Interview
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InterviewInterviewmardi 19 février 2008 à 16h38

"La politique plus stricte des banques aura un impact sur le marché immobilier", Meilleurtaux.com


(©LVF 2007)

(LaVieImmo.com) - Meilleurtaux.com a récemment constaté une hausse du taux de refus sur les dossiers de demande de prêts immobiliers adressés à ses partenaires bancaires, passé en quelques mois à peine de 3 à 8%. Christophe Crémer, PDG du courtier en ligne, revient pour Lavieimmo.com sur phénomène.

Lavieimmo.com : Vous constatez une application plus stricte des critères de crédit par les banques. Ce phénomène est-il une conséquence de la crise des « subprimes » ?

Christophe Crémer : Absolument pas ! Le taux de défaut sur les crédits immobiliers est à l’heure actuelle d’environ 0.15% en France, soit au maximum 2 000 nouveaux emprunteurs qui ne peuvent pas rembourser leur emprunt chaque année. C’est très peu. Aux Etats-Unis, on observe des taux de défaut de l’ordre de 5 à 6%, 7% pour certains établissements. Contrairement à ce qu’on a pu observer outre-Atlantique, la distribution de prêts à taux révisables est restée très encadrée en France. Et qui dit très encadrée dit très limitée.

Si les banques appliquent plus strictement les critères de crédit aujourd’hui qu’il y a quelques mois, c’est en partie parce que les perspectives de hausse des prix sont devenues mois importantes. Mécaniquement, la banque voit la valeur de sa garantie se réduire, et donc son risque augmenter…

Lavieimmo.com : Vous évoquiez également un environnement économique moins favorable...

Christophe Crémer : Oui, les perspectives d’évolution des revenus des ménages sont nécessairement moins roses en période de plus grande incertitude économique. Une banque y réfléchira à deux fois avant de prêter de l’argent si elle n’est pas sûre que les revenus de l’emprunteur lui permettront de rembourser ses échéances dans quelques mois…

Lavieimmo.com : Le taux de refus est passé en quelques mois de 3% à 8% des dossiers présentés. Comment pensez-vous qu’il va évoluer au cours des prochains mois ?

Christophe Crémer : Il est difficile de faire des pronostics mais je penche pour une poursuite de ce mouvement de hausse avant une stabilisation. Les banques françaises étaient déjà très rigoureuses avant l’été, la marge d’appréciation n’est donc pas très importante. Je pense que le taux de refus devrait se stabiliser autour de 10%. Mais, s’il est beaucoup plus élevé qu’avant l’été 2007, ce taux reste finalement assez faible.

Lavieimmo.com : Cette hausse aura-t-elle un impact sur le marché immobilier ?

Christophe Crémer : Immanquablement ! Que la banque refuse purement et simplement un prêt ou qu’elle réfléchisse plus longtemps avant de l’accorder, cela aura de toute évidence un effet sur le niveau de la demande de logements. Comme je vous l’expliquais un peu plus tôt, si les banques durcissent leur politique d’octroi, c’est en partie en raison de la baisse du dynamisme du marché immobilier. Or, en accordant moins de prêts et en pesant sur la demande, les banques alimentent le ralentissement du marché et réduisent encore un peu plus les perspectives de hausse des prix… ce phénomène s’auto-entretient. Tout comme le taux de refus, son ampleur devrait cependant rester contenue.

Lavieimmo.com : L’OAT a beaucoup baissé récemment, n’est-ce pas bon signe pour les emprunteurs ?

Christophe Crémer : L’OAT est actuellement proche de 4%, ce qu’on n’avait plus vu depuis le début de l’année dernière, et les banques en ont profité pour abaisser leurs taux en février. Cela prouve que l’environnement concurrentiel reste favorable aux particuliers : le prêt immobilier reste un important produit d’appel et les banques, qui se livrent une forte concurrence, doivent faire le nécessaire pour attirer de nouveaux clients. Pour résumer, je dirais que la situation est double : d’un côté les banques sont plus sélectives dans leurs conditions d’octroi et il n’est plus aussi facile qu’il y a quelques mois d’accéder au marché du crédit. Mais pour les emprunteurs qui passent l’étape de la sélection, si je puis dire, les conditions d’emprunt sont indéniablement devenues plus avantageuses.

Propos recueillis par Emmanuel Salbayre

Propos recueillis par LaVieImmo.com - ©2016 LaVieImmo
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