 1,5 million d'euros une propriété avec un grand jardin et vue sur mer », poursuit Lydie Nusbaum. Pour 500 000 euros, on trouve quelques habitations moyennes en lotissement situées à 500 m ou 1 km de la mer. Comme cette maison à Carnac, sans chambre au rez-de-chaussée, avec trois petites pièces à l'étage, peu de terrain et mitoyenne d'un côté, partie à 460 000 euros. A La Trinité, une maison moyenne avec un joli terrain à quelques centaines de mètres de la grève se négocie 800 000 euros.

Selon Jean-Michel Daudin, il existe deux types d'acquéreurs : Les familles de « voileux » qui choisissent La Trinité et son triangle d'or local, entre Kerbihan et Kervillen ; et les autres qui préfèrent Carnac, où les deux secteurs particulièrement cotés sont Legenève, sur le bord de mer, et Kermario, près des alignements mégalithiques.

Carnac présente aussi cinq très belles plages orientées différemment, ce qui permet de choisir son lieu de baignade (ou de bronzage) en fonction de la direction des vents du jour. Un luxe rare ! Quant à la presqu'île de Quiberon, elle est pénalisée par les difficultés d'accès, surtout l'été. Du coup, le prix au mètre carré - 4 118 euros - s'y négocie 770 euros de moins qu'à Carnac. Même phénomène pour les maisons. A Carnac, le prix moyen est de 530 500 euros, contre 379 400 euros à Quiberon. Dans ces lieux huppés, la présence de capitaines d'industrie ou de célébrités (Alain Souchon à La Trinité-sur-Mer, Laurent Voulzy à Saint-Pierre-Quiberon, Nadine de Rothschild à Quiberon...) reste discrète et respectée.

Mais les grosses propriétés bien situées sont de plus en plus convoitées par les promoteurs qui les transforment en appartements. En effet, il devient très difficile de bâtir car, depuis deux à trois ans, la politique d'urbanisme des municipalités est devenue plus rigide. Ainsi, à Carnac, non seulement les terrains sont rares, mais les constructions en front de mer sont limitées à une hauteur de faîtage de 8,50 m, soit deux étages avec combles. D'où l'intérêt pour la réhabilitation. Alors que, dans la commune, le prix moyen d'un appartement ancien s'élève à 4 888 euros le mètre carré, il atteint 8 000 euros dans une maison ainsi restructurée et 10 000 avec vue sur l'océan. « La vue sur mer, c'est comme pour un tableau, conclut Jean-Michel Daudin ; si on la veut, il faut y mettre le prix »

Elizabeth Pantou-Vincent

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