Paris
LaVieImmo.com
InterviewInterviewmercredi 27 octobre 2010 à 16h56

"La hausse des prix de l'immobilier parisien touche à sa fin"


Gilles Ricour de Bourgies
Gilles Ricour de Bourgies
Gilles Ricour de Bourgies (©dr)

Gilles Ricour de Bourgies préside la chambre francilienne de la Fnaim. Pour LaVieImmo.com, il décrit un marché parisien encore rigide, malgré une reprise progressive de l'achat-revente, et prédit une fin de l'envolée des prix.

(LaVieImmo.com) - Diriez-vous que la crise a épargné l'immobilier parisien ?

Gilles Ricour de Bourgies : Le marché est reparti, on le voit notamment dans la baisse des délais de transaction ou dans la progression des promesses de vente réalisées. Seulement, cette reprise a eu lieu dans un contexte de pénurie d’offre. En moyenne, au premier semestre, les agences affiliées à la Fnaim ont signé moins de 30 mandats en Île-de-France et à peine 17 à Paris, soit près de deux fois moins qu’avant la crise… Seule une reprise franche de l’activité d’achat-revente permettra de fluidifier le marché, en jouant sur le niveau de l’offre. On note bien un début de retour des secundo-accédants, mais cette tendance reste timide, un grand nombre de vendeurs potentiels craignant encore de ne pas retrouver de bien pour se loger.

Comment expliquez-vous l’explosion du nombre de mandats exclusifs ?

Gilles Ricour de Bourgies : Précisément par la pénurie de logements. 19 % des biens entrés par nos agences au premier semestre à Paris étaient des mandats exclusifs, contre 15 % un an plus tôt et à peine 11 % au premier trimestre 2006. On n’avait jamais connu une telle progression. Quand un propriétaire déménage, il doit trouver à se reloger, si possible avant de vendre son bien. Comme le manque de logements disponibles a rendu l’exercice difficile, les vendeurs sont de plus en plus nombreux à demander à leur agent immobilier qu’il se charge simultanément des deux recherches : d’un acheteur et d’un nouveau logement. Cela est plus simple dans le cadre d’un mandat exclusif.

Certains agents parisiens nous ont récemment parlé de cas de visites collectives d’appartements à vendre, de transactions bouclées en une journée, et même d’une promesse de vente envoyée par fax ! Ces pratiques ont-elles tendance à se généraliser ?

Gilles Ricour de Bourgies : Tout peut arriver, mais il ne faut pas prendre ces cas extrêmes pour des généralités. En moyenne, le délai de transaction à Paris intra-muros était de 41 jours au premier semestre, contre 91 jours un an auparavant. Certains biens très recherchés, dans des quartiers très prisés, peuvent trouver preneur en une journée, mais ce n’est pas le cas partout. Quant à cette réservation par fax… On ne loue pas un bien sans le visiter, il serait totalement aberrant de le faire pour une acquisition. Ce type de comportement n’est pas sérieux.

Les prix ont atteint des niveaux record dans une majorité d'arrondissements. Quelles sont les perspectives d’évolution ?

Gilles Ricour de Bourgies : Cette pénurie d’offre a généré des tensions sur les prix, qui ont retrouvé leur niveau d’avant la crise. C’est bien simple : entre les mois d’octobre 2008 et d’octobre 2009, les prix avaient perdu 10 %. C’est, peu ou prou, ce qu’ils ont regagné depuis. On peut néanmoins penser que cette période de progression à deux chiffres touche à sa fin. Ne serait-ce que parce que la baisse des taux d’emprunt, qui soutient les prix depuis plusieurs mois, est désormais terminée. Un autre élément devrait jouer : l’étiquetage de la performance énergétique des biens immobiliers dès leur mise en vente, qui sera obligatoire à compter du 1er janvier prochain et qui permettra aux acquéreurs, renseignés dès la lecture des petites annonces sur la qualité d’un logement, de mieux comparer les biens, mais également de mieux les négocier…

Dans la mesure où la majeure partie des biens parisiens risque d’être très mal noté, cet effet devrait finalement être plutôt limité, non ?

Gilles Ricour de Bourgies : L’effet du DPE en termes de prix sera vraisemblablement moins fort à Paris, où on trouve une majorité de biens anciens et moins performants, que dans le reste de l’Île-de-France. Mais il ne faut pas non plus exagérer ! Le diagnostic de performance énergétique (DPE) est actuellement annexé au compromis de vente, soit à un stade très avancé de la transaction, et je peux vous assurer que les acheteurs ne lui prêtent aucune attention. La problématique va désormais être prise en compte, et je suis convaincu qu’elle aura des répercussions en termes de prix.

Si les prix en ont fini avec les hausses à deux chiffres, ont-ils des chances de baisser ?

Gilles Ricour de Bourgies : Baisser, vraisemblablement pas. En moyenne, nous estimons que les prix à Paris intra-muros se stabiliseront en 2011. Avec, bien évidemment, des différences entre les arrondissements : les quartiers les moins chers, comme le 18ème et le 19ème, où on peut encore trouver des biens autour de 5 000 euros du m², pourraient continuer de croître. Dans les arrondissements centraux, dans le 16ème et dans une partie du 17ème, en revanche, ils ont très certainement touché leur plafond. Cette tendance à la stabilisation devrait progressivement s’étendre à l’Île-de-France.

Propos recueillis par Emmanuel Salbayre - ©2016 LaVieImmo
Donnez votre avis
Vous devez être enregistré pour pouvoir poster sur cet article
(il vous reste 2000 caractères)

  • 0 Reco 29/10/2010 à 00:26 par nico

    Si la qualité du quartier augmente considérablement et que beaucoup d'emplois sont créés sur place alors dans ce cas c'est normal que les prix grimpent comme à la porte des lilas ou de la chapelle.Par contre dans les quartiers où l'immobilisme est une règle (même cotés) ça va dégringoler avec la hausse des taux d'intérêts dans peut-être 12 mois. A suivre...

  • 0 Reco 28/10/2010 à 16:35 par copleboss

    "cette fin d'année est en tout cas propice pour les achats immobiliers.En effet les propriétaires de bien de plus de 15 ans voudront vendre cette année.il ne voudront pas payer plus de 30% d'impôt sur leur plus-value." Ca ne s'applique qu'aux résidences secondaires càd que le marché est plus que marginal et ne concernera pas les grandes villes, toujours les mêmes zones à robien scellier attrapes gogos qui vont être concernées...

  • 0 Reco 28/10/2010 à 11:36 par henri

    cette fin d'année est en tout cas propice pour les achats immobiliers.En effet les propriétaires de bien de plus de 15 ans voudront vendre cette année.il ne voudront pas payer plus de 30% d'impôt sur leur plus-value.

  • 0 Reco 27/10/2010 à 18:59 par zodiak

    Ils sont forts à la FNAIM ! c'est toujours le moment d'acheter, ca baisse jamais

  • 0 Reco 27/10/2010 à 18:01 par lapoliss

    un vœu pieux de la fnaim ?

  • 0 Reco 27/10/2010 à 17:45 par acaude

    ah bon ! moi je vois que cela continue


En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez nos CGU et l'utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d'audiences et vous proposer une navigation optimale, la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux ainsi que des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies...