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La Vie immobilière N° 13Paru le samedi 1 décembre 2007 à 00h00

Iles flottantes sur béton


A Montpellier, dans les jardins de la Lironde, des immeubles poussent à côté d'anciens mas, en bonne intelligence avec la nature et le paysage environnant.

Ile ou îlot ? Dans l'archipel de verdure des jardins de la Lironde à Montpellier (Hérault), les architectes ont abandonné le jargon urbanistique pour un vocabulaire plus poétique et presque maritime. Loti d'une quarantaine d'opérations, le parc n'a pas été rasé mais aménagé par le paysagiste Michel Desvignes. Chaque grappe d'immeubles y forme une île, dans un environnement « tenu mais flottant ». Un socle au sol relie les bâtiments entre eux et abrite deux niveaux de parking. Une surtoiture, flottante elle aussi - est-ce une voile ? -, posée sur des structures métalliques, sert d'isolant et ajoute une cohérence à l'ensemble que l'architecte en chef Christian de Portzamparc a contraint par le plan de masse au sol, et non par des diktats architecturaux.

Les trois immeubles de cinquante-cinq logements conçus par Wilfrid Bellecour et François Barberot sur l'îlot F, pour le promoteur Icade Ellul, sont volontairement découpés en grands volumes de béton, percés de fenêtres carrées, rectangulaires, plus ou moins allongées. Les blocs sont décalés, placés en porte à faux, débordants ou de biais. Sur l'un des pignons, le béton du socle, travaillé en relief, grimpe jusqu'au toit, comme si le sol était naturellement relié au bâtiment : « Ce sont des éléments à la fois fonctionnels et esthétiques conçus contre la monotonie des façades lisses et alignées. J'assume complètement de défendre un concept et je fais tout pour contrecarrer l'effet de série, de répétition. Avec ces immeubles, nous montrons que c'est possible même avec une structure béton tout ce qu'il y a de plus classique. Le choix de ces volumes est aussi motivé par la manière dont nous imaginons que ces logements seront vécus : je préfère offrir une terrasse à un séjour plutôt que de dessiner un balcon filant que l'on n'utilise jamais », explique l'un des architectes.

Bellecour et Barberot ont aussi joué sur la couleur : du béton partout, mais blanc, gris ou rouge. Les teintes accentuent le relief des immeubles sans tomber dans le piège de la stigmatisation. « Notre grande fierté, c'est que derrière cette architecture se cache une vraie mixité sociale, poursuit Wilfrid Bellecour. A Montpellier, les prix de sortie sont imposés et une partie des logements était réservée aux primo-accédants, c'est-à-dire vendus moins cher. Je défie quiconque de me montrer lesquels. Les halls d'entrée, la typologie des logements ou les prestations d'aménagement sont rigoureusement les mêmes. » Ces lots-là sont partis en premier. A un mois de la livraison, il reste encore quelques appartements à vendre à partir de 3 200 euros le mètre carré

Catherine Sabbah

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