Interview
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InterviewInterviewlundi 4 avril 2011 à 09h30

Immobilier : "Les emprunteurs ont besoin d'être rassurés"


Jérôme Robin, président du courtier en crédit immobilier VousFinancer.com
Jérôme Robin, président du courtier en crédit immobilier VousFinancer.com
Jérôme Robin, président du courtier en crédit immobilier VousFinancer.com (©dr)

Emprunter ferait peur. Un sondage Ifop réalisé pour le courtier VousFinancer.com montre que près des deux tiers des Français trouvent que le crédit immobilier est « compliqué » (65 %). Une part plus importante encore (86 %) le juge « cher », tandis que près de la moitié d’entre eux (49 %) vont jusqu’à le qualifier de « dangereux »... Nous avons demandé à Jérôme Robin, président de VousFinancer.com, de commenter ces résultats.

(LaVieImmo.com) - Cette mauvaise image dont le crédit immobilier semble souffrir auprès du grand public vous étonne-t-elle ?

Jérôme Robin : Que le crédit immobilier soit vu comme quelque chose de compliqué, cela ne me semble finalement pas très étonnant : le contrat de crédit est un acte juridique fort, qui engage celui qui le signe sur une durée parfois très longue, et qui requiert une connaissance de certains mécanismes financiers délicats à appréhender pour le profane. En revanche, je comprends moins qu’une part aussi importante des sondés le perçoivent comme « un produit cher »… Les taux d’intérêt ont fortement baissé jusqu’à l’automne 2010, et ils se maintiennent, aujourd’hui encore, à un niveau historiquement bas… Suffisamment bas, en tout cas, pour que le gouverneur de la Banque de France [Christian Noyer, NDLR] se soit récemment inquiété de la faiblesse des marges pratiquées par les établissements de crédit sur les prêts immobiliers ! Je crains que les personnes interrogées ne fassent l’amalgame entre le coût effectif du crédit et leur capacité d’achat, souvent compromise par la forte hausse des prix de l’immobilier…

Le sondage montre également que le crédit est considéré comme un produit « dangereux »…

Jérôme Robin : C’est peut-être ça le plus étonnant… Je pense que les gens ont été frappés par les images de la vague de saisies de logements qui a touché les Etats-Unis de plein fouet après la crise des subprimes. Il faut rappeler que cette pratique n’a pas eu cours en France, et que les saisies de logements sont restées un phénomène très rare, même pendant la période difficile de 2008-2009.

Quels enseignements retirez-vous de ce sondage ?

Jérôme Robin : Que les emprunteurs ont besoin d’être rassurés. La recherche du meilleur taux ne suffit plus, il faut accompagner les candidats à l’accession dans leur projet immobilier, les aider à trouver la meilleure manière de le financer... Cela va d’ailleurs dans le sens d’une progression de la part de marché des courtiers en crédit immobilier, qui représentent déjà un quart du marché. Notre sondage montre que 17 % des emprunteurs s’adressent directement à un courtier sans passer au préalable par une banque. Sur les 83 % restants, on estime qu’une bonne trentaine finit par faire appel à un courtier dans un second temps. Cette part est appelée à progresser : la profession est encore très jeune, et une réglementation est en train de se mettre en place, dans la lignée du rapport Deletré II [sur le contrôle du respect des obligations professionnelles à l'égard de la clientèle dans le secteur financier, NDLR].

Propos recueillis par Emmanuel Salbayre - ©2016 LaVieImmo
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  • 0 Reco 05/04/2011 à 00:07 par Analyste

    Pas de pénurie en IdF : année 2010 = année record en nombre de vente !
    encore un argument de commercial ! Il y a eu plus d'acheteurs, par la peur et les taux bas motivés, voilà tout. Pour faire baisser les prix, suffit de pénaliser les investisseurs : plus de déductibilité des intérêts pour les acquisitions à but locatif en zone tendue, obligation d'apport personnel à 40% pour les investissements locatifs et imposition des PV à 41 % + CSG : ils fuiront tous et Paris redeviendra Paris, sans ces idiots qui investissent pour du locatif dans 20 m2.

  • 0 Reco 04/04/2011 à 12:28 par UFFA92

    Comme Kinder, je pense que le "crédit pas cher" a fortement contribué à la hausse des prix de l'immobilier ces dernières années, en créant plus de demandes dans un marché qui est un marché de pénurie dans certaines régions. Ce marché s'auto-alimente par les nouveaux acquéreurs qui ont dû allonger la durée d'endettement pour compenser l'augmentation des prix, cette augmentation s'alignant sur la capacité d'emprunt maximum des acheteurs. On est peut-être en train de vivre un retournement puisque avec l'augmentation des taux d'intérêts, la solvabilité des emprunteurs devient moindre et que la durée d'endettement est déjà au maximum. En bonne logique, les prix devraient s'aligner à la baisse pour compenser la nouvelle capacité d'emprunt des acheteurs. Peu de professionnels s'engagent dans cette voie car reconnaitre que "l'immmobilier celà peut baisser" n'est pas le langage habituel de cette profession, qui, quelque soit la situation, affirme que "c'est le moment d'acheter". Alors, nous avons droit à des conseils pour gagner quelques euros (comme sur l'assurance) mais le message est toujours le même : dépechez vous d'acheter ce sera pire dans quelques mois...

  • 0 Reco 04/04/2011 à 11:16 par midève

    " Les emprunteurs ont peur"? Arrêtons d'avoir peur de notre ombre, surtout pour un tel sujet. Que nous ayons peur du nucléaire, des ogm et de la Corée du Nord, de la pugnacité de la Chine, on comprend mais peur du crédit immobilier?
    Qu'il soit trop compliqué? Nos cerveau seraient-ils ramollis à ce point?
    Arrêtons de faire passer les Français pour des couards et des imbéciles!

  • 1 Reco 04/04/2011 à 10:10 par kinder

    "Je crains que les personnes interrogées ne fassent l’amalgame entre le coût effectif du crédit et leur capacité d’achat, souvent compromise par la forte hausse des prix de l’immobilier"
    Pas un amalgame : les deux sont corrélés : c'est la poule et l'oeuf, l'augmentation des prix a été financée par l'augmentation des durées d'endettement (+ 100 % en 10 ans) et la baisse des taux (-80% en 10 ans). Cela s'appelle une bulle de crédit.


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