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InsoliteInsolitemercredi 8 février 2012 à 14h35

Déshériter ses enfants, une idée de droite ?


Déshériter un proche, une idée loin d'être condamnée unanimement
Déshériter un proche, une idée loin d'être condamnée unanimement
Déshériter un proche, une idée loin d'être condamnée unanimement (©dr)

Si une large majorité des Français est réticente à l’idée de déshériter ses enfants, c’est ceux qui ont le cœur à gauche qui sont le plus hostiles (68 %) à un tel acte. Un taux qui descend à 63 % quand on est de sensibilité de droite, nous informe un sondage réalisé pour les Notaires d’Ile-de-France*.

(LaVieImmo.com) - Déshériter un mauvais fils, pour tout donner aux « bonnes œuvres » ? Ce que veut faire Argante, dans les Fourberies de Scapin - apprenant que son fils Octave a épousé secrètement la jeune orpheline Hyacinthe - relève pour le moment du fantasme.

« Le droit ne permet pas, à l’heure actuelle, de déshériter un de ses enfants, explique Maître Jean Piétrois, avocat au Barreau de Nanterre, spécialisé dans le droit de la famille. Mais il existe malheureusement des moyens détournés pour y parvenir, de facto ; comme placer une grande partie de son argent dans une assurance-vie en désignant un autre bénéficiaire ».

Et l'état du droit ne semble pas près de changer, à en croire les idées relativement bien arrêtées des Français sur le sujet : priver totalement d’héritage l’un de ses enfants passe pour inacceptable pour « une large majorité » des personnes questionnées. 66 % d'entre elles seraient en effet « hostiles à ce que soit instauré » un tel droit. « Le droit d’hériter de ses parents, quelles que soient les relations entretenues avec eux, constitue donc, pour la plupart des Français, un droit intangible, presque ‘naturel’ ou ‘sacré’ et donc ‘moral’ », observent les notaires.

68 % à gauche, 63 % à droite

Une morale qui n’est pas forcément partagée par toutes les sensibilités politiques : en effet, c’est à gauche que l’on réprouve le plus fortement cette pratique (68 %), alors que 37 % des sympathisants de droite y seraient favorables. Par tranches d’âge, la conception de la transmission de patrimoine varie aussi quelque peu. Les 65 ans y sont largement opposés (73 %), tandis que chez les 18-34 ans, on l'est sensiblement moins (61 %). Quasiment le même écart qu'observé entre les cadres (71 %) et les ouvriers (61 %), rapporte le sondage.

Aider celui qui aide

Autre enseignement de l’étude, les Français se montrent favorables, pour 76 % d’entre eux, à l'instauration d'une obligation d’affecter une partie de l’héritage à un membre de la famille qui s’est occupé d’une personne dépendante. Mais à l’inverse, il ne s’agirait pas, pour 54 % des personnes interrogées, de toucher à l’héritage pour rembourser les aides publiques versées à ces personnes ! 13 au 17 février sous l’égide des Notaires.

*Sondage BVA réalisé par téléphone les 16 et 17 décembre 2011 sur un échantillon de 971 personnes, pour les Chambres des Notaires de Paris et des Hauts-de-Seine. L’enquête est publiée à l’occasion de la semaine d’information sur les droits des familles, qui aura lieu du 13 au 17 février sous l’égide des Notaires.

Léo Monégier - ©2016 LaVieImmo
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  • 0 Reco 08/02/2012 à 22:26 par Hollandissime

    En effet, Turquoise, ce sont des Tartufes!
    Je l'ai expérimenté plusieurs fois lorsque, devant eux, je soutenais que la vraie racine de l'inégalité était l'héritage et qu'il fallait une fois pour toute l'abolir.
    Tous étaient contre. Radicalement contre.
    C'est cette hypocrisie foncière qui m'a conduite à ne plus jamais voter pour eux.

  • 0 Reco 08/02/2012 à 20:01 par turquoise

    Je suis enfant de socialistes purs et durs et déshériter l'enfant qui travaille dur, qui se prive pour donner une bonne éducation à ses enfants ça n'a pas "été un problème pour eux. Ils ont vécu toute leur vie au crochet de mes grands-parents et quand le dernier est mort, on a tout donné au fils et les filles le minimum (une s'était servie bien avant) l'autre, moi avec mes scrupules, il fallait que j'entretienne mes parents qui pleurnichaient alors que les autres continuaient à venir se servir chez eux.
    Elle est belle la mentalité socialiste... ils regardent toujours l'assiette des autres mais ils n'en font pas trop pour remplir la leur ou en cachette pour pouvoir faire croire qu'ils correspondent à la mentalité de gauche.

  • 0 Reco 08/02/2012 à 17:10 par Hollandissime

    Comme toujours bien d'accord avec vous, Marc.

  • 1 Reco 08/02/2012 à 17:06 par Hollandissime

    Un article plein d'enseignement sur notre beau pays:

    1) La Gauche a le porte-monnaie plus ancré près du coeur que la droite puisqu'elle tient davantage à mettre la main sur les sous de l'héritage Ce qui ne m'étonne absolument!
    Comment déjà Molière appelait-il les faux-dévots, ceux qui prêche la morale bien fort, et se conduisent comme des cupides dans leur privé?
    ... Mais oui, mais c'est bien sûr: des Tartufes!

    2) La France est vraiment un pays d'assistés puisque, comme il est dit dans l'article:

    " il ne s’agirait pas, pour 54 % des personnes interrogées, de toucher à l’héritage pour rembourser les aides publiques versées à ces personnes" ;

    Pourtant quoi de plus normal!

    Savez-vous d'ailleurs (vous pouvez vérifier) que l'Etat ne se rembourse du minimum vieillesse sur l'Héritage que si ce minimum vieillesse a été versé à un handicapé?

    La belle société que voilà!

  • 1 Reco 08/02/2012 à 17:05 par marc19

    C'est assez incroyable de ne pas pouvoir jouir comme on l'entend des ses biens, même post mortem .
    Hériter de ses parents ne devrait pas être une fatalité . C'est une pratique qui remonte à l'époque de Napoléon , instaurée soi-disant pour conserver coûte que coûte les fortunes dans la même famille . et ainsi, continuer à assurer leur puissance .
    Les temps ont bien changé et je suis trés surpris par ce sondage .
    Et c'est vrai que par des moyens détournés, la vente en viager par exemple , on peut déshériter son ou ses enfants .


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