Interview
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InterviewInterviewlundi 29 novembre 2010 à 09h00

"Acheter-Louer profite du redémarrage de l'immobilier parisien"


Fabrice Rosset
Fabrice Rosset
Fabrice Rosset (©dr)

Fabrice Rosset est président du directoire du groupe Adomos, et président directeur général de sa filiale Acheter-Louer.fr, spécialiste de la presse immobilière gratuite en Ile-de-France. Pour LaVieImmo.com, il revient sur l’accord récemment signé avec les créanciers d’Acheter-Louer.fr sur un rééchelonnement de sa dette.

(LaVieImmo.com) - Acheter-louer.fr vient de négocier le gel de sa dette. La société est-elle sortie d’affaire ?

Fabrice Rosset : Pour comprendre cette renégociation, il faut remonter à la crise immobilière de 2008-09, qui a coûté la vie à 10 ou 15 % des agences immobilières et obligé les survivants à fortement réduire leur budget de communication. Une époque très difficile pour les diffuseurs de petites annonces… On se souvient par exemple du dépôt de bilan de Refleximmo [en 2009, NDLR], et, plus récemment, du placement en redressement judiciaire de Comareg, l’éditeur du journal « Paru-Vendu ». Acheter-Louer s’en tire à meilleur compte, mais la période a été très difficile : la baisse d’activité a compromis le remboursement de la dette contractée pour financer le développement commercial du site Internet [lancé en 2007, NDLR], et nous avons dû nous rapprocher des banques de la société pour négocier avec eux un rééchelonnement de ces créances. L’accord auquel nous sommes parvenus après un peu moins de six mois de négociations prouve que les difficultés de la société ne sont pas structurelles. Donc oui, Acheter-Louer.fr est bien tiré d’affaire. La reprise du marché immobilier en Île-de-France joue d’ailleurs en notre faveur : il est vraisemblable que nous n’aurions pas trouvé de terrain d’entente avec les banques il y a un an.

Quelles sont vos perspectives ?

Fabrice Rosset : Il est d’ores et déjà acquis que nous ferons mieux cette année qu’en 2009. Nous renouons progressivement avec nos niveaux d’activité d’avant la crise. Un certain nombre de facteurs joue en notre faveur. Nous venons de parler du redémarrage de l’immobilier francilien ; nous en profitons d’autant mieux que, pour la partie presse, nous n’avons plus qu’un seul concurrent direct sur ce marché depuis la disparition de Réfleximmo : Logicimmo, qui est moins bien implanté que nous dans la région. Dans l’Internet, nous avons revu complètement notre stratégie en nous concentrant sur les produits à valeur-ajoutée et en proposant une offre différente de celle des autres acteurs du secteur. Tous les quinze jours, nous diffusons nos annonces de deux manières complémentaires : via mail à plus de 1,2 million d’abonnés de plus de 25 ans, et par widget, à plus d’un million de personnes très ciblées. Nous sommes les seuls à utiliser ce type de diffusion. Pour le moment, nous travaillons avec 150 agences immobilières, mais nous avons l’intention de développer ce nombre très rapidement.

Adomos ne détient plus que 23 % du capital d’Acheter-Louer.fr, contre 56 % il y a quelques semaines. D’autres cessions sont-elles prévues ?

Fabrice Rosset : Non. Ces cessions de titres ont eu lieu au mois de septembre, à un moment où nous avions besoin de trésorerie, et rien ne permettait encore d’affirmer que les négociations avec les banques seraient finalisées. La situation actuelle est très différente, et nous avons d’autant moins l’intention de continuer à nous désengager que nous sommes convaincu du potentiel d’Acheter-Louer.fr.

Vous attendez-vous à un fort rebond de l’action ?

Fabrice Rosset : Maintenant qu’il n’y a plus d’hypothèque sur l’avenir de la société, le contraire serait très étonnant ! Acheter-Louer.fr propose un vrai produit innovant, dans le cadre d’une stratégie offensive et validée par ses créanciers : je ne vois pas comment son cours de bourse pourrait ne pas suivre. Je vous rappelle que l’action, qui s’échangeait à plus de 2 euros il y a un an, a touché un plus bas de 75 cents au mois de septembre… Le titre est remonté dans la région des 1 euro, c’est un bon début, mais il ne s’arrêtera pas là !

Avec un flottant de 75 %, ne craignez-vous pas qu’Acheter-Louer.fr fasse l’objet d’une offre publique d’achat ?

Fabrice Rosset : Techniquement et juridiquement, une OPA est tout à fait possible. Maintenant, je ne pense pas qu’un acheteur prendrait le risque de lancer une offre sur la société sans s’être au préalable entendu avec ses dirigeants et avec Adomos. Le secteur de la petite annonce doit encore se remettre des effets de la crise, mais une fois que les choses se seront stabilisées, il est probable que les acteurs se rapprocheront les uns des autres, ne serait-ce que pour faire le poids face au géant SeLoger. Et à ce moment là, rien ne dit qu’Acheter-Louer.fr ne sera pas du côté des prédateurs plutôt que des proies !

Propos recueillis par Emmanuel Salbayre - ©2016 LaVieImmo
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