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La Vie immobilière N° 17Paru le jeudi 1 mai 2008 à 00h00

Chérie j'ai agrandi la maison


Avis aux budgets serrés. L'imagination et l'huile de coude font des merveilles lorsque l'on veut s'agrandir. Déterminés, Frédéric et Florence ont réussi à doubler la surface de leur logement.

Lorsqu'ils quittent leur location en 2004, Frédéric et Florence ne s'imaginent pas construire la moitié de leur future maison eux-mêmes. « Nous cherchions un autre logement car le propriétaire souhaitait augmenter le loyer. Après quelques visites, nous avons vite vu que notre budget, près de 140 000 euros, était un peu juste. L'idée d'acheter plus petit puis d'agrandir notre futur achat s'est imposée comme une évidence », se souvient Frédéric. A l'automne 2004, leur choix se porte sur une construction des années 1920, habitable en l'état, d'une surface de 85 m2, avec un petit bout de jardin. Le bien est situé à Plouvien, à 15 km de Brest. Le prix est acceptable, un peu plus de 104 000 euros. D'autant que l'annexe en tôle qui sert de garage peut poser les bases de l'extension du bâtiment. « Cela nous semblait la solution idéale. Le temps de démarrer les travaux pour agrandir notre petite famille, le séjour de 12 m2 et les deux chambres, dont une toute petite, nous suffisaient », raconte Frédéric. Reste donc à obtenir un prêt. Le couple a un petit apport qui lui permettra de régler les frais de notaire et d'agence. Il leur faut 100 000 euros pour boucler l'achat. Frédéric et Florence sollicitent leur banque. C'est un refus. Frédéric est intermittent du spectacle et Florence, en CDD. Ils ne peuvent bénéficier du prêt à taux zéro (les conditions d'octroi sont plus restrictives à l'époque). Heureusement, deux autres banques valident le projet. Finalement, le couple opte pour le Crédit agricole, qui leur propose un prêt mixte : 58 844 euros à taux fixe à 4,75 % sur vingt-trois ans et 59 900 euros à taux variable à 3,71 % capé 1 point (hausse plafonnée à 4,71 %) sur quinze ans. Au total, le remboursement s'élève à près de 700 euros par mois. Ils peuvent se lancer.

Eté 2005

Le projet se dessine

Le couple emménage en novembre. Mais c'est l'été suivant qu'ils se mettent en ordre de bataille. Les néopropriétaires ont donc tout le temps pour peaufiner leur projet d'agrandissement. Ils bénéficient des conseils d'un chef de chantier. « Nous avons vu avec lui ce qui était faisable. On a privilégié un toit plat à un toit à deux pentes, se remémore Frédéric. Pour les murs extérieurs, notre choix s'est porté sur un bardage en bois. Nous avancions à tâtons mais nous nous sommes vite rendu compte qu'il fallait tout faire nous-mêmes si nous voulions tenir notre budget. » Finalement, ils choisissent une structure en cube, réalisable sans trop faire appel aux entreprises du bâtiment. C'est la solution la plus économique - leur budget prévisionnel est limité à 20 000 euros.

Une fois ces bases posées, le couple peut penser à l'architecture du projet. Florence travaille à l'époque dans le secteur multimédia. Elle multiplie les ébauches grâce aux logiciels dont elle dispose. Une fois le bâtiment modélisé, reste à demander un permis de construire. Il est sollicité en février. Après un premier refus, celui-ci est validé grâce à l'appui du maire. « On s'est fait une frayeur, on n'avait pas du tout imaginé que cette autorisation pourrait être refusée », se souvient Frédéric. Nous sommes en juin, les travaux peuvent commencer.

Eté 2006

Le chantier commence

Pour financer les travaux, le couple demande un premier prêt de 21 000 euros à 6 % sur sept ans. Le remboursement leur coûtera 307 euros mensuels. Entre-temps, la situation professionnelle du couple s'est améliorée. Frédéric travaille avec plus de régularité, Florence est devenue fonctionnaire. Les travaux peuvent commencer. Première étape, démonter l'ancien garage. Il faut ensuite creuser les fondations. « Le maçon souhaitait qu'on atteigne 1,40 m de profondeur. On a sans doute un peu présumé de nos forces. Après avoir passé une journée à creuser, nous avons appelé une entreprise de terrassement. En trois heures c'était bouclé. Ça nous a coûté 400 euros et nous a épargné bien des tracas ! » Notre homme contacte ensuite une société pour bétonner les fondations. « Cette étape était difficile à réaliser nous-mêmes », explique-t-il. Le ciment est déversé d'un camion par un tuyau. Il faut ensuite l'aplanir et le faire sécher deux à trois jours.

Deuxième étape, les murs. Frédéric se fait aider par un collègue pour monter les parpaings. Tous deux sont novices en la matière. Comme Frédéric ne souhaite pas dépasser son budget et louer des échafaudages, il décide de construire les murs de l'intérieur en s'appuyant sur des tréteaux de maçon. C'est certes plus fatigant et peu pratique. Lui et son collègue réalisent tout eux-mêmes : le mortier, la colle, la pose des parpaings, les ouvertures pour les fenêtres, le plancher en bois à l'étage, puis la dalle pour préparer le toit. « C'était très physique », se souvient-il. Le maçon vient tous les week-ends pour que tout soit parfaitement dans l'axe. Le chantier dure deux mois et réserve son lot de surprises. Frédéric s'aperçoit ainsi que le budget prévu ne suffira pas. « Il a fallu acheter beaucoup de matériaux et d'outils. Le prix des locations était également très élevé. » Il demande donc un second prêt : 9 000 euros sur quatre ans au taux de 6,72 %. Une mensualité de 214 euros vient donc s'ajouter aux 1 000 euros déboursés mensuellement. Les travaux peuvent se poursuivre. La pose du toit est réalisée en trois jours. Le couple opte pour une toiture en bitume et non en tuile, bien plus chère, et passe par une entreprise. « Lorsque vous faites appel à un professionnel, vous bénéficiez d'une garantie sur l'étanchéité de trente-cinq ans. » Le coût total se monte à 3 800 euros

La structure est bel est bien terminée, reste à l'habiller. Il s'agit tout d'abord de trouver le bois nécessaire pour recouvrir les façades extérieures. Frédéric jette son dévolu sur des planches de 2,5 cm d'épaisseur, très isolantes. Il achète les 160 m2 nécessaires chez un spécialiste local, au prix de 4 000 euros. Cette fois, il loue des échafaudages, mais il réduit leur utilisation au strict minimum. Il est aidé d'un ami. « On a gardé les échafaudages dix jours, le temps de poser les planches une à une. Nous les avons ensuite fixées définitivement en utilisant une échelle. » Cette technique lui permet de débourser 2 500 euros de frais de location au lieu de 5 000. Le bardage bois est terminé en trois semaines. La jonction du toit et du bardage est réalisée par un couvreur. La fin de l'été approche et le gros oeuvre touche à sa fin.

Printemps-été 2007

La décoration

La maison a déjà fière allure, mais tout reste à faire à l'intérieur : électricité, isolation, peinture... Frédéric y passe une partie de l'hiver et poursuit jusqu'à l'arrivée des beaux jours. A l'étage, il opte pour un plancher en chanvre, très bon isolant phonique, recouvert ensuite de plaques d'aggloméré puis de jonc de mer. Les chambres des enfants sont peintes dans des couleurs chamarrées et sont terminées au début de l'été. Au rez-de-chaussée, de la moquette est posée à titre temporaire. Reste à habiller les murs. Aujourd'hui, la décoration n'est pas tout à fait terminée mais la maison est habitable et c'est bien l'essentiel. « On se donne quatre à cinq ans avant de finir entièrement. Il faut encore refaire la cuisine et installer un escalier extérieur. Au total, on a prévu un budget de 5 000 euros au grand maximum », explique-t-il. Un coût finalement mesuré lorsqu'on regarde la valeur ajoutée qu'ils ont su donner à leur maison d'origine

Jorge Carasso

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