Interview
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InterviewInterviewjeudi 12 avril 2012 à 09h29

"Il faut un ministère du Logement"


Bernard Cadeau, président d'Orpi
Bernard Cadeau, président d'Orpi
Bernard Cadeau, président d'Orpi (©dr)

Bernard Cadeau, président du réseau Orpi, revient sur les 12 propositions du groupe pour « réconcilier les Français avec le logement ». Des solutions urgentes, « pour le moyen et le long terme » selon le professionnel, et organisées autour de trois volets : les politiques publiques, le financement et le parcours résidentiel.

(LaVieImmo.com) - Pouvez-vous nous présenter vos propositions ?

Bernard Cadeau : Celles-ci s’organisent autour de trois volets : les politiques publiques, le financement et le parcours résidentiel des Français. Nous préconisons notamment la création d’un ministère du Logement, instaurer des foncières dédiées au logement, ainsi que la mise en place d’un « Grenelle du Logement ». Il faut en effet que tous les acteurs de l'habitat soient présents, qu'ils puissent exprimer les envies, leurs besoins. Mais nous demandons aussi d'activer la libération du foncier et de construire massivement. Il s’agit de mesures simples, mais pas simplistes, et surtout des stratégies de moyen et de long terme et sans coût pour l'Etat. Nous ne souhaitons pas nous substituer aux politiques, mais voulons mettre sur la table des mesures faciles à mettre en œuvre et rapidement.

Avez-vous rencontré les candidats aux élections pour leur soumettre ces propositions ?

Bernard Cadeau : Oui, il faut se faire entendre et il nous a semblé que le problème du logement n’était pas abordé de manière globale. Dans la campagne. Durant un temps, le thème du logement semblait y trouver un certain écho, mais cela a fait long feu. Les candidats, quels qu’ils soient, ont à nos yeux abordé le logement de façon partielle. Et il y a un tel besoin, un tel déficit de pouvoir d’achat que nous nous devions d’apporter notre contribution. Ce que nous pensons avoir la légitimité de faire, étant donné que cela fait 45 ans que le réseau est « sur le terrain ». Cela étant dit, si des propositions d’Orpi se retrouvent chez certains candidats, le réseau n’a pas de préférence ; et nous n'avons pas « picoré » chez les uns et les autres pour les élaborer...

Des propositions qui ont pour but de parvenir à une « France de bien logés ». Est-ce à dire que vous n’adhérez pas au principe d’une « France de propriétaires », chère au candidat-président ?

Bernard Cadeau : Ce n'est, effectivement, pas notre discours. Nos clients sont des bailleurs, des locataires, des relocataires. Tous les parcours résidentiels sont différents. Certains aspirent à la propriété, d’autres non. Et l’on constate que dans ce parcours résidentiel, propre à chacun, il n’y a pas pour l’heure de réelle liberté. Bien que pour tous, le premier poste de dépense reste le logement. Il faut faire des choix, permettre et renforcer les passerelles. Mais nous sommes aussi conscients d'une autre réalité : au-delà du strict mal-logement, il existe une minorité, voire une majorité silencieuse : ceux qui sont logés, mais ne le sont pas bien : ces familles qui vivent dans des appartements qui ne sont pas insalubres, mais sont trop petits, par exemple. Pour tous ceux là il faut agir dans l’urgence.

En toile de fond, on retrouve dans vos propositions de construire davantage. Ne serait-ce pas le maître-mot de la crise ?

Bernard Cadeau : Bien entendu. Il faut que les politiques publiques impulsent la construction, céder le foncier disponible aux promoteurs. Il est urgent de récupérer le foncier et de construire massivement, mais aussi de ne pas déconsidérer l’ancien, qui est un véritable gisement de stocks et qui de surcroît créé autant d’emploi que le neuf. Qui plus est, les délais d’instruction des permis de construire sont bien trop long : ils peuvent prendre 3 ou 4 ans. Economiquement, cela n'a pas de sens...

Il est également question de « simplifier » et « ralentir l’inflation normative »…

Bernard Cadeau : En effet, en 15 ans, il y a eu pas moins de 6 mesures différentes, dont certaines étalent leur application sur 6 et 9 ans. Il y a en effet tellement de normes que plus personne ne s’y retrouve. Les particuliers, bien sûr, mais aussi les maires de certaines communes non plus, tant les procédures sont complexes. Nous souhaitons qu’il soit fait dans un premier temps un inventaire de ces normes, mettant en évidences les systèmes obsolètes et ceux qui ne le sont pas. Il faudrait de même renforcer la concordance entre ces différentes règles. Les systèmes doivent être simplifiés, afin d’être audibles et compréhensibles de tous. Un exemple : lors de la publication du décret sur la réduction des plafonds du Scellier, les particuliers étaient perdus, ne savaient plus lesquels s’appliquaient.

Enfin, le marché immobilier est chahuté actuellement : les différents acteurs parlent de baisses des prix, des ventes... Votre sentiment pour cette année ?

Bernard Cadeau : Nous constatons une baisse des volumes de ventes, qui devrait sans doute se traduire par une baisse d'activité de l'ordre de 10 à 12 % cette année. Quant aux prix, sur la France entière, il y aura certainement des baisses. Mais nous ne prévoyons pas pour autant de retournement du marché.

Propos recueillis par Léo Monégier - ©2016 LaVieImmo
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  • 0 Reco 19/04/2012 à 23:15 par Gironimmo

    Les arguments sont fallacieux
    Et Doze est d'une grotesque grossièreté
    .

  • 0 Reco 19/04/2012 à 23:15 par Gironimmo

    Des vidéos de propagande anti immobilier
    Pourquoi ? Pour qui ? En cette période d'élections cela sans la manipulation pour faire croire aux français que le problème du logement est réglé .

  • 0 Reco 16/04/2012 à 09:30 par Manu

    Deux videos très instructives (Nicolas Doze) sur BFM TV. Et on ne peut pas vraiment dire que les invités sur le plateau soient des benets ;)
    http://www.acturank.com/a rticle11305.html

  • 0 Reco 12/04/2012 à 17:40 par antoine

    "c'est que le secteur du BTP met énormément de temps à sortir un immeuble de terre, à croire qu'ils font le béton à la main!"

    FAUX!!

    Cest pas ca qui prend le plus de temps: ce sont les proprios qui veulent pas baisser leur prix de terrains, surévalués, ce sont les mairies qui font du zele, refusent les permis et font du chantage aux promoteurs pour que ces derniers leur filent une partie de leur marge pour refaire un cloché d'eglise par exemple, et surtout, ce sont les voisins, les gens comme vous et moi, qui font des recours dans tous les sens pour faire retarder les travaux, ainsi que les associations d'ecologistes!

    et je ne parle pas de toutes les servitudes à la cons, souvent oubliées par les notaires qui ne font pas leur boulot correctement...

    Le gros probleme de l France, cest toute la partie chiante AVANT la construction, qui fait tout trainer voire capoter!

  • 0 Reco 12/04/2012 à 17:37 par antoine

    "c'est que le secteur du BTP met énormément de temps à sortir un immeuble de terre, à croire qu'ils font le béton à la main!"

    FAUX!!

  • 1 Reco 12/04/2012 à 15:02 par Le problème

    c'est que le secteur du BTP met énormément de temps à sortir un immeuble de terre, à croire qu'ils font le béton à la main!
    Mais ils sont pas aidé non plus, car avec 200000 nouveaux immigrés par ans, y a beau construire chaque année, ce sera toujours la chienlit

  • 0 Reco 12/04/2012 à 11:11 par hé-hé

    Construire où ? A Paris et RP ? Comme d'habitude fausse solution au vrai problème. Et le vrai problème c'est qu'il n'y a pas d'offre d'emploi dans les régions. Développez la province et la région parisienne va se désengorger toute seule. Mais personne n'a intérêt à ça donc la galère va continuer encore et encore !..

  • 1 Reco 12/04/2012 à 10:59 par promo

    Evidemment qu'il faut construire ! mais avec quels sous ?

  • 0 Reco 12/04/2012 à 10:55 par Internaute

    Pour un agent immo reconnaitre un retournement du marché immo c'est comme se couper un bras

  • 0 Reco 12/04/2012 à 09:59 par Internaute 2

    A chaque année électorale, un tassement des prix est observé lié directement aux élections.

    Au lieu de sortir des inepties d'il y a des dizaines d'années, il suffit déjà de se rappeler ce que sont les années électorales.

    Celle-ci est complètement normale et déjà prévue comme telle.

    Si les intervenants sont des "professionnels", lire leurs commentaires démontrent qu'il y a de très grosses lacunes éducatives et de formations.

    Effarant..!!!

  • 0 Reco 12/04/2012 à 09:47 par Internaute

    Il a fallu 18 mois aux agents immo en 1991 pour reconnaitre un retournement du marché (BFM Business en a parlé hier) alors je me doute bien qu'ORPI ne va pas tuer son Business en annonçant à tout le monde que c'est pas le moment d'acheter et qu'il vaut mieux attendre 2 ou 3 ans que les prix baissent....


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