Interview
LaVieImmo.com
InterviewInterviewmercredi 4 mai 2011 à 11h35

"L'image du photovoltaïque français est ternie"


Jean-Louis Bal, président du Syndicat des énergies renouvelables
Jean-Louis Bal, président du Syndicat des énergies renouvelables
Jean-Louis Bal, président du Syndicat des énergies renouvelables (©dr)

Jean-Louis Bal, président du Syndicat des énergies renouvelables (SER), revient sur la politique du gouvernement en matière de développement durable. Un bilan en demi-teinte, surtout sur la question photovoltaïque, qu'il estime « chaotique ».

(LaVieImmo.com) - Le SER a fait la semaine dernière un bilan global du Grenelle de l’environnement. Nicolas Sarkozy se targue d’avoir rendu possible le « très fort développement des énergies renouvelables » en France, dans une plaquette intitulée « 4 ans d’action ». Mais vous ne semblez pas de cette opinion…

Jean-Louis Bal : Sur le dossier des énergies renouvelables, le bilan est contrasté : c’est un peu le verre à moitié vide. L’objectif français de porter la contribution des énergies renouvelables à 20 millions de tonnes équivalent pétroles en 2020 doit être revu à la baisse. Car après analyse, nous n’arriverons à atteindre à cette date que 13 millions. Ce n’est pas un mauvais résultat, mais c’est moins bon qu’attendu.

Sur le photovoltaïque, comment jugez-vous l’action du gouvernement ?

Jean-Louis Bal : La gestion du photovoltaïque a été chaotique. Les tarifs de rachat de l’électricité produite étaient trop hauts, puis ont baissé très rapidement après le moratoire de trois mois institué par le gouvernement au début de l’année [celui-ci portant sur les installations de plus de 3 KW, NDLR]. En termes de puissance installée, les objectifs devraient toutefois être bons en 2011. Mais par la suite, cela risque d’être plus difficile pour la filière, l’Etat ayant décidé de limiter la progression du parc photovoltaïque à 500 MW par an. Qui plus est, une partie de cet objectif dépend entièrement de la mise en place d’appels d’offres, cela va contribuer à en rendre la réalisation incertaine. Cette décision risque d'avoir un impact dommageable pour les professionnels.

Et pour les particuliers ?

Jean-Louis Bal : Ils n’ont pas été touchés par le moratoire. Mais on note tout de même une chute de 60 % du marché. Il semble que ce soit la confiance des particuliers qui ne soit plus au rendez-vous. Tant dans la parole de l’Etat qu’envers les installateurs. La communication du gouvernement a contribué à ternir l’image du photovoltaïque en France.

Après l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima, ne vous attendez-vous pas à des « retombées » positives sur le secteur ?

Jean-Louis Bal : Il est probable que l’image négative du nucléaire en ce moment conduise à revaloriser celle des énergies renouvelables. Nous n’avons pas encore observé un tel phénomène. Mais c’est n’est qu’à terme que nous pourrons le constater ou non.

Que comptez-vous faire, alors que les présidentielles approchent ?

Jean-Louis Bal : Nous allons rédiger un « livre blanc », dans lequel nous proposerons de nouvelles mesures. Par exemple, nous demandons la révision à la hausse les objectifs du Grenelle de l’environnement, d’atténuer les contraintes administratives très lourdes pour l’éolien, ou encore de renforcer le Plan bâtiment grenelle. Par ailleurs, les résultats décevants de l’éco-PTZ nous conduisent à demander de renforcer son caractère incitatif, ainsi que de rendre les crédits d’impôts plus attractifs.

Propos recueillis par Léo Monégier - ©2016 LaVieImmo
Donnez votre avis
Vous devez être enregistré pour pouvoir poster sur cet article
(il vous reste 2000 caractères)

  • 0 Reco 05/05/2011 à 09:49 par Franck

    J'adhère tout à fait au message laissé par Laurent, les erreurs du gouvernement se traduisent par les dépôts de bilan des professionnels qu’ils aient travaillé de façon parfaite ou discutable d'ailleurs. En effet, les tarifs actuels pour les projets supérieurs à 3 kWc ne sont pas très attrayants, ils n'incitent que les véritables "verts" et ils sont plutôt rares. Les particuliers eux, bien que le tarif de rachat et le crédit d’impôt soient équitables ont été dissuadés par la presse qui nous a montré à maintes reprises des clients mécontents de leur achat. L'information c'est d'être impartial et il faudrait aussi montrer les milliers de clients satisfaits. Installateurs photovoltaïque ne veut pas nécessairement dire "voleur ou arnaqueur". Autre point, on a pu entendre que que les clients edf payaient pour ceux qui ont des panneaux sur le toit au travers de la taxe CSPE alors que la cours des comptes a noté que la part du photovoltaïque baissait d'année en année. Avec ce genre de désinformation, les voisins se regardent de travers et refusent d'investir. Pour finir, avec les nouvelles décisions, même les entreprises sérieuses ayant 15 ans d'expérience en photovoltaïque souffrent, c'est n’importe quoi.

  • 1 Reco 04/05/2011 à 18:36 par Laurent

    Les professionnels du photovoltaïque sont en train de mourir a petit feu. Les changements incessant ont conduit les entreprises a devoir changer tout les 3 mois de clientèle, tantot particulier, tantot professionnel. Le moratoire bloquant notre activité de Décembre 2010 à mars 2011 a porté un coup fatal pour une première partie des installateurs. Après le moratoire, aujourd'hui c'est les banques qui ne financent plus les projets. Ma société Nouvelles Energies existant depuis septembre 2005, spécialisé dans le solaire Thermique et photovoltaïque dépose le bilan cette semaine. Merci pour cette vision très détaché des choses, cette incompétence notoire avec des changements de politique tout les 3 mois, faisant capoter les projets soit particulier soit professionnel. C'est une politique hallucinante, stupide et destructrice que ce gouvernement à mené sur la question du photovoltaïque. Mais les conséquences, c'est nous chef d'entreprise, père de famille, qui les payons, en ce qui me concerne en perdant ma maison....

  • 0 Reco 04/05/2011 à 13:32 par JacquesB

    Tarif de rachat résidentiel = moins 20% aprés le moratoire !


En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez nos CGU et l'utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d'audiences et vous proposer une navigation optimale, la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux ainsi que des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies...