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La Vie immobilière N° 15Paru le samedi 1 mars 2008 à 00h00

Façade refaite à l'ancienne


Dans le 18e arrondissement de Paris, le lavoir de l'Assommoir reprend du service. Dix-sept logements pour habiter en famille plutôt qu'y laver son linge sale.

Pourquoi faire simple... Au coeur d'un îlot plutôt serré, rue Labat, dans le 18e arrondissement de Paris, le chantier n'est accessible que par un porche de 3,5 m de côté et ouvert sur le passage de la copropriété voisine. L'immeuble est un ancien lavoir édifié en 1902, peut-être bien celui que décrit Zola dans L'Assommoir : un rez-de-chaussée équipé de postes de lavage et surmonté de trois étages totalement ouverts pour faire sécher le linge avec une façade à claire-voie composée de ventelles en bois.

Il y a deux ans, l'ensemble était quasiment en ruine, mais d'un intérêt historique suffisant pour que la commission du Vieux Paris souhaite le conserver. Le maître d'ouvrage, Patrick Masurel, de la Financière Arthus Bertrand, a accepté toutes les contraintes : garder la structure bois-poteaux-poutres, adopter le bois comme matériau principal et redonner à la façade une image proche de celle d'origine. Il a fallu creuser sous le bâtiment pour couler des fondations, redresser un sol en pente sur lequel se déversait de l'eau depuis des années, remplacer des bois pourris...

Dans quelques mois seront livrés dix-sept logements, dont onze dans le bâtiment central. Appartements de plain-pied, duplex avec terrasse attenante ou au-dessus, mezzanines ouvertes, fermées... tous les plans sont différents. C'est ce qui fait le charme du lieu, mais cela n'a pas facilité la tâche des concepteurs, l'agence d'architecture Graam. Les plateaux sont livrés bruts pour 4 200 euros le mètre carré et laissés à l'imagination de leurs occupants, qui devront rajouter de 500 à 1 000 euros du mètre carré pour un appartement fini. A l'extérieur, la façade est constituée de panneaux de lames inclinées qui reprennent assez fidèlement le dessin des ventelles. De l'intérieur, tout l'effet vient du doublement de ces lattes par une paroi de verre laissant entrer la lumière depuis les allèges jusqu'aux plafonds et sur toute la longueur des murs. Les architectes ont mis au point ce système de mur-rideau de verre doublé de bois agrafé en surépaisseur de la structure existante, qui n'a donc pas à en supporter le poids.

Invisible depuis la rue, l'ensemble, constitué du bâtiment central, l'ancien lavoir, et de deux autres constructions en béton, est plutôt dense. Il ouvre sur des vues très urbaines, parfois des vis-à-vis assez proches, mais offre en plein Paris des espaces rares pour des constructions neuves

Catherine Sabbah

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