Interview
LaVieImmo.com
InterviewInterviewmardi 15 décembre 2015 à 16h20

Crédit immobilier : faut-il encore emprunter à taux variable ?


Sandrine Allonier, respondable des relations banques des Vousfinancer.com
Sandrine Allonier, respondable des relations banques des Vousfinancer.com
Sandrine Allonier, respondable des relations banques des Vousfinancer.com (©dr)

Avec des taux compris entre 0 et 1%, certains emprunteurs ayant par le passé souscrit un prêt immobilier à taux révisables se frottent les mains. Mais gardent-ils un intérêt aujourd'hui pour les particuliers qui veulent financer l’acquisition d’un logement ? Sandrine Allonier, Responsable des Relations Banques chez Vousfinancer.com, fait le point sur BFM Business.

(LaVieImmo.com) - Un crédit immobilier à 0%, c’est le rêve ! Mais peut-on trouver des taux variables qui permettent à l'emprunteur de se financer à taux négatifs ?

Sandrine Allonier : Théoriquement oui, car à l’époque les taux n’étaient pas capés à la baisse. Certains clients de banques ayant des frais de découvert indexés sur l’Euribor - taux utilisé pour le calcul du taux variable - bénéficient actuellement de taux négatifs ! Cela ne concerne toutefois que très peu d’emprunteurs.

Emprunter à taux révisables est-il est donc devenu moins intéressant aujourd’hui ?

Sandrine Allonier : Ce type de prêt représente moins de 1 % des crédits souscrits, contre 10 % en 2008. La raison ? Les taux fixes restent à des niveaux très bas, tandis que l’écart entre taux fixe et taux variable a augmenté, rendant les taux révisables moins attractifs. Certaines banques ont même suspendu leurs offres, alors que dans d’autres établissements les taux révisables sont supérieurs aux taux fixes pour les profils haut de gamme !

Pourtant le Comité de Bâle recommande que les banques prêtent davantage à taux révisables…

Estimez votre bien
Estimez votre bien

Type de bien :

Sandrine Allonier : D’après le Comité de Bâle, dont la mission est d'assurer la stabilité et la régulation du système financier mondial, le niveau très bas des taux fixes crée un risque porté par les banques en cas de remontée. En effet, les banques prêtent actuellement à 2,35% en moyenne et se refinancent à court terme à des taux quasi-nuls. En cas de remontée des taux Euribor ces prochaines années, les banques pourraient être amenées à se refinancer à des taux supérieurs aux taux des crédits immobiliers qu’elles auront déjà accordés et auxquels seront adossées ces nouvelles ressources… Proposer des taux révisables dont l’évolution est liée aux index Euribor permettrait de transférer ce risque aux emprunteurs, mais non sans conséquence…

Mais les banques y sont-elles prêtes ?

Sandrine Allonier : Si les banques ont bien conscience de l’existence d’un risque de taux, elles savent également qu’une disparition du système à taux fixe pourrait avoir un véritable impact sur le dynamisme du marché immobilier. Actuellement 99% des crédits sont accordés à taux fixes, contre 80% il y a dix ans. Et si la quasi-majorité des emprunteurs qui ont souscrit des crédits à taux révisables depuis 2008 sont aujourd’hui gagnants -les Français restent averses aux risques et peu enclins à souscrire ce type de prêts, et ce même dans les cas où ils auraient intérêt à le faire. C’est pourquoi les banques ont conscience que sonner le glas des taux fixes reviendrait à donner un coup de frein à la demande de crédit et donc à se tirer une balle dans le pied.

Votre conseil du coup à ceux qui veulent acheter : privilégier un taux fixe plutôt qu’un variable ?

Sandrine Allonier : Oui, car les taux auront du mal à baisser beaucoup plus. D'autant qu'il est finalement assez facile de renégocier son taux à la baisse si nécessaire… ainsi, les taux dits fixes sont en réalité des taux révisables !

Vous nous disiez de continuer de privilégier les taux fixes. On entend aussi souvent dire qu’il faut privilégier des durées de crédit courtes : c’est vrai aussi quand les taux de crédit sont aussi bas qu’en ce moment ?

Sandrine Allonier : Oui, même si les taux ont également baissé en cette fin d’année sur les durées longues, les banques souhaitant reconquérir les primo-accédants. Si on en a la capacité, mieux vaut emprunter sur des durées de 15-20 ans sur lesquelles les taux sont les plus compétitifs. En outre, plus un financement est court, moins son coût est élevé et plus l’amortissement du capital est rapide. Et comme les crédits sont maintenant presque tous modulables - c’est-à-dire que les emprunteurs ont la possibilité d’augmenter ou de diminuer leurs mensualités en allongeant la durée du prêt jusqu’à 3 ans - on peut ainsi emprunter sur une durée courte puis faire varier sa mensualité en fonction de ses besoins.

Propos recueillis par LaVieImmo.com - ©2016 LaVieImmo
Donnez votre avis
Vous devez être enregistré pour pouvoir poster sur cet article
(il vous reste 2000 caractères)


En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez nos CGU et l'utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d'audiences et vous proposer une navigation optimale, la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux ainsi que des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies...