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La Vie immobilière N° 8Paru le vendredi 1 juin 2007 à 00h00

Face au syndic


Le poids des charges de copropriété varie selon les immeubles. Il existe des copropriétés bien gérées et les autres.

Une fenêtre, c'est comme une porte : il faut qu'elle soit ouverte ou fermée. Quand, lors de l'assemblée des copropriétaires de l'immeuble, les esprits s'échauffent sur l'épineux problème de l'ouverture du vasistas du local poubelles, la scène évoque pourtant plus le tragédien Corneille que le poète Alfred de Musset. C'est la guerre entre les Horaces du premier étage, partisans de la fenêtre close car perturbés par le bris du verre qui se fracasse dans le réceptacle à bouteilles, et les Curiaces du deuxième, adeptes de la fenêtre ouverte car gênés par les effluves qui s'échappent des conteneurs quand ils jettent leurs ordures. Au milieu du champ de bataille, le syndic, promu Salomon du tri sélectif - le vasistas sera ouvert la journée et fermé la nuit -, ne satisfait ni les Horiaces ni les Curiaces, d'accord sur un seul point : les charges de copropriété augmentent trop vite.

Parmi les professionnels de l'immobilier, le syndic est des plus impopulaires. Son rôle est d'administrer l'immeuble. Il ne doit pas être confondu avec le syndicat qui regroupe tous les copropriétaires, ou le conseil syndical, dont les membres sont élus par les copropriétaires et qui est chargé d'assister et de contrôler le syndic. Son job est ingrat. Des ampoules au ravalement de façade, de la fuite d'eau à la panne d'ascenseur, il s'occupe, moyennant évidemment finances, des petits et gros problèmes concernant les parties communes. Sa réputation n'est pas mauvaise, elle est exécrable. Les procès pour surfacturaction intentés dans les années 2000 à des cabinets d'Ile-de-France ont terni l'image de la profession, même si les procédures n'ont abouti qu'à de rares condamnations à des peines plutôt avec sursis. Escroc rarement, incompétent souvent, bouc émissaire la plupart du temps, l'affiche est difficile à assumer. Ce « foutu » métier est-il au moins bien payé ? Pour celui qui signe le chèque, la facture est toujours trop lourde. Un sentiment naturellement renforcé par le flou des statistiques concernant les charges. Les rares données existantes publiées par la Cnab* remontent à 2005 et ne concernent qu'un faible échantillon, 4 609 immeubles représentant 1,9 % des logements en copropriété. Conclusion : la hausse a atteint 4,8 % sur un an, ce qui s'explique par une forte augmentation du poste chauffage. Quant aux honoraires du syndic, ils n'auraient progressé cette année-là que d'un tout petit 1 %. Miraculeux !

Ces chiffres sont évidemment trop parcellaires. Pour de vrai, comme disent les enfants, les honoraires des syndics augmentent d'un pourcentage au moins supérieur à l'inflation - on l'espère en tout cas pour eux. Quant aux autres charges, elles gonflent aussi et ce n'est pas forcément le syndic qui est coupable. Outre l'énergie, la réglementation, avec notamment la multiplication des normes et des diagnostics, pèse lourdement sur les coûts, tout comme les bisbilles entre les propriétaires. Sur la durée, un immeuble bien entretenu coûte moins cher qu'un immeuble mal entretenu. Mais de toute façon, cet entretien a un prix. Tous les propriétaires, jeunes ou vieux, occupants ou bailleurs, avec ou sans crédits, doivent en avoir conscience. Ce qui n'exonère pas les quelque huit mille syndics titulaires de la carte professionnelle de bien faire leur boulot. Et dans le cas contraire, de se faire virer sans ménagement par un vote à la majorité absolue

* Confédération nationale des administrateurs de biens.

Françoise Rey

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