Interview
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InterviewInterviewvendredi 17 septembre 2010 à 12h56

"Jeudi Noir mise tout sur l'aspect médiatique de son action"


Maître François Améli
Maître François Améli
Maître François Améli (©dr)

Maître François Améli est avocat au Barreau de Paris. Il représente Béatrice Cottin, dont la propriété située Place des Vosges est « squattée » par le collectif Jeudi Noir depuis plus d’un an. Il revient pour LaVieImmo.com sur cette affaire, qui a trouvé son point d’orgue dans la proposition de la Cour d’appel de Paris de mettre en place une médiation entre les parties. Une décision qui pourrait constituer un précédent de poids pour le logement sans titre, et plus largement le droit de propriété.

(LaVieImmo.com) - La Cour d’appel de Paris vient de demander une médiation entre le collectif Jeudi Noir et votre cliente. Cette proposition vous satisfait-elle ?

Maître François Améli : Sur ce point, il ne me revient pas de faire un commentaire. La question a été transmise au juge des tutelles, qui décidera de l’opportunité de cette mesure ou non. Madame Cottin a en effet été placée sous la protection tutélaire, du fait de son grand âge [88 ans, NDLR] et de divers problèmes de santé.

Que va-t-il se passer après la médiation?

Maître François Améli : A l’issue de la médiation, le collectif devrait se soumettre, mais cela n’est toutefois pas une chose acquise. Rétrospectivement, une décision d’expulsion avait été prise, et était exécutoire depuis le 26 janvier 2010. Légalement, si elle n’est pas exécutée, la préfecture intervient en apportant si besoin le concours de la force publique. Dans notre cas, l’Etat est resté inactif. Où va-t-on si les décisions de justice n’ont plus de valeur ? Les occupants ont de plus été condamnés à verser 25 000 euros, mais comme ils sont insolvables, ce sont les contribuables qui finissent par payer. Enfin, je note qu’il y a deux poids deux mesures : le collectif avait déjà occupé par le passé un appartement boulevard Malesherbes. Celui-ci avait été évacué sans difficulté. Aujourd’hui, l’aspect médiatique ne nous est pas favorable, mais bénéficie aux occupants, qui sont dans une impasse, et ne font que « surfer » sur cette vague.

Le logement de Madame Cottin serait resté inoccupé pendant 45 ans. Pourquoi tant de temps ?

Maître François Améli : C’est un fantasme ! Jamais l’immeuble n’est resté inoccupé pendant toute cette période. On le voit bien dans les reportages qui ont été réalisés sur cette affaire. On voit dans une séquence une étudiante se faire du café dans une cuisine entièrement rénovée. L’immeuble a fait l’objet d’une restauration complète, les travaux ayant eu lieu entre 1972 et 2007. Il y n’y a eu de latence qu’entre 2007 et 2009, date à laquelle ma cliente était convalescente. Et avant cela, de 1963 à 1972, madame Cottin a été victime d’une longue procédure relative à sa succession.

Quel est l’état d’esprit de la propriétaire ?

Maître François Améli : Elle est prise en otage. Il faut espérer que cet hôtel particulier ne devienne pas un symbole, mais je ne suis pas très optimiste quant à cela. Personne ne pense à rappeler qu’il s’agit d’une dame de 88 ans, et que ce n’est pas en occupant de force son bien que l’on règlera le problème du logement en France. Je tiens à dire qu’elle a par ailleurs eu quatre AVC depuis le début de cette affaire, et que s’il lui arrive un malheur prochainement, on saura à qui c’est dû. On a tout entendu dans la presse : qu’il s’agit d’une personne « atypique », « peu pragmatique », mais c’est avant tout une personne en grand âge et sans liquidités. Car bien que propriétaire, elle a en est venue à vendre ses biens pour pouvoir couvrir les frais de sa maison de retraite. Nous espérons qu’elle pourra au plus vite retourner chez elle.

Propos recueillis par Léo Monégier - ©2016 LaVieImmo
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  • 1 Reco 18/09/2010 à 11:15 par klanch

    A bas les squatters !

  • 0 Reco 17/09/2010 à 20:05 par Le colonel

    Moi je suis d'acc avec Maître Capelli.
    Y'en a marre de tous ces beatnik, il faut les coller au trou pour l'exemple !

  • 0 Reco 17/09/2010 à 19:35 par julien

    Cher Maître François Améli,

    Pour retrouver un peu de liquidité, cette pauvre madame Cottin ne pourrait-elle pas vendre un autre hôtel particulier qu'elle possède encore à Paris ? Cela lui permettrait de finir ses travaux qui ont donc duré 35 ans à vous entendre.

    Ha la la, le bâtiment n'est plus ce qu'il était !


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