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La Vie immobilière N° 10Paru le samedi 1 septembre 2007 à 00h00

Coup de frein sur les prix


Exit les hausses vertigineuses, partout les signes d'assagissement du marché se multiplient. Attention toutefois aux conclusions hâtives, les prix sont toujours orientés à la hausse.

Pas de doute, les dé-sillusions risquent d'être douloureuses pour tous les candidats à l'accession au budget serré ayant caressé pendant l'été le rêve d'une grande braderie immobilière à la rentrée. Beaucoup ont vu dans la crise américaine qui a secoué les marchés financiers internationaux (lire encadré) le préambule à une dégringolade généralisée des prix. D'autant plus attendue, il est vrai, qu'elle aurait pu se conjuguer avec le paquet fiscal et les autres mesures Sarkozy (lire page 12). Il n'en est rien.

Les prix de l'ancien ont légèrement baissé en juillet

Si les signes de ralentissement sont indiscutables dans toute la France, si les prix progressent de moins en moins rapidement, ils n'en restent pas moins orientés - encore ! - à la hausse. « Au stade actuel, la seule chose qui est sûre, affirme Me Gilles Oury, c'est que la flambée est terminée. Les prix n'afficheront plus un rythme annuel de croissance de 8 % et plus. » Selon l'indice mensuel publié par la Fédération française de l'immobilier (Fnaim), les prix dans l'ancien ont baissé de 1,5 % au mois de juillet (- 2 % pour les appartements, - 0,6 % pour les maisons). Il est vrai que la coupure estivale n'est guère propice aux transactions immobilières et que nombre d'acquéreurs ont reporté leur projet le temps de l'adoption par le Parlement des promesses électorales concernant le crédit d'impôt. Il n'en reste pas moins que ce mouvement est supérieur à celui enregistré à la même époque l'an passé (- 0,3 %). « Le recul observé en juillet sur un échantillon représentatif de 10 000 à 12 500 ventes nous conforte dans l'idée qu'on est revenu à plus de modération et que cette tendance va se poursuivre », explique René Pallincourt, président de la Fnaim.

Sur un an, le mètre carré progresse plus que l'inflation

Sur les douze derniers mois, les prix affichent encore une progression de 5 % (4,9 % pour les appartements, 5,3 % pour les maisons). « On devrait finir l'année sur une augmentation de l'ordre de 3 % », estime René Pallincourt. La poursuite du ralentissement est aussi perceptible dans les derniers chiffres de la chambre des notaires de Paris. D'après les statistiques concernant les actes de vente (et non les promesses), les prix de l'immobilier ancien ont ainsi augmenté de 8,3 % sur un an (avril 2007) en Ile-de-France (+ 14,8 % en 2006) et de 8,9 % à Paris (+ 13,3 % en 2006).

Le marché se rééquilibre

Cet assagissement reflète naturellement le niveau élevé des prix. Après un bond de 130 % en huit ans, ils sont devenus inaccessibles pour nombre de primo-accédants. Le renchérissement du crédit commence par ailleurs à faire réfléchir les acquéreurs potentiels. D'après l'observatoire du financement des marchés résidentiels mis au point par Crédit logement, les taux des crédits à l'habitat s'établissaient en moyenne à 4,08 % hors assurances à la fin juin, alors qu'ils n'étaient que de 3,36 % au plus bas, en 2005. L'objectif de 500 000 logements neufs annoncé par le Premier ministre va également contribuer à détendre le marché et à éviter les spéculations à la hausse. Reste à savoir si la carotte fiscale, dont sont dorénavant assortis les crédits immobiliers, ne donnera pas une nouvelle impulsion

Ariane Artinian

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