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La Vie immobilière N° 16Paru le mardi 1 avril 2008 à 00h00

Face au promoteur


Toujours coupable ! Quand l'immeuble est laid, c'est la faute au promoteur. Quand il est beau, aussi.

Personne qui donne la première impulsion à quelque chose, qui en provoque la création, la réalisation », c'est la définition plutôt engageante du mot promoteur selon le Petit Robert. Suit une liste de synonymes carrément flatteurs : « Animateur, créateur, initiateur, pionnier. » Et puis ça se gâte : « Il a été le promoteur de ce complot », cite le dictionnaire à titre d'exemple. On subodore un péché originel ! Quant au promoteur immobilier - expression, soyons précis, qui serait apparue au milieu du xxe siècle -, il s'agit d'« un homme d'affaires qui se charge du plan de financement et de la réalisation d'un programme de constructions individuelles ou collectives ». La phrase est platement descriptive, mais rien n'y fait, le bonhomme - ou plutôt le mauvais homme - sent le soufre.

Une sale réputation qui n'est pas totalement usurpée. La chronique est riche de ces trop grandes fortunes bâties sur des cages à lapins vendues à prix d'or. Des messieurs 10, 20, 30 ou 50 % - les femmes, c'est bien connu, ne s'intéressent qu'à la déco -, il en a existé et il en existera probablement toujours. Mais le promoteur est plus souvent un professionnel compétent dans une activité essentielle pour l'économie : un chiffre d'affaires qui s'est inscrit à 36,5 milliards d'euros en 2007, dont 28,3 milliards pour le logement, 15 000 salariés à l'amont d'un secteur, le BTP, qui représente plus de 130 000 personnes, selon la Fédération des promoteurs constructeurs (Fpc). Cette fédération regroupe 500 membres répartis en 18 chambres syndicales. Autre organisation professionnelle, l'Uncmi (Union nationale des constructeurs de maisons individuelles) réunit environ 600 marques. La frontière entre promoteur et constructeur n'est pas très claire. Grosso modo, le promoteur fait dans le commerce de gros (logements collectifs, immeubles ou lotissements) et le constructeur peut faire dans le gros mais aussi dans le détail en ne construisant qu'une seule maison. En 2007, plus de 435 000 logements neufs ont été mis en chantier dont plus de 232 000 maisons individuelles (y compris 49 000 en lotissement). Dans ces clubs sont réunis des patrons de grandes entreprises cotées en Bourse, de PME et même de TPME (très petite entreprise) à qui il est trop facile de jeter la pierre. Les architectes, qui bénéficient, eux, d'un buzz élogieux, et les maires - ceux dont la cote est bonne viennent d'être élus ou réélus - sont tous autant responsables du lotissement raté, de l'immeuble bancal et de la maison moche qui défigurent les perspectives de nos villes et de nos campagnes. Il y a évidemment des réussites et elles sont nombreuses, sinon le chiffre des ventes de logements neufs n'aurait pas battu des records en 2007, avec 127 420 transactions.

L'ancien a plus d'un atout, le charme, l'authenticité, un prix parfois inférieur, surtout quand des travaux s'imposent. Le principal avantage du neuf est d'être neuf. Derrière cette lapalissade, l'aspect durabilité et performance énergétique fait pencher sans contestation possible aujourd'hui la balance vers la construction. Quant au promoteur, son look ne le disqualifie pas automatiquement. Même sa caricature de capitaliste sans état d'âme - costume et bottines jaunes, bedaine et gros cigare - est en 2008 obsolète : lui aussi a dû renoncer à fumer dans les lieux publics

Françoise Rey

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