Interview
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InterviewInterviewmercredi 14 janvier 2009 à 09h27

"La chute du marché immobilier redonne le pouvoir aux acquéreurs"


(©dr)

(LaVieImmo.com) - Une semaine après la présentation du bilan annuel de Century 21 France, Laurent Vimont, récemment nommé à la tête du réseau, livre à Lavieimmo.com ses impressions sur l’état de santé et les perspectives du marché immobilier français.

Lavieimmo.com : Il y a un an, vous prédisiez un repli de 20% des volumes de vente en France, pour une baisse de 2 à 5% des prix. Les faits vous ont donné raison…

Laurent Vimont : Plutôt que « prévision », je préfère employer le terme de « pronostic » ou de « tendance »… Quoi qu’il en soit, nous avions effectivement vu juste puisque l’année 2008 s’est soldée par une baisse de l’ordre de 20% du nombre de transactions immobilières. En termes de prix en revanche, il semblerait que le marché se soit montré plus résistant que nous l’avions anticipé, même s’il est indéniable, après plus de dix ans de hausse, que le décalage entre les prétentions des vendeurs et les capacités des acheteurs a atteint sa limite et que la correction est bel et bien engagée. Derrière ce chiffre de 1.63%, derrière cette baisse encore peu marquée des prix se cachent pourtant des disparités très importantes entre régions. Ainsi, si Paris termine l’année sur une hausse d’environ 4%, Lyon accuse un repli de même ampleur. La chute des ventes qu’on observe partout depuis le second semestre 2008 laisse penser que la baisse des prix va se généraliser en ce début d’année, même si des disparités devraient perdurer : tout porte à croire que l’ajustement à la baisse sera plus fort dans les zones où le marché a été le plus dynamique durant la phase de hausse.

Lavieimmo.com : Cela vaut-il pour Paris ?

Laurent Vimont : Paris reste un marché à part, non extensible et extrêmement demandé. Cela dit, la correction est déjà à l’œuvre dans la capitale, où les arrondissements parmi les plus populaires, comme le 12ème, enregistrent déjà des baisses de prix. A l’exception peut-être des 1er et 2ème arrondissements, très touristiques, où les prestations restent exceptionnelles, aucun des quartiers de la capitale n’échappera à la baisse. Celle-ci pourrait atteindre -10% en moyenne cette année, avec des pics à -15% dans les arrondissements qui ont le plus monté.

Lavieimmo.com : Est-ce le début d’un retournement comparable dans son ampleur à celui du début des années 1990 ?

Laurent Vimont : Il s’agit de deux époques et de deux marchés très différents qui ne sont pas comparables. Ce qui avait précipité la chute de l’immobilier parisien dans les années 1990, c’est le fait que les marchands de biens, qui s’étaient portés acquéreurs d’un grand nombre de biens dans les années 1980, les avaient revendus massivement quand ils avaient senti le vent tourner. La crise actuelle est une crise structurelle, qui est nationale et plus seulement parisienne, liée au décalage progressif entre le prix de l’immobilier et le revenu disponible des ménages. En 2003, il fallait trois ans de revenus pour acheter un logement. Aujourd’hui, cinq ans sont nécessaires… Cet écart est devenu tellement important que la crise financière et le durcissement des conditions de crédit des banques ont précipité le décrochage du marché à la fin de l’été. Un décrochage qui est aussi souhaitable que sain, car il assainit le marché et redonne le pouvoir aux acquéreurs.

Lavieimmo.com : Vous prédisez une baisse de l’ordre de 6 à 10% des prix en 2009. N’est-ce pas un peu limité de ce point de vue là ? Surtout compte tenu d’une baisse si prononcée du nombre de transactions…

Laurent Vimont : Une chute des ventes est généralement suivie par un ajustement très net des prix. Pourtant, quand cette baisse de prix dépasse les 10%, on constate généralement une tendance rapide à la stabilisation des volumes, stabilisation qui entraîne à son tour une accalmie sur le front des prix. La tendance à la baisse des taux des crédits immobiliers, dont tout porte à croire qu’elle va s’accentuer au cours des prochains mois, devrait par ailleurs agir comme un soutien au marché. Pour l’ensemble de ces raisons, en glissement annuel, le mouvement de baisse devrait rester assez limité en 2009. Mais une fois de plus, il ne s’agit que d’un pronostic… en immobilier, tout peut basculer très vite.

Propos recueillis par Emmanuel Salbayre

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