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La Vie immobilière N° 3Paru le vendredi 1 décembre 2006 à 00h00

Face à sa concierge


Pour les étrennes, soyez généreux ! C'est pour une bonne cause, la protection d'une espèce en voie de disparition.

Autrefois, la concierge était dans l'escalier. Aujourd'hui, elle n'est plus nulle part, ni dans l'escalier ni ailleurs. Le politiquement correct, la technologie, voire la pollution, tous ces fléaux qui menacent la biodiversité, ont concouru à cette disparition. Rassurez-vous ! Elle a été remplacée. Dans le meilleur des cas par un gardien d'immeuble, un gardien tout court, un agent local de proximité, voire un assistant de résidence, ce dernier titre étant recommandé au sein de l'Office public d'aménagement et de construction (Opac). Au pire par un Digicode. Dans tous les cas, le job s'est masculinisé - on ne dit jamais une Digicode ou une interphone - et professionnalisé. Il existe désormais un CAP de gardien d'immeuble, une formation de huit mois avec des cours sur la gestion locative, les relations propriétaires-locataires... Dans les beaux quartiers comme dans ceux qualifiés de sensibles, Monsieur l'assistant de résidence, c'est plus hip-hop que bignole ou pipelette. Question commérage, la commère n'est plus à la page. Voici le gardien d'immeuble : que faites-vous ? Vous choisissez Voici, sauf peut-être si l'agent local vous prête Gala.

La concierge n'est plus dans l'escalier mais le concierge a réussi à prendre l'ascenseur social. C'est dans le hall des hôtels de luxe que l'élégant se pavane, exerçant ses multiples talents auprès des people et des milliardaires. Dans le répertoire opérationnel des métiers et des emplois de l'Agence nationale pour l'emploi, il est d'ailleurs précisé qu'il ne faut pas confondre serviette et torchon, c'est-à-dire « concierge d'hôtel » avec « concierge gardien ». Les concierges d'en haut n'ont donc pas grand-chose en commun avec les concierges d'en bas. Si ce n'est une certaine habilité à adapter leur sourire à la largesse de vos pourboires. Comme c'est la saison des étrennes, je vous encourage à faire un petit ou un gros cadeau à celle d'en bas. Au titre de la protection des métiers d'hier, s'il s'agit d'une vraie Madame Michu avec fichu, ballets, serpillières et loge. Car il en reste. Et des loges aussi, qui n'ont pas toutes été recyclées en local à poubelles ou à vélos. Une très docte étude publiée par le CNRS, intitulée Socio-anthropologie des espaces de l' « entre », en répertorie encore 27 000, rien qu'à Paris.

Combien faut-il donner ? Il n'y a pas de tarif officiel. C'est selon vos finances, votre humeur ou la sienne. L'importance de l'enveloppe n'est pas proportionnelle au standing du logement - tout le monde connaît un riche radin, y compris évidemment sa concierge. Les pièces de monnaie ne sont pas recommandées, surtout les jaunes, elles sont réservées à Bernadette Chirac. Quant aux présents en nature, ils sont diversement appréciés : selon la chanson, les fleurs c'est plus présentables mais les bonbons c'est tellement bon ! Le mieux, c'est le billet, un « petit » billet n'étant pas forcément la coupure de 10 euros. Faites un geste ! Même très généreux, vous ne risquez pas de battre les 31 milliards de dollars qui viennent d'être offerts pour un fils de concierge. Plus exactement pour Le Fils de la concierge, un portrait signé Modigliani qui vient d'être vendu aux enchères en novembre à New York

Françoise Rey

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