Interview
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InterviewInterviewmercredi 21 janvier 2009 à 11h02

"La baisse des prix seule ne suffira pas à relancer le marché immobilier"


(©dr)

(LaVieImmo.com) - Très attendu en cette période de bilans annuels, le dernier baromètre de la Fnaim a révélé la semaine dernière que les prix de l’immobilier ancien avaient reculé de 3,1 % en 2008. Du jamais vu en plus de dix ans. Maintenant qu’elle est enclenchée, cette tendance devrait se poursuivre pendant au moins trois ans, selon les différents scénarii dévoilés par la Fédération. Henry Buzy-Cazeaux, le délégué général de la Fnaim, revient pour Lavieimmo.com sur le bilan de santé de l'immobilier français et les perspectives d’évolution des prix.

Lavieimmo.com : Entre autres hypothèses, la Fnaim évoque une baisse très marquée des prix de l’immobilier, de l'ordre de 40 % en quatre ans. Ce genre de pronostic tranche avec le ton généralement rassurant qui est celui de la Fédération...

Henry Buzy-Cazaux : On nous a trop souvent accusés de minimiser le retournement du marché immobilier... Evoquer, avant nos confrères, la possibilité d’une baisse aussi forte et prolongée des prix, cela relevait presque du coup marketing ! Plus sérieusement, la situation sur le marché de l’immobilier s’est détériorée au cours des derniers mois, et un grand nombre de ménages, qu’ils soient propriétaires ou qu’ils souhaitent le devenir, se demandent ce que leur réservent les prochains mois. Cette curiosité est légitime, et il nous a semblé intéressant de n’écarter aucune des hypothèses possibles, avant de nous demander laquelle était la plus probable. S’il est concevable, le scénario d’une baisse de 10 % par an des prix sur une durée de 4 à 5 ans est plus qu’improbable. Malgré la crise, le marché immobilier français reste structurellement déséquilibré, et ce déséquilibre entre une offre de logements disponibles limitée et une demande sans cesse croissante s’oppose à toute baisse prolongée et durable. L’ajustement est enclenché, il sera prononcé mais restera finalement mesuré.

Lavieimmo.com : C'est-à-dire ?

Henry Buzy-Cazaux : Des différents scénarii possibles, le plus vraisemblable est certainement celui d’une baisse étalée sur trois ans, avant une stabilisation du marché courant 2012. D’ici là, les prix devraient avoir enregistré une correction totale de l’ordre de 15 à 25 % en moyenne nationale par rapport aux pics de la fin de 2007. Au plan pratique, cela ne constitue pas un encouragement à l’attentisme, mais plutôt une incitation à la négociation, pour acheter dans de meilleures conditions.

Lavieimmo.com : Pensez-vous que cette baisse permettra de resolvabiliser la demande ?

Henry Buzy-Cazaux : Elle y participera assurément, de même que la tendance au repli des taux des crédits immobiliers qui s’amorce dans le sillage des baisses de taux de la Banque centrale européenne (BCE). Pourtant, si ces deux mécanismes suffisent en temps normal à relancer le volume des transactions immobilières, leur efficacité en temps de crise me semble compromise…

Ce qu’il faut avant tout, plus encore que la baisse des prix, c’est un redémarrage de la confiance des ménages. A ce sujet, les mesures du plan de soutien du gouvernement au secteur de l’immobilier vont dans le bon sens, mais elles nous semblent trop timides. A la Fnaim nous demandons deux coups de pouce supplémentaires : l’extension du doublement du Prêt à taux zéro (PTZ) à l’accession dans l’immobilier ancien ainsi qu’une amélioration du cadre fiscal du bailleur privé. Cette amélioration pourrait prendre la forme d’un amortissement avec rehaussement du plafond de déductibilité des déficits fonciers, ou celle d’une réduction d’impôt.

Lavieimmo.com : L’extension du doublement du PTZ est souhaitée par un grand nombre d’acteurs du secteurs, mais il semble que son coût pose problème…

Henry Buzy-Cazaux : Dans ce cas, je suis partisan d’une suppression pure et simple de la déductibilité des intérêts d’emprunt mise en place il y a un an et demi, et dont le bilan à ce jour est loin d’être concluant… Pourquoi ne pas redéployer les moyens mis en place pour financer cette déductibilité des intérêts d’emprunt vers le financement de la généralisation du PTZ ? Ce serait un jeu à somme nulle véritablement bénéfique pour le marché immobilier.

Propos recueillis par Emmanuel Salbayre

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