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DiversDiverslundi 26 octobre 2015 à 17h13

Airbnb : ces profils de loueurs qui inquiètent les acteurs de l'hôtellerie


Airbnb: 1 hôte sur 5 est multipropriétaire à Paris
Airbnb: 1 hôte sur 5 est multipropriétaire à Paris
Airbnb: 1 hôte sur 5 est multipropriétaire à Paris (©dr)

A Paris, 20% des logements sur Airbnb sont proposés par des hôtes gérant plusieurs annonces, alors que les locataires pensent avoir affaire à des personnes qui louent leur propre appartement. Un phénomène qui inquiète les professionnels de l'hôtellerie.

(LaVieImmo.com) - Voilà des révélations autour d’Airbnb qui devraient encore faire couler beaucoup d'encre. Un journaliste a mis en lumière les profils intrigants de certains particuliers mettant leur(s) bien(s) en location sur le site d’annonces immobilières, déclenchant les foudres des professionnels de l’hôtellerie.

Ainsi, selon le site de données "Inside Airbnb", 19,6% des logements sur Airbnb Paris sont proposés par des hôtes gérant plusieurs annonces immobilières, alors que les locataires pensent avoir affaire à des personnes qui louent leur propre appartement.

L’Australien à l'origine de ce site, Murray Cox, a géolocalisé sur une carte la totalité des annonces partout dans le monde, et a recensé rien qu’à Paris quelque 35.428 offres au total. C'est tout de même cinq fois plus qu’à San Francisco, pourtant ville-mère de la start-up américaine!

4.000 euros de revenus par mois

D’après ces données, la majorité des biens loués sont des logements entiers, répartis de manière inégale entre les appartements et les maisons (85%) et les chambres (15%). Ces biens sont, en moyenne, loués 101 euros/nuit pendant 102 nuits par an. Ce qui rapporte à leur hôte… 800 euros par mois.

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Mais il ne s’agit là que de moyennes, car en prenant quelques offres au hasard, les revenus estimés par mois montent vite jusqu’à 1.000, 2.000 voire 4.000 euros! Parmi elles, celle de Fabien attire particulièrement l’attention avec ses 143 logements.

L’hôte indique clairement sur son profil être "gestionnaire immobilier" et fait part de sa disponibilité permanente auprès des locataires. Ce qui n'est pas le cas de tout le monde.

En effet, d’autres comme Diane se font rappeler à l’ordre par leurs invités, rapportent ainsi Les Echos, citant la plainte d’un de ses locataires : "L’hôte était catastrophique mais c’est probablement parce qu’elle est en fait une société se faisant passer pour un hôte".

Les professionnels montent au créneau

De quoi susciter la colère des syndicats du secteur de l’hôtellerie. L'Umih, principale organisation patronale de l’hôtellerie-restauration, a dénoncé la semaine dernière un "développement incontrôlé de l’offre à Paris et sur tout le territoire français" ainsi qu’un "déséquilibre flagrant en termes de charges et de normes, entre (…) les hôteliers et des pseudos-particuliers qui pratiquent illégalement de véritables activités professionnelles/hôtelières".

Selon l’organisation, le résultat net avant impôt de la location courte durée en France (s'il est déclaré...) atteint 60 à 70% une fois les frais de fonctionnement et la taxe de séjour déduits, contre 5 à 10% de marges seulement pour l’hôtellerie, qui doit supporter un certain nombre de charges, dont les salaires, les coûts d’exploitation et les investissements contraints.

En France, seule la sous-location d’un appartement utilisé comme résidence principale est exonérée d'impôts. La loi officialise le droit de louer une résidence principale, et ce sans aucune formalité, à condition de ne pas dépasser quatre mois de location dans l’année.

A l'inverse, un propriétaire mettant en location un logement meublé dans lequel il n'habite pas devra obtenir de sa mairie une autorisation de changement d’usage du logement. Du moins si ce bien se situe dans une ville de plus de 200 000 habitants.

Autre constat alarmant pour le secteur: le nombre de nuitées hôtelières à Paris a diminué de 2,8% sur un an au premier semestre 2015, quand les arrivées de touristes internationaux ont grimpé de 2%, s'inquiètent les professionnels.

L’Umih relève également que 20% des offres rapportent plus de 1.500 euros par mois et génèrent 75% du chiffre d’affaires d'Airbnb. En outre, 35% des offres Airbnb sont disponibles plus de 120 jours par an représentant 74% du chiffre d’affaires de la firme américaine.

Retrouvez le classement des villes les plus chères pour louer sur AirBnB >>

Julien Mouret - ©2016 LaVieImmo
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  • 0 Reco 26/10/2015 à 18:46 par franckblack

    je cite
    "La loi officialise le droit de louer une résidence principale, et ce sans aucune formalité, à condition de ne pas dépasser quatre mois de location dans l’année."

    Si on pousse à l'extrême pourquoi le propriétaire d'un hôtel n'en fait pas sa résidence principale pour ne plus payer d'impôts sur 4 mois d'ouvertures.


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