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La Vie immobilière N° 14Paru le vendredi 1 février 2008 à 00h00

Faceb à l'assureur


S'il est forcément coupable de ne pas vous indemniser suffisamment, il n'est pas responsable de vos accidents domestiques.

Outre-Atlantique, l'expert ès assurances est un sosie d'Humphrey Bogart, avec une dégaine de détective privé ; il devient sur nos rivages un chicaneur près de ses sous. Un mesquin, un sinistre, qui ne veut pas vous rembourser à sa juste valeur sentimentale la copie des Iris de Van Gogh réalisée par votre grand-mère, une oeuvre remarquable détruite par la baignoire incontinente de votre voisin du dessus. Monsieur l'expert a dit non. Consolez-vous : s'il s'était agi de la toile originale, il aurait aussi dit non car il aurait fallu souscrire une clause spéciale chef-d'oeuvre. L'assureur ne dit oui que dans les limites des conditions générales et particulières de votre contrat, avec son cortège d'exclusions et dispositions spéciales. Un document indigeste dont vous êtes censé avoir pris connaissance, mais que vous n'avez pas regardé. Même si vous l'avez lu, vous n'avez pas forcément tout compris, car les assureurs ont un langage bien à eux. Avec des définitions qui relèvent parfois de la grille de mots croisés.

Qu'est-ce-qu'un vol ? Réponse : une soustraction frauduleuse. C'est écrit dans le contrat ! Incendie, dégât des eaux, tempête, responsabilité civile... l'assurance multirisque habitation est censée, comme son nom l'indique, couvrir les dangers qui menacent votre toit. Elle a drainé en 2006 un chiffre d'affaires de 6,5 milliards d'euros, en augmentation de 5,4 %*. C'est l'incendie qui a représenté le poste principal (22 % des garanties au sein des contrats), la clause « tempête, grêle et neige » affichant 9 % et celle « bris de glaces », 3 %. La tendance est au toujours plus d'options : assistance à domicile, soutien scolaire, télésurveillance, SOS plomberie, jusqu'à la garantie du contenu d'un congélateur. Vous rechignez à chaque augmentation des tarifs mais, grosso modo, tout va bien tant qu'il ne se passe rien. Quand la tuile arrive, au désagrément lui-même s'ajoutent les tracasseries administratives par lesquelles il faut bien passer pour obtenir des indemnités. Bien souvent, ce n'est qu'au moment du sinistre que le souscripteur découvre les limites de son contrat. Alors, en ce début d'année, prenez une bonne résolution : lisez ou relisez le vôtre.

Tout assuré peut demander la résiliation de son contrat deux mois avant sa date d'échéance, sauf cas exceptionnels - déménagement, divorce... -, l'assurance peut alors prendre fin un mois après réception de la lettre recommandée. A noter que, lors de la cession d'un bien immobilier, le contrat est automatiquement transféré au nouveau propriétaire, à charge pour lui de le résilier et d'en souscrire éventuellement un autre. Les chausses-trappes sont souvent difficiles à détecter mais, avec un peu d'attention, vous pouvez éviter les plus gros pièges. Règle no1 : tu ne souscriras pas forcément le contrat le moins cher car plus la prime d'assurance est faible, plus la franchise (montant qui reste à la charge de l'assuré) est élevée. Règle no 2 : tu évalueras correctement tes biens, factures à l'appui, car le montant de l'indemnisation en dépend. Règle no 3 : tu vérifieras les notions de vétusté ou de valeur à neuf - tous les assureurs n'en ont pas la même définition ; ainsi, souvent, le matériel informatique se voit imposer une limite d'âge. La mention « lu et approuvé » ne suffit pas. C'est la mention, « lu, compris et approuvé » que vous devriez pouvoir signer

* FFSA, Fédération française des assurances.

Françoise Rey

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