Interview
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InterviewInterviewlundi 20 décembre 2010 à 15h00

"La loi SAE vise à réduire les accidents mortels d'ascenseur"


Jean-Luc Detavernier
Jean-Luc Detavernier
Jean-Luc Detavernier (©dr)

Jean-Luc Detavernier est Délégué Général de la Fédération des Ascenseurs. Il revient pour LaVieImmo.com sur la réglementation sur les ascenseurs, la loi de sécurité des ascenseurs existants (SAE), qui impose trois paliers de mise aux normes, entre 2010 et 2018. La première échéance devrait permettre de supprimer les principales causes de mortalité des usagers telles que, par exemple, l’absence de grillage ou le risque d'ouverture d'une porte palière sur le vide.

(LaVieImmo.com) - Le parc des ascenseurs est-il prêt pour sa mise en conformité avec le premier palier de réglementation, au 31 décembre prochain ?

Jean-Luc Detavernier : A la fin septembre, la profession enregistre un taux d’avancement des travaux de la 1ère échéance de 80 % et 37% pour le 2ème. La loi SAE de 2003, qui prévoit de répartir 17 mesures à travers trois échéances [la première le 31 décembre 2010, la seconde en 2013 et la dernière en 2018, NDLR], a d’abord voulu éviter les accidents les plus graves. En 2008, on recense 2 accidents mortels dont les causes sont imputables à des grillages de gaine de hauteur insuffisante. En juillet 2010, il y a eu un accident d’usager lié à la porte palière, qui s’est ouverte sur le vide, la cabine n'étant pas à l'étage. En définitive, si les trois quarts des ascenseurs sont maintenant conformes à la réglementation de la première échéance, 20 % ne le sont pas. La réglementation pour 2013 est quant à elle articulée autour des accidents les plus fréquents, comme le décalage de seuil. Le délai laissé pour la mise en sécurité de cette 2ème échéance est plus long, car les travaux nécessaires peuvent être plus conséquents.

Le risque de chute de la cabine existe-t-il ?

Jean-Luc Detavernier : Cela ne se voit que dans les films ! En réalité, il n’y a pas d’accident de ce type en France. Ce qui est observé cependant, ce sont les risques liés à la survitesse de la cabine. Tous les appareils sont équipés d’un système de parachute, qui consiste à freiner l’ascenseur en cas de vitesse excessive. Les anciennes versions « à prise instantanée » entrainaient des arrêts brutaux, et pouvaient causer d’importantes blessures. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, la loi prévoyant la mise en place de système à décélération progressive, de façon à éviter de blesser les personnes en cabine. C'est ce qui peut donner le sentiment parfois d'une dérive de l'appareil sur plusieurs mètres, voire plusieurs étages, quand il s’agit d'une tour à la Défense par exemple.

Vous dites que 85 % des accidents mortels qui ont eu lieu ces dix dernières années auraient pu être évités avec la loi SAE…

Jean-Luc Detavernier : Je confirme en effet ce taux. Cette information est valable pour tous les accidents mortels ou graves d’usagers. Et même pour les techniciens, la mise en sécurité des accès et des dispositifs d'accès en gaine évite de 20 à 30% des accidents.

Quel est le coût moyen pour une mise aux normes des ascenseurs ?

Jean-Luc Detavernier : notre fédération évalue régulièrement le coût moyen de ces travaux . Nous constatons depuis l'origine des travaux que le coût moyen est chaque semestre de l'ordre de 20 000 euros. Si nous considérons que les copropriétés ont en moyenne huit copropriétaires, cela revient à 2 500 euros par copropriétaire. Sur 15 ans, du départ de la loi et jusqu’à la dernière échéance, nous avons calculé que cela revient à moins de 200 euros par an par copropriétaire. Cela étant dit, il ne faut pas oublier que c’est une moyenne : selon les appareils, le coût pourra varier de 2 000 euros pour une installation récente ou récemment modernisée, jusqu’à 80 000 euros ou plus pour un appareil ancien cumulant quasiment les 17 mesures. On constate aujourd'hui que la nature des commandes a évolué ; les propriétaires qui ont tardé à prendre la décision des travaux de la 1ère échéance souhaitant en effet souvent se limiter strictement aux travaux obligatoires avant le 31 décembre 2010.

L’association UFC-Que choisir dénonce la situation de monopole de certaines sociétés d’ascenseurs, comme Otis, Schindler, ThyssenKrupp et Koné sur le marché. Qu’en est-il ?

Jean-Luc Detavernier : Nous ne sommes absolument pas dans une situation de monopole : il y a plus de 150 entreprises dans le métier (dont les 4 grands cités). De nombreux autres secteurs d’activité comportent aussi un petit nombre de grands opérateurs, comme la téléphonie, les transports aériens, ou encore la grande distribution. Notre fédération regroupe 108 professionnels, c’est un secteur qui regorge de PME. Dans chaque région de France, il y a entre 6 et 12 entreprises. Pour le cas où certains particuliers ne voudraient pas traiter avec une des grandes entreprises évoquées, le choix est tout à fait possible. Qui plus est, les entreprises sérieuses ont formé leur personnel pour pouvoir entretenir des appareils de toutes les marques. Est-ce aujourd'hui encore le cas dans d'autres métiers comme par exemple l'automobile ?

Propos recueillis par Léo Monégier - ©2016 LaVieImmo
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  • 0 Reco 21/12/2010 à 10:12 par Otis girl

    Qu'est-ce que c'est que ce délire!!!
    Il n'y a pas de profession exemplaire et les ascensoristes ne sont pas pires que les autres.
    Il faut arrêter de mettre tout le monde dans le même sac.

  • 0 Reco 20/12/2010 à 18:16 par Otis man

    que des pourris !

  • 0 Reco 20/12/2010 à 18:14 par Otis man

    c'est absolument faux il y a bien une situation de monopole voire même de magouille quant on demande aux sous traitants d'acheter du matériel homologué vendu par les ascensoristes sinon pas de chantier !!!!
    J'appelle ça des pots de vins déguisés c'est idem pour les gros clients qui veulent que des devis sur gonflés et pour cause .
    Bref magouilles à tous les étages dans ce métier et de plus au dépend de la sécurité !
    fin de communication


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