Interview
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InterviewInterviewmercredi 28 octobre 2015 à 09h37

"La demande de la classe moyenne est l'angle mort de la politique du logement"


Alexandra François-Cuxac, présidente de la Fédération des promoteurs immobiliers
Alexandra François-Cuxac, présidente de la Fédération des promoteurs immobiliers
Alexandra François-Cuxac, présidente de la Fédération des promoteurs immobiliers (©dr)

Alexandra François-Cuxac, présidente de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI), revient sur les mesures destinées à relancer l'accession à la propriété, que le gouvernement devrait dévoiler sous peu. Et celles qu'il faudrait aussi mettre en place, selon la responsable, pour relancer le secteur.

(LaVieImmo.com) - En savez-vous un peu plus sur les mesures que doit prendre le gouvernement pour favoriser l'accession à la propriété, annoncées la semaine dernière par François Hollande ?

Alexandra François-Cuxac : Pour le moment, encore assez peu. Le Président de la République, devrait expliciter son propos dans les tout prochains jours. Mais pour la FPI, l'accession à la propriété est un sujet très important. Le secteur comprend d'une part l'investissement privé avec le Pinel, et d'autre part le logement social, avec la TVA à 10%, et le logement intermédiaire. Et jusqu'à présent, la demande de la classe moyenne, c'est malheureusement le parent pauvre, l'angle mort de la politique du logement.

Le gouvernement prévoirait d'élargir à nouveau le PTZ. C'est donc une bonne nouvelle ?

Alexandra François-Cuxac : Nous sommes favorables à tout ce qui peut faciliter l'accès au logement. Au PTZ, donc, mais aussi à d'autres aides locales spécifiques, comme le dispositif pour les étudiants à Bordeaux ou celui en faveur des familles à Lyon. Le crédit bancaire, avec un élargissement de la cible qui serait prévu pour les classes moyennes, est très important. Toutefois, dans la mesure où il s’agit d’un outil, et non d’un véritable plan de relance, il demeure à lui seul insuffisant pour régler le problème de l'accession à la propriété en France. En cœur de ville, l'élargissement du PTZ en termes de ressources, de différé de remboursement ou de quotité serait une bonne chose. Mais son extension à la zone C (les zones les moins tendues en logement, le plus souvent des communes rurales, Ndlr) concerne assez peu les promoteurs, pour qui l'essentiel de la demande est ailleurs.

Alors qu'est-ce qui pourrait, selon vous, changer la donne dans le logement ?

Alexandra François-Cuxac : L'un des principaux problèmes est la complexité des autorisations de construire. Tout ce qui va dans le sens d'un allègement, d'un raccourcissement des délais, est donc très important pour ce secteur. En effet, le principal sujet de préoccupation de la FPI demeure l'incapacité de produire du logement en quantité suffisante. En grande partie à cause d'un foisonnement normatif, d'une réglementation beaucoup trop dense.

Justement, où en est-on de la simplification des normes de construction, enclenchée par le gouvernement l'année dernière ?

Alexandra François-Cuxac : Un peu plus de la moitié des 50 mesures de simplification des normes ont été mises en œuvre. Le gouvernement a bien une volonté affichée de réformer et de simplifier. Mais la politique est désormais décentralisée au niveau des communes. Les élus locaux doivent donc aussi incarner cette volonté à l'échelle communale. Or, beaucoup d’entre eux freinent les choses. Il faut cesser de considérer l'arrivée de nouveaux habitants comme un perturbateur de l'habitat local. Dans ce sens, le nombre de recours contre les projets de construction est affolant : on atteint 80% selon un sondage effectué par la FPI, qui en a comptabilisé pas moins de 25.000 au 30 juin 2015. Nombre d'entre eux se règlent au tribunal administratif, retardant d'autant les programmes. Heureusement, quand ils le peuvent, les promoteurs passent outre avant le jugement, comme la loi le leur permet désormais.

Côté ventes, le dernier bilan de la FPI était encourageant. L'est-il encore aujourd'hui ?

Alexandra François-Cuxac : Le ressenti en ce moment est à l'accalmie du marché, après un été traditionnellement calme, et un mois de septembre assez mou. Au premier semestre 2015, la part des investisseurs a en effet progressé de 60%, tandis que les ventes sont reparties à la hausse - malgré un niveau à peine au-dessus de celui de 2009. En cause, la baisse des ventes en accession à la propriété et des ventes en blocs aux bailleurs sociaux. Et, surtout, un problème de fond : des mises en vente bien inférieures aux ventes, en raison d'une construction de logements insuffisante. Que dire pour la fin de l'année ? Tous les chiffres du troisième trimestre ne sont pas encore remontés, on en saura plus mi-novembre.



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Propos recueillis par Léo Monégier - ©2016 LaVieImmo
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  • 0 Reco 07/11/2015 à 01:20 par sentury23

    Je ne veux pas vous choquer, mais j'ai une idée révolutionnaire. BAISSEZ LES PRIX. Revenez dans le tunnel de Friggit (consultable sur le site gouvernemental de la CGEDD). Il a une signification. Éduquez vous en passant, ce n'est pas parce que vous avez décidé de devenir promoteur ou agent immobilier (après avoir arrêté vos études en ayant raté le brevet des collèges) que vous devez abandonner tout espoir de faire une chose intelligente un jour dans votre vie.


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