Interview
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InterviewInterviewmardi 16 novembre 2010 à 12h27

"L'Unis préconise le compte unique des syndics depuis 20 ans"


Serge Ivars
Serge Ivars
Serge Ivars (©dr)

Serge Ivars est président de l’Union des syndicats immobiliers (Unis). Pour LaVieImmo.com, il revient sur les récents événements qui ont marqué la vie de la copropriété : de la polémique sur l'augmentation des charges à la prochaine loi sur les syndics. Sans parler des retombées de l'affaire Urbania, qui n'ont pas fini de faire parler d'elles...

(LaVieImmo.com) - Les chiffres publiés par l’Unis montrent une hausse des charges de 0,9 %. L’Association des responsables de copropriété (ARC), qui fait part d’une augmentation de 4 %, critique vos méthodes de calcul…

Serge Ivars : Notre observatoire est publié depuis plus de 20 ans, et est toujours élaboré sur les mêmes bases ainsi que sur un échantillon stable : 32 villes, 28 régions et près de 5 000 immeubles, représentant 180 000 logements. L’analyse des données est effectuée par Michel Mouillart, économiste sérieux, et dont les méthodes sont indiscutables. Nos chiffres montrent une hausse des charges de l’ordre de 0,9 % en 2009, sans aucune manipulation de notre part. Une moyenne a toujours quelque chose d’artificiel, il faut analyser les résultats par région et par catégorie d’immeubles. Il n’est pas utile de déclencher une polémique, en prétendant que nous « truquons » nos chiffres ; comme j’ai pu le lire ici ou là. C’est gratuit et cela ne fait pas avancer le débat. Je ne me permets pas de critiquer les chiffres des autres observatoires, et n’admets pas que l’on se permette de critiquer les nôtres sans la moindre preuve. Comparons nos référentiels avec ceux des autres, le résultat n’en sera que plus pertinent. Le débat en soi est intéressant, mais il ne justifie pas les attaques stériles. Quand, en 2004, nous publiions le chiffre de 6 % d’augmentation des charges, personne ne nous accusait de « bidouillage ». Il est curieux de voir que l'on nous critique quand les augmentations observées sont faibles.

Selon l’Unis, la hausse des charges est de 0,9 % en 2009. Confirmez-vous une tendance moins forte que les années précédentes ?

Serge Ivars : Oui, il y a bien eu une décélération de la hausse en 2009. Avec beaucoup de prudence, ce que l’on peut estimer, c’est qu’il y a eu une retenue des copropriétés, qui ont décidé de différer les travaux indispensables. Certaines ont bénéficié de conditions favorables grâce à la mise aux normes des ascenseurs. On peut aussi constater un coup de frein des travaux d’entretien. De gros efforts ont été faits par les copropriétaires, dans une période où l’économie est de rigueur. Les économies peuvent aussi provenir des conseils prodigués par les syndics, pour la mise en place de méthodes de gestion moins coûteuses.

Les copropriétaires insistent sur la nécessité d’un compte séparé pour les syndics. Pourquoi vous opposez-vous à cela ?

Serge Ivars : Depuis plus de 20 ans, nous insistons sur le fait que le compte unique participe d’une bonne gestion des immeubles. Les règles de fonctionnement sont plus simples. Avoir un compte séparé suppose des différences de traitement comptables qui aboutissent nécessairement à une augmentation des coûts de gestion. J’entends également la critique selon laquelle le compte commun permet aux syndics de bénéficier de revenus complémentaires : c’est vrai. Mais si on nous enlève cela, ce seront les banques qui seront les bénéficiaires. La trésorerie d’une copropriété est sujette à variation et peut être très faible. Seul l’effet de masse permet de générer des produits financiers, du moins quand les taux d’intérêt le permettent. Selon nous, le compte séparé aboutit à trois difficultés principales : l’augmentation du travail, une perte de ressources au seul bénéfice des banques, et contrairement aux idées reçues, moins de sécurité pour les copropriétés. L’argument de la sécurité est fallacieux, car un syndic malhonnête le restera quel que soit le mode de comptabilité.

Où en est la réglementation aujourd’hui ?

Serge Ivars : Le projet de loi s’est fait en deux phases : dans un premier temps, le législateur n’a pas rendu possible de déroger au compte séparé. Par la suite, le projet de loi a décidé de le tolérer si les syndics recourent à un sous-compte « ouvert au nom de la copropriété ». Une distinction que je ne m’explique pas. Mais en l’état, le texte maintient la mise en place de commissions de disciplines. C’est inadmissible ; aucune profession n’est placée sous tutelle à ce point. Nous avons écrit à Nicolas Sarkozy et lui avons fait part que nous n’acceptons pas ce texte humiliant et vexatoire. Pour autant, nous ne sommes pas contre l’idée d’une réforme de nos professions, en tenant compte de l’évolution de l’attente des consommateurs dans un monde qui change. C’est pour cela que nous proposons un débat national, ouvert à tous, sur la problématique de nos métiers. Nous refusons un texte établi, dans l’urgence que rien ne justifie, pour apporter une réponse démagogique aux questions soulevées par l’affaire Urbania, dans laquelle les copropriétaires n’ont subi aucun préjudice .

Propos recueillis par Léo Monégier - ©2016 LaVieImmo
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  • 0 Reco 30/11/2010 à 15:27 par coriandre

    l'assemblée de copropriétaires peut-elle exiger un compte bancaire unique pour l'imeubLE géré ?

  • 0 Reco 23/11/2010 à 18:28 par Boumer

    Moi je suis pour le compte bancaire individualisé, cela permet une sécurisation des comptes et en plus il n'y a pas de frais de la part du syndic, pour ma part nous sommes chez GIEP et c 'est eux qui nous ont fait souscrire à ce compte bancaire et je dois dire que c'est vraiment très bien, j'en suis ravie.

  • 3 Reco 16/11/2010 à 21:28 par logarythme

    Un peu de pudeur M IVARS car si les coproprietaires URBANIA n'ont pas subi de préjudice, ce n'est pas grace à vous. Demontrez nous qu'un compte separe offre moins de securite pour les coproprietaires. Dans l'affaire URBANIA, si le politique n'etait pas intervenu, cet administrateur se retrouvait en LJ et comme les banques avaient interrompu les paiements mais acceptaient les encaissements, le montant desfonds mandants garantis auraient ete depasses en juillet et août et les coproprietaires non rembourses du depassement de la garantie lors de la LJ. Or vous avez clamé haut et fort que GFC vous avait assuré que les copropriétaires ne seraient pas lésés. Dites surtout merci à BERCY. Quant a la mise sous tutelle que vous rejetez, c'est la consequence de votre incapacité à balayer devant votre porte et éliminer les brebis galeuses qui continuent de porter préjudice à la profession.

  • 1 Reco 16/11/2010 à 14:05 par copleboss

    "Les chiffres publiés par l’Unis montrent une hausse des charges de 0,9 %"
    Un peu de sérieux, les syndics sont de véritables requins qui mangent à tous les rateliers, dans quel rêve peut vivre ce monsieur pour ne serait ce que s'imaginer que leurs augmentations sont inférieures à 1%. Il vit chez les bisounours lui ou quoi?


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