Strasbourg
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InterviewInterviewjeudi 13 septembre 2012 à 10h02

"Rien ne laisse espérer une amélioration du marché de Strasbourg"


L'agence Locatim, à Strasbourg, compte sur des mesures positives provenant du gouvernement
L'agence Locatim, à Strasbourg, compte sur des mesures positives provenant du gouvernement
L'agence Locatim, à Strasbourg, compte sur des mesures positives provenant du gouvernement (©Google Street View)

A Strasbourg, la crise a fait son chemin, et la situation est particulièrement compliquée pour le marché immobilier local, comme nous l'a expliqué Nicolas Mertz, responsable de l'agence Locatim.

(LaVieImmo.com) - Comment se porte le marché à Strasbourg en ce moment ?

Nicolas Mertz : Comme partout en France, c’est assez tendu. On a des produits, dont pas mal de biens neufs, mais les gens ne se décident pas. Les banques sont méfiantes malgré des taux historiquement bas et les potentiels acheteurs demeurent très attentistes, sauf quand ils sont vraiment obligés d’acheter, par exemple si leur famille s’agrandit, qu’ils sont mutés ailleurs, ou même quand ils trouvent une très bonne occasion. Cependant, cela n’est pas suffisant et le marché reste très tendu.

Depuis quand ressentez-vous ces difficultés ?

Nicolas Mertz : On ressent cette tension depuis fin 2010. Il y a eu une petite embellie en 2010, alors que 2011 a été très compliquée avec la diminution de l'avantage Scellier. Cette année, on a bien travaillé entre janvier et mars avant que le marché connaisse un stand by avec les élections. Le mois de juin s'est quant à lui révélé catastrophique. Un petit frémissement en juillet, et le mois d’août est demeuré calme. Honnêtement, je suis très pessimiste. Tant que le gouvernement ne se mobilisera pas pour soutenir le marché, surtout sur l’ancien, ça m’étonnerait que l’on s’en sorte mieux. Le prix du neuf augmente, car les terrains sont de plus en plus rares, donc le prix au m² augmente beaucoup. S’il n’y a pas de « carotte fiscale », cela ne fera que pénaliser l’investissement locatif !

Vous parlez d’investissement locatif, y en a-t-il beaucoup à Strasbourg ?

Nicolas Mertz : Oui, à Strasbourg, on compte à peu près 60 à 70 % d’investissement locatif, et 30 à 40 % de propriétaires occupants. Comme dans toutes les villes, beaucoup de gens ne sont pas propriétaires, soit parce qu’ils ne le veulent pas, soit parce qu’ils ne le peuvent pas. Il faut dire qu’avec les prix du marché, un prêt sur 20 ou 25 ans, en plus des charges, être propriétaire coûte vraiment très cher aujourd’hui.

Quel est l’acheteur type ?

Nicolas Mertz : Nous avons peu de retraités. En général, ce sont des personnes de 35-40 ans, qui gagnent assez bien leur vie. Ils s’endettent sur 15 à 20 ans pour se lancer dans l’investissement locatif, afin de s’assurer d’un petit revenu mensuel pour leur future retraite. Il est certain que puisque les autres placements sont de moins en moins sûrs, l’immobilier reste intéressant.

Quels sont les quartiers les plus demandés dans la ville ?

Nicolas Mertz : La demande se concentre autour du Parlement Européen, dans le quartier de l’Orangerie, du Conseil des Quinze et de Robertsau. Le centre historique de Strasbourg est également très recherché. Cronenburg et Neudorf sont un peu plus accessibles, et donc aussi assez demandés. C’étaient des quartiers délaissés il y a une vingtaine d’années, mais ils ont connu un véritable essor depuis. Au niveau des prix, le m² tourne entre 2 000 et 2 500 €, alors qu’à l’Orangerie ou à Robertsau, on passe tout de suite à 3 000 à 5 000 € le m² ! Les personnes les plus fortunées cherchent des biens dans les petits villages aux alentours, afin de pouvoir avoir du terrain et éventuellement se construire une piscine. Par exemple, le village de Truchtersheim détient le record de l’ISF du Bas-Rhin ! On y trouve de grandes demeures de 320 000 à 750 000 € !

Comment voyez-vous le futur du marché strasbourgeois ?

Nicolas Mertz : A mes yeux, rien ne laisse espérer une amélioration prochaine du marché de Strasbourg. Comment inciter quelqu’un à s’endetter sur plusieurs décennies alors qu’il y a autant d’incertitudes ? Le climat de crise incite les à attendre. Il faudrait qu’ils effectuent une recherche plus active, au lieu de se contenter d’attendre de tomber sur une bonne affaire…

Propos recueillis par Laura Makary - ©2016 LaVieImmo
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  • 0 Reco 25/09/2012 à 17:16 par Onaniste

    et le prix de la choucroute, il a augmenté ?

  • 0 Reco 13/09/2012 à 10:34 par antoine

    pourquoi une augmentation des prix serait synonime d'amelioration du marché??

    pourquoi toujours se mettre du coté des requins, chers journalistes?


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