Interview
LaVieImmo.com
InterviewInterviewlundi 29 mars 2010 à 08h48

"La tendance reste à l'érosion des prix de l'immobilier"


Gérard Rul
Gérard Rul
Gérard Rul (©dr)

Gérard Rul, responsable des études et de l'observatoire immobilier du Crédit Foncier, revient pour LaVieImmo.com sur les perspectives d'évolution des prix de l'immobilier ancien en France. Malgré d'importantes disparités, l'heure reste à la baisse.

(LaVieImmo.com) - Vous venez de publier une étude dans laquelle vous estimez « difficile de prévoir une reprise pérenne des volumes et des prix » de l’immobilier. Dans le même temps, vous prédisez une baisse de 3 à 5 % en moyenne des prix dans l’ancien, et tablez même sur une hausse dans certaines zones. N’est-ce pas un peu paradoxal ?

Gérard Rul : Le marché immobilier n’est pas uniforme. Il est normal que les villes soient plus dynamiques que les zones rurales, que les grandes agglomérations souffrent moins de la baisse que les petites, et, à l’intérieur des villes, que les quartiers centraux, généralement les plus prisés, résistent mieux que les zones périphériques. C’est exactement ce qui se passe. Sur l’année, les prix dans l’ancien devraient effectivement baisser de -5 % environ en France, mais ce chiffre cache des situations très contrastées. Dans les secteurs prisés, l’année devrait se solder par une stabilisation, voire une légère hausse, de 1 à 3 %, des prix. Ce sera vraisemblablement le cas à Paris. A l’inverse, les banlieues éloignées, les petites villes et les zones moins dynamiques connaîtront des baisses plus marquées, de l’ordre de -7 à -10 % en moyenne.

Comment pensez-vous que le marché évoluera en 2011 ?

Gérard Rul : Il est trop tôt pour tenter des prévisions chiffrées. Cependant, et malgré les différences que nous venons d’évoquer, il est incontestable que le marché français de l’immobilier est dans une phase de lente érosion en termes de prix. Compte tenu de la progression du chômage et de la hausse des taux d’emprunt qui devrait avoir lieu au second semestre, on voit mal comment la tendance pourrait s’inverser cette année, ou même l’année prochaine.

Pourtant, vous anticipez une reprise du nombre de transactions…

Gérard Rul : Dans l’ancien, les ventes devraient progresser de 5 à 10 %, après une baisse de 15 % en 2008. Les primo-accédants, qui bénéficient de diverses aides du gouvernement et ont profité de la baisse des taux d’emprunt, devraient continuer de tirer le marché. On pourrait alors se rapprocher des 650 000 transactions, soit un niveau encore très éloigné des 800 000 ventes des années fastes. Pour retrouver un tel niveau, il faudrait soit une forte baisse des prix, soit une nette progression des revenus des ménages…

Propos recueillis par Emmanuel Salbayre - ©2016 LaVieImmo
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  • 0 Reco 11/04/2010 à 18:15 par gigi9901

    Pour retrouver un tel niveau, il faudrait soit une forte baisse des prix soit une nette progression des revenus des ménages : TOUT EST DIT : la dégringolade n'a pas encore commencé, car vu la situation économique catastrophique de la France il n'y à pas l'ombre d'une chance que le revenu des ménages progresse ... c'est fou les conneries que l'on peut lire sur une éventuelle réprise...

  • 0 Reco 06/04/2010 à 15:36 par Monplacementdansla pierre ...

    Encore une mesure de fuite en avant au profit des tenants du grand capital au détriment de la plus grande masse de gens qui vont s'endetter pour longtemps en attendant de s'entendre dire dans quelques années que leur bien ne vaut plus grand chose !
    Quant aux "mesures incitatives", de l'Etat, on peut compter sur le contribuable pour boucher les trous.

  • 0 Reco 29/03/2010 à 15:24 par Nico 92

    Entièrement d'accord avec UFFA. Les aides gouvernementales maintiennent artificiellement un marché de l'immobilier bodybuildé. Une question : au profit de qui ? Des primo-accédants ?
    Ou bien des agences immobilières, des établissements bancaires, et des spéculateurs ?
    Quel effet aurait une régularisation "naturelle" du marché ? qui en bénéficierait ? Et a contrario, qui cela desservirait il ?

  • 0 Reco 29/03/2010 à 11:07 par UFFA 92

    Une chose est certaine, c'est que sans les aides diverses (payées avec nos impôts) le marché se serait régularisé rapidement. Au lieu de cela, on le maintient artificiellement pour le seul bonheur des spéculateurs et des professionnels de l'immobilier. Seule une forte baisse de prix permettra au marché de repartir sans couter à la collectivité.


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