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La Vie immobilière N° 6Paru le dimanche 1 avril 2007 à 00h00

Ecologie et économies à tous les étages


Jean-Paul Viguier a conçu un immeuble labellisé « bio habitat », voulu par le promoteur Nexity. Reste à convaincre les occupants d'observer quelques règles élémentaires...

L'architecture de cet immeuble de Courbevoie, dans les Hauts-de-Seine, est sobre. Des duplex en rez-de-jardin et, au-dessus, des appartements, tous dotés d'un balcon. Aux fenêtres, premier indice d'une empreinte écolo, des panneaux coulissants en bois, qui fonctionnent manuellement, ont remplacé les habituels volets roulants électriques en PVC. L'immeuble entier, comme chaque logement, est truffé de ce genre de détails. Plutôt qu'une architecture expérimentale, l'architecte Jean-Paul Viguier et le promoteur Nexity ont privilégié l'efficacité d'usage. Ampoules basse consommation, robinets thermostatiques, ventilation double flux (le flux d'air entrant se réchauffe au contact de celui qui sort), parties communes éclairées grâce à des panneaux photovoltaïques placés sur le toit... voilà pour l'énergie. Pour préserver l'environnement, le chauffage est électrique, pas forcément moins cher, mais moins polluant. Les parquets et menuiseries sont en bois, les moquettes en laine, l'isolation acoustique poussée et les revêtements des murs étudiés pour garantir une humidification suffisante de l'air. L'orientation a été pensée en fonction des ombres portées des bâtiments voisins, la taille des fenêtres calculée pour accueillir assez de lumière sans toutefois absorber trop de chaleur... Au sous-sol, une cuve de 70 000 litres récolte les eaux de pluie, réinjectées dans le circuit des eaux usées et le système d'arrosage du jardin.

Tout y est. Mais l'architecte comme le promoteur ont dû faire preuve de ténacité pour mener à bien ce projet : « Les riverains n'avaient cure de nos efforts pour l'environnement, explique David Cisar, chef de projet de l'agence d'architecture Jean-Paul Viguier. Nous avons dû reculer les panneaux solaires sur le toit pour qu'ils ne soient pas visibles de la rue ; l'immeuble devait être davantage vitré et isolé grâce à une façade double peau (appelée aussi façade climatique), mais les voisins ont refusé... » Le promoteur, lui, a revu son marketing : annoncé en 2001 sous le label HQE (haute qualité environnementale), l'immeuble a d'abord eu du mal à se vendre à des acquéreurs persuadés qu'ils paieraient cher leur engagement écologiste. Finalement, les appartements ont trouvé preneurs entre 5 500 et 6 000 euros le mètre carré, « un prix qui ne comprend pas le surcoût de construction de 10 % », affirme Nexity.

Les acheteurs ne sont pas tous des écolos convaincus : un tiers d'entre eux ont éliminé les placards de cuisine prévus pour les trois poubelles de tri, autant ont trouvé superflu le placard ventilé dans la salle de bains, pourtant pratique pour remplacer le sèche-linge, gourmand en électricité. Chacun reçoit à son entrée dans les lieux un mode d'emploi qui distille quelques principes de bon sens : fermer le radiateur lorsque l'on ouvre la fenêtre, ne pas laisser couler dix litres d'eau pour se laver les dents... Si les résidents sont de bons élèves, ils devraient alléger leurs charges. Sinon, tant pis. Le promoteur ne s'est pas engagé sur des résultats

Catherine Sabbah

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