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La Vie immobilière N° 17Paru le jeudi 1 mai 2008 à 00h00

Classiquement contemporain


Dans une petite rue calme du 15e arrondissement de Paris, un immeuble revendique sa modernité en se fondant dans le paysage haussmannien.

Il y avait là un garage avec 70 mètres de façade, l'équivalent de deux immeubles haussmanniens côte à côte. A la place, rue Eugène-Million, dans le 15e arrondissement de Paris, se dresse un seul bâtiment d'habitation construit par Babel, un groupe de trois architectes, Michel Seban, Elisabeth Douillet et Bernard Mauplot, pour le promoteur Kaufman & Broad. La posture est contemporaine pour un résultat d'un grand classicisme que les concepteurs ne renient pas. Pas de gesticulation, pas de couleurs vives. « Je ne pense pas que les gens aient envie d'habiter le bâtiment qui se voit le plus dans une rue, en tout cas c'est un risque que peu de promoteurs sont prêts à prendre », précise Michel Seban.

La longue façade n'est pas uniforme mais elle est divisée en trois éléments pour reprendre le rythme des immeubles anciens qui l'encadrent et scandent la rue. « A Paris, on n'a pas trop le choix, la forme est souvent dictée par les gabarits imposés par les règlements d'urbanisme de la ville », poursuit Elisabeth Douillet. La fantaisie des lieux se niche dans les loggias. D'une profondeur de 2 mètres, ce sont de véritables petites pièces ouvertes sur l'extérieur par un balcon de 80 cm en porte à faux au-dessus de la rue. Elles sont bordées de claustras de terre cuite dans lesquels une fenêtre extérieure est « redécoupée ». Les bardages horizontaux, qui reprennent la couleur de l'enduit et celle de la pierre de taille de la rue, sont ajourés pour protéger des regards tout en offrant une miniterrasse orientée plein sud. « Dans cette rue calme, il me semblait plausible d'imaginer que des gens aient plaisir à manger dehors ou à s'installer pour prendre le soleil, explique Michel Seban. Ce n'est pas partout possible dans Paris compte tenu du bruit ou de la pollution. Ici, cet usage nous a dicté en partie le dessin de la façade. » Entre les pans enduits et lisses troués par des fenêtres viennent s'encastrer ces éléments très dessinés. Sur presque toute la hauteur du bâtiment, jusqu'au retrait du sixième étage, les bardeaux de terre cuite, espacés de manière irrégulière, sont maintenus par un cadre de métal bronze foncé. On les retrouve comme garde-corps des fenêtres classiques. A l'arrière de la parcelle, les appartements en rez-de-chaussée ouvrent sur des jardins privatifs. Le reste est planté et ouvert aux copropriétaires qui retrouvent là, en plus de leur terrasse et en plein Paris, l'usage possible d'un espace extérieur privé

Catherine Sabbah

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