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Fiscalité immobilier

Tribune - "Fiscalité 2015 : Ce qui change pour les non-résidents"

Marion Chapel-Massot, experte fiscalité chez Equance

Marion Chapel-Massot, experte fiscalité chez Equance - dr

Dans l’actualité de ce début d’année, la Loi de Finances pour 2015 et la loi de finances rectificative pour 2014 sont incontournables. Parmi les thématiques abordées : l’impôt sur le revenu, l’imposition sur les plus-values immobilières ou encore les différentes taxes.

Bien qu’une grande partie du projet de Loi de Finances concerne les contribuables domiciliés en France, les non-résidents se voient également impactés quelques changements. Explications.

L’application du plafonnement du quotient familial aux contribuables non-résidents

Par une modification de l’article 197 A du Code Général des Impôts, cet article, par effet de mimétisme aux règles déjà existantes pour les contribuables domiciliés sur le territoire français, applique les mêmes règles du plafonnement des effets du quotient familial aux contribuables non-résidents. Cette mesure est valable à compter de l’imposition des revenus perçus en 2014 et entrant dans l’assiette fiscale.

En effet, jusqu’à présent, l’article 197 A du Code Général des Impôts ne faisait pas état des modalités de calcul de l’impôt sur le revenu des contribuables non-résidents, contrairement aux résidents en France.

Cette situation, bien que touchant une frange de la population réduite (uniquement les contribuables imposés à plus de 20 %), était d’autant plus injustifiée que la situation familiale et les revenus imposables étaient les mêmes entre résidents et non-résidents.

Dans les faits, les non-résidents se verront donc appliquer un barème progressif par part. Le plafonnement sera fixé à 1 508 € pour chaque demi-part supplémentaire et à 754 € pour chaque quart de part supplémentaire.

Se pose toutefois la problématique des contribuables non domiciliés en France qui se seraient vu appliquer le plafonnement des effets du quotient familial dans leur avis d’imposition antérieur au revenu 2014. Ces derniers sont alors en droit de formuler une réclamation.

La taxation à 19 % sur les plus-values immobilières des non-résidents

L’article 60 de la Loi de Finances pour 2015 revient, quant à lui, sur l’imposition des non-résidents sur la plus-value immobilière.

Suivant les évolutions jurisprudentielles et notamment l’arrêt du Conseil d’Etat du 20 octobre 2014 qui allait dans le sens d’une harmonisation de cette taxation, le taux d’imposition a été ramené de 33,33 % à 19 % pour tous les non-résidents en ce qui concerne les plus-values immobilières.

De ce fait, à compter du 1er Janvier 2015, un taux d’imposition unique à 19 % est appliqué pour les résidents comme pour les non-résidents (qu’ils soient de l’Espace Economique Européen ou d’un Etat tiers).

La question pour certains contribuables est de savoir ce qu’il faut faire dans le cas où ils auraient vendu un bien en décembre 2014, par exemple, et que la plus-value a été imposée à 33,33 %. Tenant compte du fait que le taux d’imposition est passé à 19 %, ceux-ci peuvent se poser la question de la démarche à avoir. Dans ce type de cas, nous leur conseillons de déposer une réclamation sur la base de la jurisprudence modifiée. En effet, dans des cas de contribuables non-résidents d’Etats ne faisant pas partie de l’Union Européenne et qui ont cédé un immeuble avant le 1er Janvier 2015, ceux-là peuvent faire une réclamation pour demander la restitution partielle de leur prélèvement. Ils ont jusqu’au 31 décembre de la deuxième année qui suit le paiement de l’impôt.

Prenons un exemple. Un habitant au Brésil associé dans une SCI française à un résident allemand (ou tout autre pays de l’Union Européenne), et ayant avons vendu le même bien avant le 1er janvier 2015, ne seront pas imposés de la même façon. Le premier sera imposé à hauteur de 19 % tandis que le second se verra appliquer un taux à 33,33 %. Celui-ci sera alors en droit de faire une demande.

La suppression de l’obligation de nommer un représentant fiscal pour certains non-résidents

Conformément à l’article 62 du projet de Loi de Finances rectificative pour 2014, à compter du 1er janvier 2015 aura lieu une suppression de l’obligation d’avoir un représentant fiscal en France pour les résidents de l’Union Européenne, de Norvège et d’Islande.

Auparavant, la désignation d’un représentant fiscal était obligatoire sous 90 jours pour tous les non-résidents en matière de plus-value immobilière des particuliers lorsque le prix de vente excédait 150 000 € ou qu’il ne pouvait pas bénéficier de l’exonération pour durée de détention. Suivant les recommandations de la Commission Européenne, la France est donc revenue sur ce texte.

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