Interview
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InterviewInterviewmardi 16 juillet 2013 à 17h24

"La Fnaim n'a pas coupé les ponts avec Cécile Duflot"


Jean-François Buet, président de la Fnaim
Jean-François Buet, président de la Fnaim
Jean-François Buet, président de la Fnaim (©dr)

Un mois après la fronde des agents immobiliers contre le projet de loi pour l'accès au logement et un urbanisme rénové (Alur), Jean-François Buet, le président de la fédération nationale de l'immobilier, fait le point sur l'état des discussions - et de ses relations - avec le ministère du Logement.

(LaVieImmo.com) - Vous avez bloqué la participation aux observatoires des loyers, vous avez lancé une pétition demandant le retrait de la loi Alur… Quelles sont, aujourd’hui, vos relations avec Cécile Duflot et son ministère ?

Jean-François Buet : Je tiens avant tout à préciser que ce n’est pas parce que nous avons momentanément suspendu l’alimentation des observatoires des loyers que nous n’avons coupé les ponts avec le ministère. J’ai été reçu trois fois au cabinet de Madame Duflot depuis la présentation du projet de loi, et nos discussions sur les modifications à apporter au texte se poursuivent de manière tout à fait satisfaisante.

Et sereine ?

Jean-François Buet : On peut très bien ne pas être d’accord sur tout et rester serein !

Disons que la pétition en ligne sur votre site, pourrait laisser entendre le contraire…

Estimez votre bien
Estimez votre bien

Type de bien :

Jean-François Buet : Si le ton est monté, c’est à cause de la manière dont les choses nous ont été présentées. Je me suis déjà expliqué là-dessus : alors que nous discutions depuis huit mois avec le cabinet, c’est par voie de presse que nous avons appris le contenu du projet de loi, et dans des termes loin d’être élogieux pour les professions immobilières. Peut-être les propos de Cécile Duflot ont-ils été mal retranscrits, mais bon nombre des 12 000 adhérents de la Fnaim, que je représente, ont été très affectés d’apprendre dans un quotidien national que le gouvernement voulait les encadrer, sous-entendant qu’ils étaient responsables de la crise du logement. Vouloir mettre un terme aux abus est une chose, et nous appelons de nos vœux la création du Conseil national de la transaction et de la gestion immobilière. Mais accuser les agents immobiliers d’être des escrocs, c’est intolérable.

Regrettez-vous d’avoir haussé le ton ?

Jean-François Buet : Non, parce que j’ai traduit le ressentiment des adhérents de la Fédération, dont je défends les intérêts. Et tout cela, je le répète, n’entache en rien la qualité de mes relations avec le ministère.

Outre la forme, vous avez également dénoncé certaines des mesures du projet de loi.

Jean-François Buet : Sur le fond, je reproche avant tout à ce texte de ne rien proposer pour inciter l’investissement locatif. Tout en disant vouloir défendre les intérêts des locataires, le ministère court le risque de restreindre l’offre locative privée. Or s’il y a moins de logements sur le marché, les loyers augmenteront… Le seul point favorable aux bailleurs dans ce projet de loi, c’est la GUL (garantie universelle des loyers, ndlr). Or, on ne sait pas encore le détail du dispositif, qui n’entrera en vigueur que le 1er janvier 2016. Je ne crois pas que des investisseurs vont se décider à acheter aujourd’hui un logement à louer parce qu’un dispositif sera mis en en place dans un an-et-demi…

Quid des honoraires de location ?

Jean-François Buet : D’« honoraires » et pas de « frais », j’en profite pour insister sur ce point car les mots ont leur importance. Une agence ne facture pas des frais à ses clients, elle se fait rétribuer pour le service qu’elle leur rend. Cela peut paraître anodin, mais il en va de la professionnalisation de nos métiers. Un particulier qui s’adresse à une agence immobilière pour mettre son bien en location le fait parce qu’il n’a pas l’envie, le temps et le savoir-faire pour s’en occuper lui-même. Ce type de service est assuré par les agents de location, employés d’agences immobilières formés, et payés, pour cela. Le terme de « frais d’agence », comme celui de « commission », ignore cette dimension.

Pour répondre à votre question, je partage la volonté de Cécile Duflot de décorréler le montant des honoraires de location du montant du loyer, dans les zones tendues ou les loyers sont très élevés. Le travail n’est pas plus compliqué à Paris ou dans les grandes villes qu’ailleurs. Il serait donc normal que les honoraires soient calculés de manière forfaitaire. Cela dit, je reste convaincu que le ministère a tort de vouloir limiter la participation des locataires aux honoraires à l'état des lieux et la rédaction du bail. L’agent de location œuvre autant pour le bailleur que pour le locataire. Ceux qui le contestent ne sont pas obligés de pousser la porte d’une agence immobilière.

Avez-vous l’impression que le gouvernement pourrait lâcher du lest sur certains des points que vous dénoncez ?

Jean-François Buet : Je ne dirais certainement pas les choses comme ça. Là aussi, les mots ont leur importance… Nous ne sommes pas dans la confrontation, mais dans l’échange. Il ne s’agit pas de « lâcher du lest » ou de « durcir le ton », mais d’avancer. Et c’est ce que nous faisons. Le texte devrait bien prendre en compte la distinction entre « frais » et « honoraires » dont nous venons de parler. Il pourrait également être plus souple sur la question des mandats exclusifs, qui devraient être renouvelables une fois. Enfin, il semble que nous nous soyons fait entendre sur la nécessité de préciser la composition du Conseil national de la transaction. La fin du mois de juillet et les vacances ministérielles approchent, les discussions reprendront à la rentrée avec l’examen du texte au Parlement.

Ne craignez-vous pas que députés et sénateurs durcissent encore le texte ?

Jean-François Buet : Bon nombre de parlementaires sont des élus locaux et ont à cœur de répondre aux inquiétudes de leurs administrés. Or le logement est, bien souvent, au centre de ces inquiétudes. J’ai bon espoir.

Propos recueillis par Emmanuel Salbayre - ©2016 LaVieImmo
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  • 0 Reco 09/08/2013 à 12:29 par antoine

    ce qui est drole, cest que pendant 1 an, les pros de l'immo ont léché les bottes de Cecile, esperant des ptz dans l'ancien, des scelliers bis, .... et maintenant qu'ils n'ont rien eu, ils attaquent, et on voit leur vrai visage!

  • 0 Reco 21/07/2013 à 20:39 par Locataire

    Parfois les frais sont fixes en dessous d'une certaine somme. Pas fous les A.I pour les négociations inférieures à 50K€ c'est du 5K€ de frais d'agence.

  • 0 Reco 18/07/2013 à 15:08 par dagoba11

    ce que je ne comprend pas, c'est que l'Ai soit payé un pourcentage du prix de la maison du genre 7%.

    quelle est la différence de taf entre un t1 et un t5? plus de photo à prendre? visite plus longue?

    mais est ce que c'est suffisant pour justifier une telle différence.
    si on prend un t1 de 100 000€ sans les frais d'agence, l'ai touchera 7000€
    pour un T5 de 450 000€ sans les frais d'agence. l'ai touchera 31500€
    est ce vraiment justifier?

    sur internet, il commence à apparaitre des services ou le prix est fixe quelque soit la taille du logement. ce qui me semble plus correct.

  • 0 Reco 18/07/2013 à 10:44 par GIGILH62

    La FNAIM parle du point favorable aux bailleurs....le GUL(garantie des loyers impayés)
    Je ne suis pas du tout d'accord, en tant que Bailleur. Il existe déjà la possibilité de prendre une assurance pour ceux qui le souhaite !
    Ce sera une véritable "usine à gaz"....et les bons paieront pour les mauvais une fois de plus.
    Il serait temps d'arrêter "les conneries"(et je suis polie)

  • 0 Reco 18/07/2013 à 08:39 par Gironimo

    Qu'est çe qui est cher payé?

    Le service rendu? Ben oui rien est gratuit. Quand je veux une voiture je l'achète et c cher. Si je veux pas dépenser je ne lâcheté pas.

  • 0 Reco 17/07/2013 à 13:45 par Claudius

    pas sûr que la réciproque soit vraie.

  • 0 Reco 17/07/2013 à 13:37 par GABRILE

    J'adore la phrase "Cela peut paraître anodin, mais il en va de la professionnalisation de nos métiers".
    Comment on doit l’interpréter ? Les Agents immobiliers sont des amateurs qu'on va essayer de professionnaliser. En tout cas c'est cher payer l'amateur pour le moment.


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