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La Vie immobilière N° 19Paru le mardi 1 juillet 2008 à 00h00

Demain est un autre jour


Un grand merci à tous ceux qui nous ont soutenus. Nous dédions ce numéro à nos lecteurs, annonceurs, collaborateurs et amis. Au revoir et à bientôt.

J'ai le regret de vous annoncer que la parution de votre magazine La Vie Immobilière est suspendue. Crise de la presse, crise de la publicité, crise de l'immobilier, de nombreux facteurs expliquent l'interruption, qui, je l'espère, ne sera que momentanée, de notre mensuel né en octobre 2006. En attendant une nouvelle formule éditoriale, La Vie Immobilière continue sur Internet avec le site lavieimmo.com. Si nous sommes fiers d'avoir publié ces dix-neuf numéros, nous ne pouvons cacher notre tristesse de signer le dernier épisode de cette Vie Immobilière Saison 1. Dans toutes les entreprises, la règle est la même, l'actif doit être supérieur au passif. Dans l'univers impitoyable des médias, cette équation est d'autant plus difficile à réaliser que les recettes sont sur une pente qui paraît inéluctablement descendante alors que les coûts restent, sinon croissants, du moins trop élevés.

Du côté des rentrées d'argent, comme la plupart des journaux, nous essayons de vous séduire, vous, nos amis lecteurs. Fidèles abonnés - qui serez tous contactés au cours de l'été par le service diffusion du groupe La Vie Financière - ou acheteurs occasionnels, vous avez répondu « présent », mais malheureusement pas en assez grand nombre. Il suffit de passer devant un kiosque - ils ne sont d'ailleurs pas assez nombreux - pour comprendre, devant l'éventail des sollicitations, l'angoisse du jeune magazine caché derrière les piles de ces publications stars, qui ne sont pas pour autant à l'abri des difficultés. Une concurrence qui ne se limite pas à la presse écrite, avec un temps de lecture qui s'étiole face à la centaine ou plus de chaînes de télévision et au vertige infini du Web. L'autre gisement de recettes, la publicité, est également en train de manger son chapeau. Sur fond de croissance molle et de déprime boursière, le chiffre d'affaires global plonge. Et notre page en quadrichromie a bien du mal à résister à l'attrait d'une bannière - chic et pas cher - sur Internet. Coup de grâce pour La Vie Immobilière : le contrecoup du désastre des subprimes et de l'inconséquence planétaire des banques.

Colonne dépenses, nous devons comme tous les journaux supporter des coûts exorbitants. La faute à la fabrication et à la distribution avec des tarifs bien peu concurrentiels qui s'expliquent par l'histoire, et par un corporatisme - NMPP et Syndicat du livre - qui s'est développé avec la complicité des patrons de presse. Sur le banc des accusés, il ne faut pas, non plus, oublier les journalistes, aussi coupables que les ouvriers du livre ou les actionnaires. Ils bénéficient d'avantages fiscaux et juridiques qui garantissent une certaine indépendance et compensent des salaires souvent cache-misère que les futurs prix Albert-Londres tolèrent et dont les dirigeants d'hier, voire d'aujourd'hui se félicitent, le mercato ne fonctionnant que pour les premiers rôles. Des attentions légitimes mais hors de prix et non réformables tant que les maîtres du CAC 40 continueront à empocher des parachutes bien trop dorés. Résultat, nous sommes tous des morts-vivants. La citation étant la roue de secours de l'éditorialiste en détresse, je ne résiste pas, en conclusion, à solliciter les classiques. « Il y a des moments où tout réussit. Il ne faut pas s'effrayer, ça passe », a écrit Jules Renard. Il y a aussi des moments où tout rate, j'ose croire que ça passe aussi

Françoise Rey

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