Interview
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InterviewInterviewlundi 7 juin 2010 à 16h00

"L'immobilier est dans une phase de reprise en douceur"


Vincent Desruelles
Vincent Desruelles
Vincent Desruelles (©dr)

Vincent Desruelles est chargé d’études pour le cabinet Xerfi. Pour LaVieImmo.com, il revient sur les conclusions d’une étude publiée au début du mois de juin, dans laquelle il annonce la fin de la baisse des prix de l’immobilier ancien en France.

(LaVieImmo.com) - Dans une étude publiée au mois de septembre dernier, Alexandre Mirlicourtois, directeur des études économiques de Xerfi, anticipait une baisse de 5 % des prix de l’immobilier ancien cette année. Vous annoncez un maintien des prix. Comment expliquez-vous cette différence d’appréciation ?

Vincent Desruelles : Plusieurs changements ont eu lieu depuis la publication de notre dernière étude. Tout d’abord, les taux immobiliers ont continué de baisser fortement depuis l’automne, soutenant la demande de logements. L’assouplissement des critères d’octroi de crédit aux ménages, tel que révélé par les enquêtes de la Banque de France, a eu des effets similaires. Compte tenu par ailleurs de la tendance à la stabilisation des prix observée par les Notaires de France depuis le troisième trimestre, nous avons revu nos estimations. Pour 2010, nous n’anticipons plus qu’une baisse de 0,5 % des prix pour un total de 600 000 mutations, en hausse d’un peu moins de 2 % par rapport à l’année dernière. En 2011, les prix devraient être stables, voire en très légère hausse, tandis que les transactions devraient progresser d’environ 2,5 %.

Selon vous, la baisse est donc bel et bien terminée…

Vincent Desruelles : Le marché a entamé une phase de reprise, et celle-ci se fera en douceur. Les ventes de logements anciens ne devraient renouer avec le seuil des 700 000 qu’à l’horizon 2015. Soit un niveau équivalent à celui de la fin des années 1990, mais inférieur aux 800 000 transactions enregistrées en 2007.

Comment expliquez-vous cette reprise, à un moment où l’environnement économique semble encore très fragile ?

Vincent Desruelles : Le pays est sorti de la récession et devrait connaître plusieurs années d’une croissance économique molle. Les signes de la crise sont encore visibles, avec un taux de chômage élevé, une sous-utilisation des capacités de production, et une consommation encore affectée. Pourtant, le marché immobilier ne va plus baisser. Non seulement les fondamentaux du marché - entre le faible taux de propriétaires et une offre de logement largement insuffisante - sont favorables, mais les facteurs que nous venons d’évoquer, comme le faible niveau des taux d’emprunt, vont le soutenir.

Ne craignez-vous pas une remontée des taux ?

Vincent Desruelles : Une légère hausse n’est évidemment pas exclue. Mais même si les taux remontent, ils resteront à un niveau suffisamment bas pour solvabiliser les candidats à l’accession. Par ailleurs, il ne faut pas oublier que les banques ont reconstitué leurs marges, elles ont donc la possibilité de maintenir les taux à un niveau attractif, même en cas de remontée des taux longs.

Propos recueillis par Emmanuel Salbayre - ©2016 LaVieImmo
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