Interview
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InterviewInterviewvendredi 16 juillet 2010 à 16h30

"L'immobilier perpignanais reste convalescent"


Jacques Hébrard
Jacques Hébrard
Jacques Hébrard (©dr)

Jacques Hébrard est responsable de l’agence Laforêt Immobilier, dans le centre de Perpignan. Pour LaVieImmo.com, il décrit un marché encore à la traîne, et met les propriétaires en garde contre la tentation de pratiquer des prix trop élevés.

(LaVieImmo.com) - Comment se porte l’immobilier à Perpignan ? Jacques Hébrad : Mieux. Après un cru 2009 catastrophique, le marché a renoué au premier semestre avec un rythme de transaction un peu plus normal. Depuis le début de l’année, nous signons en moyenne huit transactions par mois. C’est quatre fois plus qu’à la même période de l’année dernière ! En termes de prix, en revanche, on reste sur des niveaux extrêmement bas…

C'est-à-dire ?

Jacques Hébrad : En moyenne, un T3 de 60 à 75 mètres carrés ne se vend pas s’il est mis en vente à plus de 130 000 euros. Pour une maison le seuil est à 200 000 euros. Au-delà, il est devenu très difficile de trouver des acquéreurs – ou alors des acheteurs vraiment très exigeants. Pour vous donner un ordre d’idée, les biens qui se vendaient à 220 000 / 230 000 euros avant la crise partent désormais à 170 000 / 175 000 euros. La décote est très importante.

Les vendeurs prennent-ils en compte ce changement ?

Jacques Hébrad : Ils sont bien obligés, s’ils veulent vendre… Les annonces récentes, dans la presse, selon lesquelles le marché immobilier français était reparti de l’avant, ont semé le trouble, incitant certains vendeurs à revoir leurs prétentions à la hausse. C’est très risqué : le marché va mieux, mais il est encore convalescent. Remonter son prix est le meilleur moyen de ne pas vendre son bien. D’ailleurs c’est très simple, si un client nous demande de relever le prix d’un bien en vente chez nous, nous lui rendons son mandat. Il est impossible de vendre trop cher.

Et les acheteurs ?

Jacques Hébrad : Ils sont beaucoup mieux renseignés qu’avant. Les particuliers qui s’adressent à nous savent ce qu’ils veulent, et ont une idée très précise de ce qui se vend et à quel prix. Pour autant, ils ne négocient pas de manière acharnée : leurs offres sont globalement conformes aux estimations que nous faisons avec les propriétaires. Les acheteurs sont à la recherche d’un logement, ils ne sont pas là pour faire des coups, comme ça a pu être le cas l’année dernière.

Pour terminer, quelle est la situation sur le marché de la location ?

Jacques Hébrad : Le stock de logements à louer est important, dans le neuf comme dans l’ancien. Comme toujours dans ce genre de situations, les locataires se retrouvent en quelque sorte dans une position de force, et sont devenus très exigeants sur les qualités des biens qu’ils visitent. En conséquence, les propriétaires qui n’entretiennent pas leur bien courent le risque de le voir rester inoccupé. Le problème est d’autant plus sensible qu’un grand nombre d’investisseurs en Scellier, ne parvenant pas à trouver de locataire, ont décidé de renoncer à l’avantage fiscal du dispositif pour mettre leur bien sur le marché de la location traditionnel – concurrençant directement les biens plus anciens.

Propos recueillis par Emmanuel Salbayre - ©2016 LaVieImmo
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