Interview
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InterviewInterviewvendredi 18 juin 2010 à 08h45

"La politique du logement souffre d'un problème de pilotage"


Christophe Robert
Christophe Robert
Christophe Robert (©dr)

Trois questions à Christophe Robert, délégué général adjoint de la fondation Abbé Pierre, suite à la remise au gouvernement mercredi par un collectif de 31 associations d’un courrier demandant de relancer la politique du logement en faveur des sans abris.

(LaVieImmo.com) - Le collectif dénonce un « décalage » entre discours officiel et réalité. En quoi consiste ce décalage ?

Christophe Robert : Ce décalage se traduit par le fait que nous avons le sentiment que le gouvernement se cantonne à l’élaboration de slogans. Il ne s’agit pas de notre côté de remettre en cause les orientations prises au moment de la refondation de la politique du logement, mais de dénoncer le fait que certains semblent se cacher derrière des mots. Nous sommes bien sûr favorables à la logique exprimée par la formule « le coût du loyer d’abord » évoquée par Benoist Apparu, mais nous n’avons pas, pour le moment, assisté à un changement de braquet de la politique du logement.

LaVieImmo.com : Est-ce un problème de moyen ou de volonté de la part du gouvernement ?

Christophe Robert : Ce n’est pas seulement un problème d’argent, même si il faut bien sûr des moyens pour réussir. De notre côté nous souhaitons que les moyens mis en œuvre en 2010 soient au minimum équivalent à ceux débloqués l’année dernière. Cela semble être le cas puisque 110 millions d'euros ont été promis. Mais nous déplorons également un problème de pilotage au niveau national... La question de la politique du logement des sans abris ne concerne en effet pas seulement le secrétaire d’Etat au logement mais également le ministère de la Santé et le ministère de l’Intérieur.

LaVieImmo.com : Quelles sont vos demandes à l’heure actuelle ?

Christophe Robert : Notre souhait principal est que la promesse énoncée par le Président de la République lors de sa campagne de 2007 se concrétise, à savoir que plus personne ne dorme dans la rue. Trois ans après, force est de constater qu’il reste du chemin à parcourir. Le discours demeure volontariste mais nous pensons qu’il s’agit d’impliquer d’avantage les collectivités locales afin que l’Etat puisse réellement jouer son rôle de garant de la solidarité.

Propos recueillis par Marc Fleury - ©2016 LaVieImmo
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