Interview
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InterviewInterviewlundi 17 janvier 2011 à 17h15

"La hausse des prix de l'immobilier restera modérée en 2011"


Alexandre Mirlicourtois
Alexandre Mirlicourtois
Alexandre Mirlicourtois (©dr)

Alexandre Mirlicourtois est directeur des études économiques du cabinet Xerfi. Deux semaines après la présentation des baromètres de la Fnaim et du réseau Century 21, il livre ses propres prévisions à LaVieImmo.com. Selon lui, la hausse des prix va se poursuivre cette année, mais sur un rythme bien moins prononcé qu'en 2010. A Plus long terme, ils pourraient se stabiliser, mais pas baisser.

(LaVieImmo.com) - La Fnaim et Century 21 ont récemment publié leurs prévisions d’évolution des prix de l’immobilier en 2011. Lequel des deux scénarii vous semble le plus probable ? Alexandre Mirlicourtois : Une poursuite de la tendance haussière sur un rythme moins marqué que l’année dernière semble, à ce jour, plus vraisemblable que l’accélération anticipée par la Fnaim. Cela dit, je ne travaille qu’à partir des données de la Chambre des Notaires, les seules véritablement exhaustives. A ce jour, les chiffres définitifs de 2010 n’ont toujours pas été publiés, mais au vu des données partielles dévoilées début décembre, l’année 2010 devrait s’être terminée sur une hausse légèrement inférieure à 7 % en moyenne nationale en données nominales [non corrigées de l’inflation, NDLR]. Pour 2011, j’anticipe une hausse beaucoup plus mesurée, de l’ordre de 1 à 2 % au maximum.

Pourquoi un tel ralentissement ?

Alexandre Mirlicourtois : Tout simplement parce que le contexte macro-économique n’est pas propice à l’immobilier. La confiance des ménages, qui était remontée au printemps, a chuté en décembre, le chômage se maintient à près de 10 % de la population active, et l’Insee vient de confirmer la reprise de la hausse des prix à la consommation. Or cette hausse n’est pas alimentée par la pression salariale, mais par la hausse du prix des matières premières, qui vient encore grever le pouvoir d’achat des ménages…

Le contexte économique était déjà dégradé en 2010, mais cela n’a pas empêché les prix de l’immobilier d’augmenter fortement… Alexandre Mirlicourtois : Le contexte n’était pas meilleur qu’aujourd’hui, mais l’espoir de la reprise était là ! Or les derniers chiffres de la croissance ont montré que le redémarrage n’avait pas été à la hauteur de la crise, et ont douché cet espoir. Il faut également tenir compte de la fin du mouvement de baisse des taux, qui a soutenu la demande de logements tout au long de l’année dernière, mais a très vraisemblablement pris fin à la fin de l’année.

Cette hausse des taux sera-t-elle forte ?

Alexandre Mirlicourtois : A priori non… Les taux des crédits habitat devraient prendre quelques dizaines de points d’ici la fin de l’année. Une remontée en pente douce plutôt qu’une explosion. Le niveau général des taux restera bas, mais il se peut que cette hausse, même faible, ait des répercussions psychologiques sur la demande de logements.

A plus long terme, peut-on anticiper une baisse des prix de l’immobilier ?

Alexandre Mirlicourtois : Je ne pense pas… Jusqu’au troisième trimestre de l’année dernière, je tablais sur une légère baisse des prix en 2011, avant une stabilisation entre 2012 et 2015. J’ai relevé cette prévision afin de tenir compte de la progression plus forte que prévu des prix à l’été et l’automne 2010. Comme je vous l’ai dit au début de notre entretien, il n’y aura vraisemblablement pas de baisse cette année, mais une hausse légère, de 1 à 2 % au maximum. Au-delà, le scénario d’une stabilisation, voire tout au plus d’une légère hausse, reste le plus probable, dans la mesure où le marché continue de bénéficier de facteurs structurels, comme le déficit de logements et l’insuffisance de la construction.

Propos recueillis par Emmanuel Salbayre - ©2016 LaVieImmo
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  • 0 Reco 21/01/2011 à 12:14 par poilagratter

    Linda75, si tu as les moyens, acheter à Paris c'est quasiment sans risque! A condition de toujours raisonner sur du long terme! Paris est un marché atypique, comme de nombreuses capitales dans le monde....Par contre, Paris n'est pas à l'abri des crises (on l'a vu avec une belle chute des prix dans les années 90); il faut juste ne pas être contraint de revendre à ce moment là! Car ça repartira toujours plus ou moins vite (en 10 ans pour la crise des anénes 90, en moins de 2 ans pour celle de 2008!)...maintenant tu peux toujours attendre que les prix chutent pour acheter mais bien malin celui qui peut te dire quand cela se produira! et pendant ce temps continuer à jeter des loyers par la fenêtre....c'est un choix très respectable aussi.....

  • 0 Reco 21/01/2011 à 12:06 par poilagratter

    Se Loger est un site réservé aux agences immobilières et le même bien se retrouvant dans plusieurs agences, ce ne sont pas 1 300 000 biens qui sont à vendre en réalité mais 3 ou 3 fois moins!!

  • 0 Reco 21/01/2011 à 08:41 par Greg

    Il y a 600 000 a 800 000 ventes par an en France
    Il y a rien que sur seloger 1300000 offres
    Je ne vois pas de déficit

  • 0 Reco 20/01/2011 à 11:15 par papa noël

    il faut acheter maintenant parce que demain ça va couter plus cher, c'est comme ça, l'immobilier augmente toujours, surtout à Paris où l'immobilier sert d'actifs pour les grands groupes financiers qui ont intérêt à maintenir une pression élevée sur les prix.
    L'immobilier ça grimpe toujours !!!!!!
    C'est pas un hasard c'est un choix politique à long terme de ne pas favoriser la construction en maintenant le foncier très élevé et en subventionnant les propriétaires par des aides à l'accession qui aboutiisent directement dans la poche des propirétaires (d'ancien ou de foncier) en laissant croire que c'est une aide aux primo accédants.

  • 0 Reco 17/01/2011 à 17:35 par Linda75

    Est-ce que ça vaut le coup d'acheter maintenant à Paris?
    J'ai peur que cette hausse de 17 % en 2010 ne finisse par une vraie crise. Y a-t-il d'autre personnes qui vont acheter en 2011 SVP? qu'elles me donnent leurs avis.


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