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La Vie immobilière N° 17Paru le jeudi 1 mai 2008 à 00h00

Colocation un plus pour le bailleur


Idéale pour des locataires peu fortunés ou à la recherche de convivialité, la colocation multiplie les garanties pour les bailleurs de grandes surfaces.

Regarder confortablement assis dans son canapé les péripéties des joyeux colocataires de Friends, cette série culte américaine débarquée en France à la fin des années 1990, est une chose ; accepter de louer son 150 m2 avec parquet et moulures à une bande de jeunes en est une autre. Si, selon l'Ipsos, le fait de partager un appartement à deux, trois ou plus est une idée banale pour 52 % des jeunes, qui considèrent ce mode d'hébergement comme une solution sympathique pour contrer la hausse des loyers, l'idée demeure encore originale pour le propriétaire. « Devant la crise du logement, les étudiants ont compris les premiers qu'il valait mieux vivre dans un appartement dont le prix moyen au mètre carré tourne autour de 6 euros, contre 11 euros dans un studio », explique Frédéric de Bourguet, coauteur avec Vincent Guilloux de La Colocation, mode d'emploi pratique et juridique.

Une chambre, un salon à partager, une vraie cuisine, des copains à qui parler et une bonne ambiance : voilà en gros les avantages, maintes fois décrits, de la colocation pour les étudiants. Mais qu'en pense le propriétaire ? Nathalie Daydé, agent immobilier à Century 21 Toulouse, n'hésite pas.« Si je suis gestionnaire de l'appartement, je demande la caution des parents ; je vérifie que les revenus correspondent à trois fois le montant du loyer. Si je ne suis chargée que de la location, j'explique au propriétaire qu'il est préférable de louer tout de suite à quatre étudiants qui paieront 300 euros chacun que d'attendre quatre mois une famille qui puisse dépenser 1 200 euros de loyer. J'ajoute qu'en général ils sont là pour quatre ans d'études et que, en cinq ans, je n'ai jamais eu d'impayé. »

Premier constat : les propriétaires ne cherchent pas à louer en colocation, ce sont les agences qui leur en donnent l'idée. Par exemple, le jour où Rag Rasmussen a décidé de mettre en location son 110 m2 situé dans le 5e arrondissement à Paris, il a fait appel à une agence qui lui a aussitôt suggéré de le mettre en colocation auprès de cinq étudiants. « On s'est dit pourquoi pas puisque, suite à une mutation à l'étranger, je devais le louer rapidement », explique-t-il. Quant à Bertrand, colocataire de ce très bel appartement, il se souvient encore du jour de la signature du bail. « A l'époque, nous étions tous étudiants, nous sommes venus tous les cinq accompagnés de nos parents qui se portaient garants. Au total, nous devions être dix-sept dans les lieux ! » Une aubaine pour le propriétaire, car qui dit cinq colocataires, dit cinq garants puisque les colocataires sont juridiquement solidaires les uns des autres. Aujourd'hui, à 32 ans, Bertrand occupe toujours cet appartement à 2 200 euros par mois qu'il partage avec un journaliste, un gestionnaire et un informaticien, tous salariés et âgés de 23 à 32 ans.

« La colocation intéresse une population plus large en milieu urbain, des gens qui ne sont plus en couple, des mères célibataires, de plus en plus d'actifs », précise Vincent Guilloux. Au-delà de l'aspect financier - partager les frais d'électricité, la taxe d'habitation ou la connexion à Internet -, c'est la convivialité de l'Auberge espagnole qui est recherchée. Un point auquel Bertrand est très attaché. « Des cinq colocataires de départ, je suis le seul à vivre encore ici. Je ne partirai pour rien au monde parce que j'adore cet appartement et le quartier, et je préfère partager mon repas avec un "coloc" que dîner seul. Sur dix ans de colocation, onze personnes ont vécu ici. Certains se sont mariés et ont déménagé, d'autres sont partis à l'étranger. En septembre, on se fait une "grande bouffe" avec tous les anciens colocataires. ». Le propriétaire, lui, est content. « En dix ans, je n'ai rencontré aucun problème. Il n'y a pas de période de carence car dès qu'un colocataire part, les autres se chargent de le remplacer et, dans le pire des cas, ils sont légalement tenus de payer l'intégralité du loyer en vertu de la solidarité »

Alexandra Da Rocha

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