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InterviewInterviewvendredi 6 mai 2011 à 16h27

Immobilier : "Il y aura de plus en plus de marchés en baisse"


Me Pierre Bazaille, président de l'INI
Me Pierre Bazaille, président de l'INI
Me Pierre Bazaille, président de l'INI (©dr)

« L’érosion du pouvoir d’achat » et « le durcissement des conditions d’octroi de crédit » des banques devraient continuer de peser sur le marché immobilier au cours des prochains mois, selon Maître Pierre Bazaille, président de l'Institut notarial de l’immobilier. Le nombre de « micro-marchés » touchés par la baisse des prix pourrait doubler d’ici la fin de l’année.

(LaVieImmo.com) - En marge de la présentation de leurs chiffres définitifs pour 2010, les Notaires de France ont révisé leurs prévisions pour l’exercice en cours en nette baisse. Que s’est-il passé depuis le mois de février pour justifier un tel ajustement ?

Pierre Bazaille : Nous avons simplement adapté nos estimations en fonction de ce que nous avons pu constater de l’état du marché depuis le début de l’année. Outre la tendance à l’érosion du pouvoir d’achat des ménages, le durcissement des conditions d’octroi de crédit de la part des banques, notamment en matière de taux, a pesé sur la demande plus fortement que nous l’avions anticipé. Rien n’est dit officiellement, mais il ne fait guère de doute que les établissements de crédit, récemment appelés à la vigilance par Christian Noyer [le gouverneur de la Banque de France, NDLR], ont à cœur de ne pas prendre de risque inutile. Même si les banques françaises sont traditionnellement prudentes, cela a des conséquences en termes de solvabilité. Par ailleurs, nous sommes convaincus que le débat qui a eu lieu en début d’année autour d’une possible taxation des plus-values immobilières réalisées sur la vente d’une résidence principale a refroidi un nombre important de ménages. Pour l’ensemble de ces raisons, nous avons adopté un ton beaucoup plus prudent…

Vous n’excluez plus une baisse des prix sur les marchés « gagnés par une certaine morosité en raison de la baisse du pouvoir d’achat » des acquéreurs. Pouvez-vous être plus précis ?

Pierre Bazaille : On parle de « marché immobilier » par facilité, mais si on veut être exact, il faut raisonner en termes de micro-marchés locaux. Très locaux même, puisqu’on observe parfois, au sein d’une même ville, des différences très importantes entre deux quartiers limitrophes. A l’heure actuelle, les prix sont orientés à la baisse sur environ un cinquième de ces micro-marchés. Compte tenu des facteurs que nous venons d’évoquer, il n’est pas impossible que cette proportion soit multipliée par deux d’ici la fin de l’année. Il nous est difficile d’être plus précis : nous ne dressons pas des prévisions mais des estimations, que nous révisons régulièrement au gré de nos observations sur le terrain.

Quelles sont ces estimations pour Paris ?

Pierre Bazaille : Il semble que les prix de l’immobilier à Paris intra-muros devraient connaître, en moyenne, une augmentation à deux chiffres sur l’ensemble de l’année. Quelle sera l’ampleur exacte de cette progression… nous ne sommes pas, encore, en mesure de le dire.

L’année dernière, le secrétaire d’Etat au Logement, Benoist Apparu, a chargé les Notaires de mettre au point un indice des prix de l’immobilier de référence, basé sur les avant-contrats de vente. Où en êtes-vous de l’élaboration de cet indicateur ?

Pierre Bazaille : Nous progressons ! La difficulté vient du fait que, contrairement aux chiffres définitifs que nous publions chaque trimestre, les données issues des avant-contrats ne sont pas exhaustives. Nous avons donc mis au point un modèle statistique nous permettant de faire des estimations au plus près de la réalité du marché. Bien évidemment, nous ne communiquons sur ces estimations qu’après nous être assurés de leur fiabilité. Aujourd’hui, nous sommes au point pour un total de neuf villes de plus de 150 000 habitants [Lille, Orléans, Tours, Lyon, Marseille, Bordeaux, Nantes, Brest et Rennes, NDLR]. Soit trois de plus qu’en décembre dernier. Ce nombre va continuer de progresser au fil des mois, et nous aurons rempli notre mission à la fin de l’année prochaine. Nous serons alors en mesure de donner une indication fiable de l’évolution des prix de l’immobilier en France, en temps réel.

Propos recueillis par Emmanuel Salbayre - ©2016 LaVieImmo
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  • 0 Reco 13/05/2011 à 12:16 par RIXEL

    Les notaires sont une profession d'ancien régime qui devraient disparaitre...je le disais déja pour les AVOUES et à l'époque on m'avançait des tas d'arguements pour dire qu'ils étaient nécessaires....Finalemen t, les AVOUES vont disparaitre.............. .alors, à quand les NOTAIRES ?

  • 0 Reco 12/05/2011 à 22:21 par Johan

    Incroyable , il faudra près de 2 ans aux notaires de France pour mettre en place un modèle statistique visant à déterminer les prix du marché selon les prix des compromis de vente et non plus selon ceux des ventes définitives. A l'heure actuelle les indices données ont au minimum un trimestre de retard (sans intérêt ni valeur pour un marché en évolution comme l'est le marché parisien par exemple). Un analyste boursier aurait fait ça en 12 minutes !! Quelle lenteur, quelle mollesse, quelle poussière sur les épaules des notaires de France incapables d'être vifs et réactifs.


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