Interview
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Interviewjeudi 28 juin 2012 à 10h04

"Au-delà de la défiscalisation, il est judicieux de s'intéresser au rendement"


Guillaume Sereau, responsable du bureau d'études patrimoniales chez FIP PatrimoineGuillaume Sereau, responsable du bureau d'études patrimoniales chez FIP Patrimoine (©dr)

Réforme des plus-values immobilières, durcissement de l’ISF et de la fiscalité de l’assurance-vie… Tour d’horizon d’un paysage fiscal qui devrait changer à la rentrée, avec Guillaume Sereaud, responsable du bureau d'études patrimoniales chez FIP Patrimoine.

(LaVieImmo.com) - Le gouvernement, qui entend bien boucler son budget pour l’année à venir, a annoncé une batterie de mesures fiscales dont certaines devraient voir le jour dès la rentrée. Lesquelles risquent le plus d'affecter le patrimoine ?

Guillaume Sereaud : Un durcissement est attendu dans le domaine des transmissions à titre gratuit, des donations et successions. Il est annoncé une baisse de l’abattement en ligne directe, qui devrait passer de 159 325 euros actuellement à 100 000 euros. Le délai de rappel fiscal sera également porté de dix à quinze ans après avoir déjà été rallongé il y a moins d'un an de six à dix ans, ce qui peut s’apparenter à une « double sanction » pour les contribuables. Les dons d'argent en numéraire bénéficiant d'un abattement de 31 865 euros devraient être supprimés. Pour rappel, le donateur doit avoir moins de 80 ans, et le bénéficiaire de la donation, âgé d'au moins 18 ans, doit être un enfant, un petit-enfant, un arrière-petit-enfant ou, à défaut de descendance, un neveu ou une nièce. Sur le front de l’assurance-vie, les contrats de moins de 8 ans seront imposés au barème progressif, sans option possible - comme tel est le cas aujourd’hui - pour le prélèvement forfaitaire libératoire. Les donations et l’assurance-vie seront sans doute les plus impactés par la loi de finances à venir. L’ISF va quant à lui revenir à son ancien barème, tout en gardant le seuil de 1,3 million d’euros. Et enfin, l’imposition des plus-values immobilières change elle aussi, mais dans un sens cette fois-ci favorable pour les particuliers.

C’est-à-dire ?

Guillaume Sereaud : L’imposition des plus-values immobilières repasse à un système d’abattements analogue à celui d’avant 2004. C’est-à-dire un abattement de 5 % par an au-delà de la deuxième année de détention du bien. Ce qui aboutit en pratique à une exonération totale de la cession à la 22ème année, contre 30 ans à l’heure actuelle. Seul hic, toutefois, le régime pourrait être imposé sur le barème progressif de l’impôt sur le revenu et non plus à un taux forfaitaire, susceptible d'aboutir à de lourdes impositions selon la tranche d’imposition du contribuable.

Autre mesure de poids, et qui concernera une grande partie des contribuables, le plafonnement des niches fiscales à 10 000 euros par an par foyer…

Guillaume Sereaud : C’est exact. La seule éventuelle bonne nouvelle, c’est qu'un avantage pourrait être considérés comme « hors niche » : le Girardin, dispositif encourageant l’investissement locatif dans les DOM-TOM, pourrait ainsi être aménagé mais exclu de ce plafonnement annoncé par le gouvernement. Rien n'est encore certain, mais c’est ce qui se murmure pour l’heure en coulisse… Notons que le Scellier, qui s’éteint à la fin de l’année, devrait être remplacé par un nouveau dispositif dans la foulée. A ceci près qu’il comportera sans doute un large « vernis » social. De plus, on devrait passer d’une logique de réduction d'impôt à une logique d’amortissement, comme l’étaient les avantages fiscaux précédents, voire même une non imposition des bénéfices.

Que conseillez-vous de faire pour chacun de ces investissements et placements ?

Guillaume Sereaud : Pour les donations, la fenêtre de tir est assez courte. On peut espérer bénéficier des abattements actuels en se précipitant chez le notaire, même si ces derniers surchargés en ce moment. Je conseille par ailleurs aux souscripteurs d’assurance-vie d’utiliser en priorité les anciens contrats pour les retraits, et de laisser capitaliser les nouveaux contrats conclus après la réforme. Pour ce qui est des plus-values immobilières, surtout ne pas se précipiter pour signer l’acte authentique ! La réforme devrait être plus avantageuse, il est donc plus sage d’attendre.

Quel investissement immobilier jugez-vous le plus opportun en ce moment ?

Guillaume Sereaud : Au-delà de la défiscalisation, il peut être judicieux de s’intéresser au rendement. L’immobilier de bureaux, par exemple, offre en général des rendements très satisfaisants. Attention, il vaut mieux éviter les murs commerciaux des boutiques notamment, qui subissent actuellement une forte concurrence avec le e-commerce.

Propos recueillis par Léo Monégier - ©2014 LaVieImmo
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  • 0 Reco 28/06/2012 à 14:56 par StockEx

    Marche aussi. Mais j'éviterais les SCPI scellier et autres perso.

  • 1 Reco 28/06/2012 à 12:11 par In-vestorX

    Merci du conseil pour les bureaux : Quid des SCPI de bureaux ?