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La Vie immobilière N° 18Paru le dimanche 1 juin 2008 à 00h00

Il faut construire où sont les emplois


Comment se porte le marché de la maison individuelle ?

c. l-v. Il n'échappe pas au ralentissement. Avec 260 000 mises en chantiers en 2007, on peut dire que le marché atterrit, mais très doucement. L'activité a été tractée par le littoral Grand Ouest - Midi-Pyrénées. Les efforts réalisés en terme de formation, l'implantation d'entreprises, notamment dans le secteur des nouvelles technologies, et la qualité des infrastructures, entre autres de transport, ont drainé une nouvelle population. La hausse des taux d'intérêt, des coûts de construction et du foncier entraîne toutefois une désolvabilisation progressive des ménages perceptible depuis le début de l'année. Au premier trimestre, les prises de commandes de maisons individuelles neuves ont accusé un recul de 5,5 % par rapport à l'an passé.

La maison à 15 euros par jour tombe donc à point nommé pour relancer le marché ?

Oui. Il fallait que le TGV de l'accession s'arrête de nouveau à la gare des primo-accédants. Les ménages disposant de 1 500 à 2 000 euros net de revenus mensuels (prestations familiales incluses) vont pouvoir devenir propriétaires d'une maison d'au moins 85 m2 et 250 m2 de terrain pour 450 euros par mois via le Pass-Foncier. Cet outil de financement, qui a cruellement fait défaut à la maison à 100 000 euros de Jean-Louis Borloo, permet d'acheter en deux temps : le bien, avec un crédit de vingt-cinq ans au maximum, puis le terrain, avec un prêt pouvant atteindre quinze ans.

Quarante ans pour devenir propriétaire, n'est-ce pas long ?

C'est exactement comme si, pour récompenser le locataire d'un logement en HLM ayant régulièrement payé ses loyers pendant quarante ans, l'Etat lui faisait cadeau de la propriété au bout du compte. Depuis un mois, nous recevons chaque jour de nombreux coups de fil de candidats impatients. Une quinzaine de constructeurs sont en train de déboucler les dossiers des premières maisons. Les difficultés que nous rencontrons sont plutôt au niveau des collectivités locales qui doivent accorder des subventions de 3 000 à 4 000 euros par logement. Il faut mobiliser les élus pour qu'ils fassent du logement une priorité.

Concrètement, où seront situées ces maisons à 15 euros ?

Là justement où les élus joueront le jeu en acceptant de dépasser les petites querelles politiques locales. D'une manière générale, les maisons individuelles doivent revenir en périphérie des grandes agglomérations, là où se sont déplacés les bureaux et la vie économique. En province, pour faciliter le quotidien des habitants, il faut construire à proximité des zones d'activité, dans un périmètre d'une quinzaine de kilomètres autour du centre-ville.

La construction de maisons est-elle compatible avec les considérations environnementales ?

Ce qui est sûr, c'est que l'on ne peut plus continuer à construire comme avant. Il faut accélérer la pluralité des matériaux biodégradables, intégrer de nouvelles sources d'énergie pour le chauffage et ne plus se cantonner au gaz, au fioul et à l'électricité. Il faut relotir des parcelles accessibles en transports en commun à la périphérie des villes. Il est nécessaire de retrouver un habitat d'équilibre et de renouer avec les cités-jardins du début du xxe siècle. Il faut densifier l'implantation de l'habitat individuel avec des maisons à plusieurs niveaux mariées à de petits collectifs.

Les centres-villes suscitent de plus en plus de convoitises ; les Français ont-ils toujours le goût de la maison individuelle ?

Oui, bien sûr. Lorsqu'ils ont le choix, la grande majorité - près de 80 % des Français - préfère habiter une maison avec un jardin, quitte à s'éloigner un peu du centre-ville. Il faut reconnaître que l'habitat individuel porte des valeurs de sécurité, de convivialité. Dans un environnement de maisons, tout le monde connaît son voisin, ce qui n'est pas toujours le cas sur le même palier. La maison individuelle permet d'être intégré comme un acteur de l'environnement plus que comme un passager lambda dans un immeuble où l'on n'est responsable de rien.

Quel est le prix de vente moyen d'une maison ?

Autour de 115 000 euros pour 120 m2 de plain-pied, et 133 000 euros avec un étage (hors foncier). Pour limiter les surcoûts de 10 à 15 % générés par l'accumulation des différentes réglementations, les constructeurs travaillent sur la rationalisation : des produits secs comme des cloisons, par exemple, mis en place par des monteurs, plutôt que de la maçonnerie

Ariane Artinian

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