Magazine immobilier
LaVieImmo.com
Les archives du magazine La Vie Immobilière
La Vie immobilière N° 4Paru le jeudi 1 février 2007 à 00h00

Face à l'agent immobilier


Ce n'est pas parce qu'il négocie pour vous qu'il ne faut pas négocier avec votre négociateur. Derrière un agent, il y en a dix qui attendent.

Un peu trop baratineur, un tantinet âpre au gain, pas assez compétent, il a mauvaise réputation. Alors que les prix du mètre carré flambent, la cote de l'agent immobilier reste au plus bas. Mais avouez que, si vous en rencontrez un spécimen dans un dîner en ville ou à la campagne, vous n'attendrez pas le fromage pour lui poser une question à 1 million d'euros : est-ce le moment de vendre, d'acheter, les prix vont-ils monter, baisser ? Que faire ? Un bon conseil, s'il vous plaît. Gratuit de préférence. Parce que, pour vendre ou acheter un logement, vous n'avez tout compte fait besoin de personne. Autant économiser la commission d'agence, imagine l'acheteur potentiel. Autant empocher ladite commission, espère le vendeur potentiel. Ils ont parfois raison. Sur les 33 000 agences répertoriées par l'Insee, il existe d'excellents pros, mais aussi une proportion toujours trop élevée de brebis galeuses aux compétences incertaines ou/et aux pratiques commerciales douteuses.

C'est d'ailleurs pourquoi la profession ne réalise, avec près de 8 milliards d'euros, que le quart du chiffre d'affaires du secteur. Petit commerce (une agence sur deux emploie moins de dix salariés), mais gros bénéfices. Depuis la publication de ces chiffres qui portent sur 2003, les affaires ont prospéré. Les boutiques immobilières se sont multipliées, avec des vitrines qui fleurissent à chaque carrefour. Quand une boulangerie disparaît, elle est aujourd'hui remplacée par une agence. A croire que les logements se vendent mieux que les petits pains ! Boulanger ou négociateur immobilier, la méthode est d'ailleurs semblable pour choisir le bon pro, même si la galette n'est pas faite de la même pâte. Dans les deux cas, il faut faire jouer la concurrence. Attention au mandat exclusif qui vous lie juridiquement à un seul intermédiaire. Derrière un agent, il y en dix qui attendent. Première étape, testez une pluralité de négociateurs, sélectionnez ensuite le meilleur.

Le secteur commence à s'organiser autour de grands réseaux et la réglementation se modernise enfin. Le statut d'agent immobilier, qui ne s'était pas bonifié en dépit de ses trente-cinq ans d'âge (loi Hoguet du 2 janvier 1970), a été remis au goût du jour par un décret du 23 octobre 2005 qui impose une carte professionnelle et des critères d'aptitude (diplôme ou expérience). C'est bien le moins, alors que le marché se complexifie chaque jour. Devant la multitude d'obligations (diagnostics et procédures diverses), la moindre transaction relève du parcours du combattant. Quant à la rémunération des hommes de l'art, elle renchérit la facture de 4 à 10 %. C'est en général l'acheteur qui la paie. Cette commission est négociable et doit être transparente. De bonus en bonus, le patron de notre petite entreprise ne connaît vraiment pas la crise. L'agent a du répondant. Mais à table, il veut pouvoir déguster son caviar tranquille. Ne dites pas qu'il est agent immobilier, racontez qu'il est poète. D'ailleurs c'est vrai. « A vendre coquet deux-pièces sous les toits, vue exceptionnelle », l'annonce est plus élégiaque que « Chambres de bonne, 6e sans ascenseur, WC sur le palier »

Françoise Rey

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez nos CGU et l'utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d'audiences et vous proposer une navigation optimale, la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux ainsi que des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies...