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InterviewInterviewmercredi 6 avril 2011 à 15h16

"La propriété immobilière temporaire à Paris, c'est une impasse"


Jean-François Lamour, président du groupe UMP au Conseil de Paris
Jean-François Lamour, président du groupe UMP au Conseil de Paris
Jean-François Lamour, président du groupe UMP au Conseil de Paris (©dr)

Faut-il mettre en place un système d’accession à la propriété « temporaire » à Paris, afin de lutter contre la pénurie de biens et la hausse des prix ? L’idée lancée par la mairie n’est pas sans susciter de réactions de la part de l’opposition. Jean-François Lamour, ancien ministre des sports et chef de file du groupe UMP au Conseil de Paris, estime qu' « une telle mesure est le signe que la politique du logement à Paris est dans une impasse »…

(LaVieImmo.com) - Que pensez-vous de la proposition de Jean-Yves Mano, adjoint au maire de Paris chargé du logement, de créer un système d’accession à la propriété temporaire - pour une durée de 99 ans - dans la capitale ?

Jean-François Lamour : Encore une énième annonce sur le logement ! Cette idée de propriétaires « pas vraiment propriétaires » de leur logement existe déjà. Moins à Londres - ville évoquée par M. Mano pour se justifier - qu’en Chine. La pratique de la simili-propriété y est développée depuis longtemps [fruit d’une complexe interaction entre propriété publique et propriété privée, NDLR]. Or, le gouvernement chinois en est revenu, et se demande actuellement comment sortir de ce système. Mais ce type de solutions démontre surtout une chose : la politique du logement à Paris est dans une impasse. La situation dégradée du logement a été pérennisée par le fort taux de préemption de logements sociaux par la mairie : sur les 6 000 logements sociaux financés par la ville, 60 % font l’objet d’une préemption. Ce qui a contribué à faire monter les prix du foncier comme des loyers. La principale erreur de cette mesure réside dans le fait que la notion même de patrimoine en pâtit. Quel couple ne veut pas transmettre son bien à sa descendance ? La solution d’une propriété « temporaire », qui se dévalue avec le temps, n’est pas viable.

Par ailleurs, Bertrand Delanoë sollicite de longue date une cession de foncier à la ville par l’Etat, afin de créer des logements…

Jean-François Lamour : Oui, mais à quel prix ? Prenons l’exemple du patrimoine de l’APHP, qui est prêt à libérer du foncier. Les hôpitaux Saint-Vincent de Paul et Broussais veulent bien vendre, or, le prix de rachat proposé par la mairie est en-deçà, pour ces deux cas, de celui recommandé par France-Domaine, le service de l’Etat chargé de ses cessions immobilières. La ville propose de racheter les murs de Saint-Vincent de Paul pour 80 millions d’euros au lieu des 130 millions demandés, et 30 millions pour Broussais au lieu des 40 millions recommandés… Dans ces conditions, il n’est pas étonnant que l’APHP ne souhaite plus vendre ! L’Etat est donc prêt à céder une partie de son patrimoine, mais pas à n’importe quel prix. Car, in fine, c’est le contribuable qui paiera le désendettement de l’APHP.

Quelles mesures proposez-vous pour fluidifier le marché immobilier parisien ?

Jean-François Lamour : On ne construit pas assez en métropole parisienne. M. Delanoë s’est enfermé dans une politique par trop « parisienne ». Il faut une politique à vision « métropolitaine » qui prenne davantage en considération les enjeux du Grand Paris. Tant en ce qui concerne le logement que l’accession à la propriété. Il faut réamorcer l’accession à la propriété dans la capitale. Or, l'aide accordée au titre du Prêt Paris logement, promu par M. Delanoë, est sous condition de ressource. C'est une erreur, comparé au PTZ renforcé du gouvernement, qui lui, est sans condition. Qui plus est, il faut d'urgence parvenir à retrouver un stock de logements intermédiaires à la location, de l'ordre de 15 à 16 euros par mètre carré, qui n'existe pas en dehors des 10 euros du mètre constatés dans le parc social et des 20 à 21 euros du parc privé. Des prix qui pourront favoriser l'accession à la propriété et faciliter le parcours résidentiel.

Propos recueillis par Léo Monégier - ©2016 LaVieImmo
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  • 0 Reco 07/04/2011 à 12:08 par midève

    @ Larrozen. Entièrement d'accord. Pour une vraie politique de l'agglomération urbaine parisienne, ne faudrait-il pas en référer davantage au conseil régional ou élire un super Maire de la région parisienne car dans son petit coin, not'bon Maire, fier de ses prérogatives mais affligé de ses oeillières est en train de massacrer Paris. A quand une vraie politique de la ville de Paris intra et extra muros qui permette à tous de vivre ensemble dans la "Région capitale".

  • 0 Reco 07/04/2011 à 11:00 par LARROZEN

    Monsieur Lamour, vous avez raison c'est la politique actuelle de Ville de Paris qui acontribué à augmenter les prix par la raréfaction de l'offre. La ville fait jouer à fond son droit de préemption en rachetant des immeubles et des terrains à prix bas pour construire des logements sociaux.
    Aujourd'hui , les institutionnels ne veulent plus mettre des immeubles en vente par crainte de voir la ville les racheter à bas prix. Conséquence, l'offre se raréfie.

    Tous le terrains sont quasiment achetés par la ville à bas prix, laquelle ne laisse aucune chance aux promoteurs privés. Ceux-ci doivent se battre pour avoir des terrains à des prix parfois insupportables. De plus la ville leur impose un quota de 25% de logements sociaux, qu'elle rachète directement ou indirectement à prix coûtant. Tout cela contribue à mettre une tension sur les prix.

    La ville a supprimé l'accession sociale à la propriété pour les classes, qui doivent aujourd'hui faute de pouvoir acheter à Paris vont en banlieu. La ville préfère garder les pauvres à Paris et pousser les classes moyennes en banlieu.A Paris, beaucoup de quartiers sont devenus des ilôts de pauvreté et de misère, de délinquance.

    Il est anormal de favoriser les pauvres au détriment des classes moyennes. Beaucoup de quartiers de Paris ressemblent aujourd'hui à des villes de Seine st denis, ou du Val d'Oise.

    La mixité sociale que la ville semble favoriser, consiste à la répartition de la misère et de la délinquance dans les quartiers autrefois jugés tranquilles.

    La politque du logement doit se concevoir dans un ensemble du grand Paris. La ville de Paris doit se souvenir que le coût d'un logement social à Paris, peut financer deux à trois appratements en grande et petite couronne. La ville se doit d'être moins dogmatique.

    Au rythme actuel, la Ville de Paris risque d'être une ville des pauvres et de très riches

  • 0 Reco 07/04/2011 à 08:30 par Dado

    Il aura du ripper !

  • 0 Reco 06/04/2011 à 22:27 par RasLaCasquette

    Bon heu ... comme d'habitude du blabla d'un mec logé vraisemblablement à l'oeil à Paris

    Pauvre type !! Et si les politiques se préoccupaient de la réalité du terrain ?? Ras le bol des incompétents

  • 1 Reco 06/04/2011 à 17:43 par midève

    Plus qu'une impasse! Une c..... erie
    Lamour a tout à fait raison: Paris aujourd'hui, c'est le Grand Paris. Que Not'bon Maire arrête de se regarder le nombril. Il est plus que temps de penser à Paris en tant qu'agglomération au delà du périphérique. Sur ce sujet,nous avons un temps précieux.

  • 0 Reco 06/04/2011 à 15:38 par Agent I

    Une impasse dans l'immobilier, ça c'est cocasse !


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