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DiversDiversmardi 1 octobre 2013 à 17h00

Tribune - "Roms : Il ne faut pas se tromper de combat !"


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. (©Fondation Abbé Pierre)

La Fondation Abbé Pierre réagit aux polémiques de ces derniers jours, autour de la population Rom.

Le débat politique s’est brutalement focalisé sur les conditions de vie de personnes en grande fragilité — souvent étiquetées de Roms pour parler de migrants économiques européens fuyant le rejet ou les difficultés dans leur pays d’origine — les stigmatisant parfois violemment plutôt que de déplorer leurs conditions de vie. Pourtant, ce sont bien ces familles condamnées à des lieux de vie indignes (squats, bidonvilles, habitat précaire...) qui sont les premières à souffrir d’une instabilité et d’un environnement les privant d’une vie ordinaire, d’un accès aux services de santé, de conditions d’hygiène acceptables, des possibilités de scolarisation ou de la sécurité qu’on est en droit d’attendre pour soi et ses enfants.

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En expulsant des ménages sans autre solution — comme l’a dénoncé le Défenseur des Droits — on déplace un problème au lieu de le régler : on rompt l’accès à l’école et aux services sanitaires et sociaux, on empêche la stabilisation permettant l’accès au travail, on jette à la rue plutôt que d’apporter une aide indispensable à des familles souvent installées depuis plusieurs années en France. On alimente alors les risques de tensions et d’incompréhension entre des personnes qui souffrent et d’autres qui ne voient plus combien elles souffrent.

Pourtant, la Fondation Abbé Pierre — comme d’autres — montre avec l’appui de collectivités, de représentants de l’État et d’associations, combien la stabilité est facteur d’apaisement (comme à Choisy-le-Roi, à Marseille, à Lyon...). En effet, lorsqu’on propose des conditions qui le permettent, chacun s’en empare pour vivre une vie plus digne et plus paisible.

Il n’est pas question, pour la Fondation Abbé Pierre, d’ignorer dans ce contexte les difficultés rencontrées par les collectivités et les élus locaux, pour assurer la tranquillité et les règles sanitaires dans leurs communes. Mais si l’on estime que notre contrat social impose du respect, c’est à chacun d’entre nous d’être tout aussi respectueux.

Le débat politique connaît par moment des excès et des débordements, qui ces derniers jours ont dépassé les limites de l’acceptable. On ne doit ni leur accorder une importance démesurée, ni penser que les mots passent sans laisser de trace. La France, son Histoire l’a montré, est et doit rester capable de résoudre les situations difficiles de quelques milliers de personnes parmi les siens. Elle l’a fait il y a plusieurs décennies, après l’appel de l’abbé Pierre, à une heure où la situation du pays était bien plus préoccupante. À quelques semaines du 60e anniversaire de cet appel, il serait absolument incompréhensible qu’elle ne puisse à nouveau mobiliser les forces qui lui sont nécessaires pour y parvenir.

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