Interview
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InterviewInterviewlundi 13 septembre 2010 à 08h45

"L'incertitude règne sur tout le secteur du photovoltaïque"


Michel Boukris
Michel Boukris
Michel Boukris (©dr)

Michel Boukris est directeur de la société Solutions Solaires, une PME spécialisée dans le photovoltaïque. Il revient pour LaVieImmo.com sur un secteur « sous pression », particulièrement visé par le rabot sur les niches fiscales, et qui risque de faire l’objet d’une baisse de 50 % en moyenne de réductions d’impôt. Mais c’est surtout toute une filière qui est remise en question, après la publication d’un rapport qui voit en l’entreprise photovoltaïque un « risque financier majeur ». Explications.

(LaVieImmo.com) - Lavieimmo.com : Crédit d’impôt diminué, limitation de l’investissement ou augmentation de la TVA sont en vue. Quelles peuvent être les répercussions sur le marché ?

Michel Boukris : Le gouvernement a participé à créer de l’incertitude. Le mouvement a débuté avec la baisse des tarifs de rachat d’énergie photovoltaïque, de 12.9% sur les installations (hors les particuliers) par kilowatt heure avec un préavis de quelques jours, succédant à une baisse sur les tarifs professionnels en janvier. Est venu s'ajouter le projet de réforme sur la TVA, qui pourrait passer du taux réduit à 5,5 % pour les travaux de rénovation à 8 ou 12 %, qui ne nous facilitera pas la tâche, et enfin le rabot sur les niches fiscales. Sur ce dernier point, je ne suis pas contre le fait de permettre à l’Etat de réaliser des économies, mais j’estime simplement que la mesure est trop brutale, trop rapide.

Quid des consommateurs ?

Michel Boukris : En ce moment, le secteur est en proie à une grande instabilité : nous sommes confrontés à des consommateurs qui se posent trop souvent la question de savoir si l’achat de panneaux aujourd’hui leur permettra d’avoir le retour sur investissement escompté. En réalité, ils pourront bénéficier du crédit d’impôt si l’installation est achevée avant la fin de l’année. Je ne puis, là encore, que constater un manque de pédagogie qui ne peut que nuire à la filière.

Le rapport Charpin estime que la course « effrénée » au photovoltaïque pourrait nuire à l’économie. Qu’en est-il, selon vous ?

Michel Boukris : Je ne remets pas en doute ce rapport, mais je me pose toutefois la question de savoir sur quels chiffres on se fonde. Car si ce rapport dénonce une l’éventualité d’un surdéveloppement, non contrôlé, il y a différents stades dans une installation photovoltaïque. Il y a en premier lieu le dépôt de projet, qui peut déboucher dans certains cas sur un refus, puis l’installation en elle-même des panneaux, et enfin le raccordement par EDF. Le permis de travaux étant antérieur au raccordement, quelle est la méthodologie utilisée pour dénoncer la surchauffe ? Les demandes de raccordement ou les dépôts de projets ? Je n’ai pas la réponse. Je ne puis que constater que ce n’est pas la première fois qu’un secteur est accusé de « surproduction » ; il y a quelques, temps, le secteur éolien s’est vu privé d’une part de son parc sur ce fondement.

Êtes-vous optimiste quant à l'avenir de la filière ?

Michel Boukris : C’est une année difficile, mais qui aura été tout de même créatrice d’emploi. Le but étant d’être rentable à terme, on est en droit de se poser des questions sur une réforme qui promet une perte sèche de l’investissement, qui pourrait passer voir le crédit d’impôt baisser de 8 000 à 4 000 euros. Certaines PME pourraient avoir du mal à s’en relever. Le marché est de surcroît victime de disparités à l’échelle régionale : à Toulon, on peut produire 1 300 kWh/kWc [kilowattheure par kilowatt-crête] alors qu’à Paris, le niveau d’ensoleillement fait baisser la production à 950 kWh/kWc. Le marché -d’Ile-de-France étant par nature moins important que dans le sud, on peut donc s’attendre à des difficultés supplémentaires pour les entreprises. Enfin pour les projets de taille petite (inférieure à 250kwc) aucune indexation relative à l’ensoleillement n’a été fournie, ce qui favorise les plus gros acteurs et permet à la concurrence asiatique de prendre la part du lion dans le photovoltaïque en France.

Propos recueillis par Léo Monégier - ©2016 LaVieImmo
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  • 0 Reco 14/02/2011 à 08:58 par JO 38

    OUI...LE CREDIT D IMPOT CA C EST SUR EST PASSE DE 8000 EURO ...A 4000 EURO...ET TOC...LE 29 SEPTEMBRE ...SANS PUB....FILES D ATTENT BLOQUEES...VEXATIONS ADMINISTRATIVES..PERTES DE DOSSIERS....DOUBLEMENT DES FRAIS DE RACCORDEMENT...LOI NOME...OBLIGE...TOUTES LES VACHERIES ORDINAIRES ET EXTRAORDINAIRES.SONT UTILISEES...POUR DEGOUTER LES PERSONNES VOULANT.........CONTRIBUE R...AUX ENERGIES RENOUVELABLES.....merci EDF...ET LE GOUVERNEMENT...ON S EN SOUVIENDRA EN 2012....


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