Interview
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InterviewInterviewmardi 15 mai 2012 à 17h00

"La Fnaim doit être force de proposition"


Loïc Cantin, président de la Fnaim Loire-Atlantique et candidat à la présidence nationale
Loïc Cantin, président de la Fnaim Loire-Atlantique et candidat à la présidence nationale
Loïc Cantin, président de la Fnaim Loire-Atlantique et candidat à la présidence nationale (©dr)

Quatre questions à Loïc Cantin, candidat aux élections à la présidence de la Fédération nationale de l’immobilier, qui se tiendra le 25 mai prochain. Opposé à Jean-François Buet, actuellement secrétaire général de la fédération, M. Cantin a notamment pour ambition de faire rompre l’organisation avec sa « vision corporatiste », et de la faire redevenir « l’actrice centrale de la profession » immobilière.

Lisez également l’interview de Jean-François Buet.

(LaVieImmo.com) - Comment analysez-vous les deux mandats de René Pallincourt, et comment vous situez-vous par rapport à sa politique ?

Loïc Cantin : Je suis adhérent de la Fnaim depuis 1980, et j’ai le souvenir d’une fédération plus tonique, plus engagée qu’à l’heure actuelle. Nous devons être force de proposition, nous donner les moyens de redevenir un acteur de référence des marchés de l’immobilier, à la fois influent auprès des pouvoirs publics et reconnu du grand public. Cela dit, il ne serait pas juste de faire reposer ce constat sur les seules épaules de M. Pallincourt. Certes, il occupe seul la présidence de la fédération depuis 2004, mais il est assisté d’un conseil d’administration qui soutient sa politique.

Qu’entendez-vous par « force de proposition » ? La Fnaim n’a-t-elle pas montré, en faisant suspendre la loi Lefebvre, qu’elle savait défendre les intérêts de ses fédérés et se faire entendre des pouvoirs publics ?

Loïc Cantin : La campagne menée contre la loi Lefebvre et la suspension du texte sont évidemment une bonne chose. Cela dit, rien n’est encore définitif puisque le texte risque d’être représenté dans quelques mois au Parlement, avec en annexe une charte de qualité et de services. Il faudra suivre cela de près… Mais au-delà de cet épisode précis qui a vu se mobiliser la profession, je pense qu’un organisme comme la Fnaim se doit de porter des propositions plus ambitieuses, en rompant avec la vision corporatiste qui est trop souvent la sienne. Nous sortons de plus de dix années exceptionnelles de croissance très forte des prix de l’immobilier. La situation est devenue très difficile à vivre pour des milliers de Français dont le pouvoir d’achat n’a pas augmenté dans les mêmes proportions, et qui ont de plus en plus de mal à se loger. Or il semble que nos professions ont traversé ces dix années en surfant sur cette hausse, sans faire de véritable analyse ni mener de démarche prospective. Les derniers mois sont assez révélateurs de cette passivité de la profession, qui n’a pas réussi à imposer la question du logement dans la campagne électorale et n’a su que déplorer son absence du débat.

Le projet « Bail Puissance 3 », présenté en pleine campagne, ne montre-t-il pas au contraire que la Fnaim est capable de s’adapter à son environnement ?

Loïc Cantin : « Bail Puissance 3 » a le mérite de poser la question de la fonction sociale du secteur privé, mais il semble tellement compliqué à mettre en place que je crains qu’il ne reste lettre morte… Ce qu’il faut, ce sont des réponses simples. Les bailleurs sociaux bénéficient de dispositions fiscales particulières, comme l’exonération de taxe foncière bâtie et de l’impôt sur les sociétés ; pour inciter les propriétaires bailleurs à louer en pratiquant des loyers modérés, il faudrait leur accorder ces mêmes avantages.

Cela dit, l’engagement de la Fnaim devrait être plus ambitieux et ses propositions plus innovantes. Il manque actuellement a minima 600 000 logements en France, avec des besoins très nets dans certaines villes et régions. Dans le même temps, de nombreux logements restent vacants. Une fédération comme la Fnaim devrait s’intéresser à cette question, d’autant qu’elle en a les moyens. Elle devrait participer - en collaboration avec d’autres corps de métier comme les promoteurs, les entreprises du bâtiment, les chambres de commerce, les notaires - à une réflexion d’envergure sur la question du logement. Quasiment une mission d’intérêt général. C’est tout le sens de ma proposition en faveur d’un investissement locatif défiscalisé au bout de dix ans, et à partir du départ à la retraite. Une mesure de soutien au marché du neuf qui favorisera l’économie de la construction et répondra à la forte pression de demande de logements tout en créant un complément de retraite.

Estimez-vous que la Fnaim a vocation a publier des statistiques immobilières ?

Loïc Cantin : Dans le cadre d’une collaboration de ce genre, oui ! Il ne s’agit pas de se contenter de dire que les prix montent ou qu’il baisse, cela n’a aucun intérêt, ni pour la Fnaim ni pour personne. La Fédération compte 12 000 adhérents dans toute la France. Je crois que nous n’utilisons pas assez cette force. Nous devrions mener des études détaillées, riches, et utiles. La pertinence et la maîtrise de nos données est un préalable indispensable à la définition d’une stratégie solide et étayée, et à la constitution de propositions. C’est ainsi que la Fnaim redeviendra l’actrice centrale de la profession, ce qui a toujours été sa carte d’identité.

Propos recueillis par Emmanuel Salbayre - ©2016 LaVieImmo
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  • 3 Reco 16/05/2012 à 06:57 par Un AI

    Que vous êtes fatiguants à cracher sur les AI tous autant que vous êtes... Personne ne vous oblige à utiliser nos services, alors ne rentrez pas dans nos agences, ne nous appelez pas pour estimer votre bien, débrouillez vous tout seuls ! Si cette profession déchaîne autant les passions, c'est qu'elle brasse beaucoup d'argent et qu'elle touche à l'un des fondements de la société : le logement. Alors il est vrai que comme dans toute profession, il existe des (très) mauvais, mais il existe aussi des (très) bons et (très) honnêtes ! Alors plutôt que de vous lamenter, chercher ceux là, car il en existe forcément autour de chez vous. Un truc pour les trouver : levez les yeux...

  • 0 Reco 15/05/2012 à 23:45 par pas acheteur

    "force de proposition"!!!!!
    Sans blague!
    Je propose que vous évaluez à nouveau tous les biens que vous avez à vendre depuis des lustres, et, si le propio ne veut pas entendre raison, renoncez au mandat!
    Sinon, quel intérêt d'avoir la vitrine pleine de "biens morts", invendables??? Espérez-vous encore un petit pigeon?!

  • 1 Reco 15/05/2012 à 20:36 par Cecile

    ne soit pas méchant cher Antoine: il faut les comprendre ces petits: plus c'est cher, plus ils empochent une belle commission..

    Sauf que leur qualité première n'est pas le calcul mental: il vaut mieux deux ventes à prix bas, et donc deux com basses, qu'un bien surévalué qui ne se vendra jamais!!

    Mais ça tu vois ils ne l'ont toujours pas assimilé!! Ils le verront l'an prochain, en 2eme année de maternelle pour AI!

  • 0 Reco 15/05/2012 à 19:27 par antoine

    chers AI,

    ca va mal? Rien ne se vend?

    J'ai un scopp pour vous!! BAISSEZ VOS COM de mamouths et faites baisser les prix!!

    Vous verrez ca se vendra!!

    Quoi? les proprios ne veulent pas baisser? Ben

    1) fallait pas leur faire croire au pere Noel
    2) negociateur cest votre boulot non? Alors negociez :))


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