Interview
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InterviewInterviewmardi 8 mars 2011 à 17h26

Immobilier : "Paris en a fini avec les hausses de prix généralisées"


Sébastien de Lafond, PDG de MeilleursAgents.com
Sébastien de Lafond, PDG de MeilleursAgents.com
Sébastien de Lafond, PDG de MeilleursAgents.com (©dr)

Sébastien de Lafond est président directeur général de la société MeilleursAgents.com, qui publie tous les mois un indice des prix immobiliers à Paris et en Île-de-France. Pour LaVieImmo.com, il dresse le portrait d’un marché toujours orienté à la hausse, mais qui pourrait bien amorcer une phase de retournement.

(LaVieImmo.com) - Vous évoquez un début de baisse des prix de l’immobilier en Île-de-France, mais la dernière note des Notaires fait état d’une hausse record…

Sébastien de Lafond : La situation est comparable à celle qu’on avait déjà connu début 2009 : il avait fallu plusieurs mois aux Notaires pour rendre compte d’une baisse de prix que notre baromètre avait pressenti dès l’automne 2008. Les chiffres publiés la semaine dernière par la Chambre des Notaires de Paris-Île-de-France portent sur les ventes réalisées au quatrième trimestre 2010, sur la base de promesses signées au troisième trimestre. Nous restons dans notre rôle de vigie, de veille, en essayant de décrire les mouvements du marché immobilier au plus proche de leur réalisation. Les évolutions que nous avons observées depuis le début de l’année devraient, logiquement, apparaître dans la prochaine publication des Notaires…

La baisse de prix que vous observez en Seine-Saint-Denis (-2,6 % en janvier) et dans le Val-de-Marne (-0,4 %) annonce-t-elle un retournement plus global ?

Sébastien de Lafond : Il est trop tôt pour parler de retournement, même dans ces deux départements, où nous observons effectivement une baisse de prix depuis quelques mois. Quelque chose est en train de se passer, c’est certain, mais rien ne permet encore de dire si nous faisons face à un mouvement durable, et encore moins à une tendance en passe de se généraliser. Pour le moment, la baisse est circonscrite aux deux départements de la petite couronne où les revenus des ménages sont les plus faibles d’Île-de-France. Ceux, donc, où la forte hausse des prix de ces derniers mois était devenue le plus difficile à suivre, et où la remontée des taux d’emprunt a été le plus durement ressentie.

Il n’est donc pas exclu, si la hausse des taux se poursuit, que la tendance s’inverse dans les départements limitrophes…

Sébastien de Lafond : En théorie, rien n’est exclu… Tout dépendra de l’ampleur de la hausse des taux et de la capacité des ménages à l’absorber. A court terme, une baisse de prix reste improbable dans les Hauts-de-Seine, où les revenus sont en moyenne deux fois plus élevés que dans le Val-de-Marne… L’équilibre est plus fragile dans la grande couronne, à l’exception peut-être de l’est des Yvelines, qui jouxte les Hauts-de-Seine.

Une baisse de prix est-elle envisageable à Paris ?

Sébastien de Lafond : Ce qui caractérise Paris, plus encore que le reste de la région Île-de-France, c’est le déséquilibre entre une demande de logements très forte et une offre de biens limitée. Une poursuite de la hausse des taux réduirait mécaniquement le nombre d’acheteurs potentiels, mais le décalage entre l’offre et la demande est tellement fort, qu’il n’est pas certain que cela aurait des effets notables en termes de prix. Cela étant dit, on commence à voir, dans les quartiers les moins attractifs, certains biens qui ne partent plus aussi facilement qu’avant. Des biens de moindre qualité, qui ont été mis en vente à un prix trop élevé, et restent plusieurs semaines sur le marché. C’est la preuve que même à Paris, les acheteurs ne sont plus prêts à tout. Je n’irais pas jusqu’à dire que c’est un signe de retournement du marché parisien, mais certainement que c’est la fin de la période de hausse généralisée.

Propos recueillis par Emmanuel Salbayre - ©2016 LaVieImmo
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  • 0 Reco 10/03/2011 à 22:04 par allolaterre

    ...mais le décalage entre l’offre et la demande est tellement fort...
    Monsieur de Lafont fait semblant d'oublier qu'en 2008Q4 le volume de vente à Paris s'est effondré de 30% en un trimestre. Le marché n'est pas alors reparti à cause d'un "décalage" offre-demande mais parce que l'argent a coulé à flot lors des plans de relance. Mais les plans de relance ne se reproduiront pas: one single shot.

  • 3 Reco 10/03/2011 à 15:02 par copleboss

    Bouarf quand on voit comment ont explosé les matieres premieres et les couts de main d'oeuvre dans la construction neuve, je me demande comment certains peuvent espérer une quelconque baisse des prix...

  • 3 Reco 09/03/2011 à 21:17 par bulle

    au risque d'exaspérer tous ceux qui attendent une baisse de l'immobilier , je suis désolé de leur annoncer qu'ils ne peuvent espérer au mieux qu'une stabilisation des prix . Les seules choses qui ont de la valeur dans notre bas monde est ce qui est rare et utile : peu de biens au final répondent à ces deux critères. pas l'or pas le diamant qui sont rares amis peu utiles ; pas les voitures ou les objets électroniques qui sont certes utiles mais que l'on fabrique tant qu'il y a de la demande . L'immobilier au contraire présente ces atouts .... et quand il est bien placé il ne faut pas s'étonner qu'il s'envole

  • 0 Reco 08/03/2011 à 19:18 par midève

    Laisse aller c'est une valse! Un pas devant; un pas en arrière et l'on tourne. Hausse, bulle, baisse, haut, bulle, baisse etc.

  • 0 Reco 08/03/2011 à 18:58 par newlookimmo

    et si on parlait de l'immobilier dans son ensemble,donc à travers aussi de ses provinces....merci d'avance.


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